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ALLOCUTION DU M.U.D.C AU FOCUS DU SAMEDI 14 NOVEMBRE 2009

ALLOCUTION DU MOUVEMENT POUR L’UNITE ET LE DEVELOPPEMENT DU CONGO (M.U.D.C)

Journée de sensibilisation et de mobilisation

Samedi 14 novembre 2009, Paris


Maurille LOUZALA

 

Chers compatriotes, Chers Amis, Mesdames et Messieurs,

C’est toujours un moment fort de se retrouver pour parler de l’avenir de notre beau pays, le Congo. Cette rencontre, rappelons-le, est l’aboutissement de longs mois d’efforts, d’innombrables démarches et réunions, d’échanges sous toutes les formes – le tout tendu vers ce moment précis. C’est difficile, jamais acquis à l’avance, souvent stressant ; mais toujours, toujours un moment de bonheur.

 

Chers compatriotes, Chers Amis, Mesdames et Messieurs,

Nous allons parler au cours de cette journée d’un thème dont le caractère urgent s’est imposé comme une évidence aux organisateurs unanimes : les voies et les moyens de « sauver la Démocratie congolaise ». Certains auront peut-être été choqués par un intitulé qu’ils ont pu juger quelque peu alarmiste. Qu’ils veuillent bien nous en excuser : comme nous le verrons tout au long de ces débats, ce n’est pas nous qui sommes alarmistes ; c’est la situation dans notre pays qui est alarmante.

 

Mais, comme nous le verrons aussi au cours de cette journée, rien n’est jamais joué à l’avance – « sauver la Démocratie congolaise », c’est possible. À condition que notre peuple, nos acteurs politiques, notre société civile en décident ainsi. En effet, après l’échec de la stratégie électorale des leaders actuels du Front des Partis de l’Opposition, échec cuisant qui a cristallisé tous les mécontentements depuis le mois de juillet dernier, et ce d’autant plus que ces derniers n’ont toujours pas eu à ce jour le courage politique de concéder leur faute, le lancement d’une grande opération « reconquête de l’opinion » nous semble plus que jamais nécessaire aujourd’hui pour aider nos concitoyens à reprendre espoir.

 

« Sauver la Démocratie congolaise », cette injonction est pour nous tous une urgence. Elle prend une signification particulière aujourd’hui, notamment après le hold-up électoral du 12 juillet dernier. C’est pourquoi depuis une décennie, bien avant même la création du M.U.D.C. nous nous sommes toujours investis dans de très nombreuses initiatives dédiées au rétablissement du processus démocratique issu de la Conférence nationale souveraine de 1991, et à la question centrale de l’Unité dans notre pays.

 

Chaque fois, il s’agit pour nous d’attirer l’attention sur l’ampleur des enjeux qui se nouent autour de ces deux problématiques majeures qui sont au fond indissociables et qui nous sont si chères. Il importe aussi de faire vivre ce que d’aucuns appellent, non sans ironie, et à juste titre sans doute, « l’utopie de la Démocratie et de l’Unité au Congo ». Car nous croyons en notre faculté commune à relier l’ensemble de notre peuple au nom de valeurs, d’intérêts et de projets communs. En tout cas, nous au M.U.D.C., nous croyons au pouvoir des congolaises et des congolais d’imaginer un nouveau Congo dépassant les frontières ethniques et identitaires qui empêchent la construction d’un Etat moderne et au rayonnement mondialement reconnu, auquel nous rêvons tous.

 

La création en avril dernier du Mouvement pour l’Unité et le développement du Congo fut, à cet égard, un moment d’une importance considérable. Pour la première fois, par la volonté commune des jeunes de cette Diaspora  si longtemps déchirée, un Mouvement est né, et notre pays, traversé par des divisions ethniques, est redevenu porteur d’espoir. Des espoirs à échelle humaine, des espoirs incarnés dans des projets concrets, au service du peuple.

 

Le peuple congolais, nous ne devons pas l’oublier, a besoin de toutes ses filles et de tous ses fils. Le Congo, c’est notre source de vie à tous, le jardin de notre subsistance commune. Quand la dérive monarchique et totalitaire s’installe dans le pays, quand le peuple est devenu un « peuple martyrisé », c’est sa survie même qui est en question. Et quand la survie du peuple est menacée, notre devoir est de nous mobiliser. C’est notre intérêt aussi en tant que jeunes.

 

Nous pensons bien sûr au développement économique, dont le M.U.D.C. a fait le levier indispensable pour atteindre ces objectifs. Par des projets locaux conduits au travers de partenariats constructifs, le M.U.D.C. a fait en effet le pari d’une croissance qui passe d’abord par l’amélioration solidaire des conditions d’existence des femmes et des hommes vivant dans notre pays. Mais nous pensons aussi aux progrès de la justice, des libertés fondamentales et à l’affirmation de valeurs communes à l’Humanité, autour des idéaux d’Amour, de Concorde nationale et de Paix qui les ont forgées.

 

Nous pensons surtout au respect de la dignité humaine qui incarne le droit premier de tout être humain, quelque soit ses croyances religieuses ou philosophiques, celui de vivre libre, heureux et de s’épanouir dans un univers qui ne lui soit pas hostile. Et à l’heure où cette préoccupation des Droits de l’Homme est devenue centrale dans la plupart des grandes enceintes internationales, il est indispensable que notre combat pour la Liberté et la restauration de la Démocratie prenne toute la mesure des enjeux. C’est pourquoi nous devons en faire un axe important de notre action commune. Et pour cause, pas plus tard que récemment, avec notamment l’assignation à résidence surveillée de certains membres de l’opposition intérieure, cette question fondamentale de la Liberté et de la Démocratie dans notre pays est ressortie dans toute sa gravité. Cette assignation à résidence surveillée nous avait tous frappés de stupeur et rappelé, mais avec quelle brutalité, ce qu’on savait déjà de ce pouvoir dictatorial mais préférait oublier : que la paix avait des ennemis acharnés et efficaces. Ils n’ont pas désarmé depuis.

 

Mais nous non plus. Nous croyons plus que jamais aux vertus du dialogue, au choc salutaire des idées, à la grâce des rencontres entre hommes de bonne volonté. Telle est la vocation de notre Mouvement.

Autour de ces sujets vitaux, nous avons au niveau de la Diaspora la possibilité unique de faire travailler ensemble des personnes que tout oppose, mais que relient encore l’Amour de ce jardin commun qu’est le Congo. Par l’Amour du Congo et de son malheureux peuple meurtri, nous avons l’opportunité de surmonter nos différences, de dépasser nos égos surdimensionnés, d’abandonner nos petits calculs personnels et égoïstes et de conjuguer nos forces pour devenir une véritable alternative face à la dérive monarchique et totalitaire du pouvoir clanique de Brazzaville. Or, force est de reconnaître qu’en l’état actuel des choses, au-delà des simples déclarations d’intentions faites par les uns et les autres, cette conjugaison des forces et des intelligences est rendue impossible en raison notamment de la crise de leadership qui est à l’origine de la multiplication de petites chapelles non représentatives.

 

Cette stratégie de niche adoptée par certains d’entre nous trouve son explication dans cette forte propension qu’ont les congolais à vouloir tous être chefs. Tout le monde veut être Chef ; ce qui affaiblit considérablement notre Diaspora et l’empêche ainsi de jouer son rôle de rempart face à une opposition intérieure quasi-inexistante. C’est pourquoi nous demandons la tenue des états généraux de la Diaspora congolaise avant la fin de cette année ou au début de l’année prochaine. Dans un contexte politique aussi difficile où l’opposition intérieure est réduite au silence, la Diaspora doit jouer un rôle de premier plan. Pour cela, elle doit donc être plus forte et mieux organisée. Et de ce point de vue, seuls les états de la Diaspora pourront, à notre avis, lui permettre de se doter d’organes dirigeants ayant une légitimité que nul ne saurait contester.

 

De ces états généraux de la Diaspora, nous devrons, et c’est en tout cas la position du M.U.D.C., en faire un vrai moment de débats. Un moment unique par son thème : car c’est la Diaspora congolaise dans toutes ses dimensions qui nous intéresse, la Diaspora congolaise dans sa foisonnante diversité, ses conflits et ses problèmes, ses richesses et ses promesses. Un moment unique par son ampleur car des dizaines d’orateurs et des milliers de participants venant des quatre coins du monde se donneront ainsi rendez-vous à cette occasion.

 

Un moment unique par la qualité et la diversité des intervenants car où ailleurs qu’aux états généraux de la Diaspora mêleront leurs expériences et leurs réflexions responsables politiques, associatifs et économiques, intellectuels et journalistes, chercheurs et acteurs de terrain ?

 

Un moment unique enfin par son esprit : œcuméniques, démocratiques, ouverts à tous et à toutes, les états généraux de la Diaspora prouveront qu’on peut aborder simplement des sujets difficiles. Ni cénacle universitaire, ni club exclusif de puissants où l'argent ouvre la voie à la participation, ni Hyde Park où chacun gratifie son auditoire de ce qui lui passe par la tête, les états généraux de la Diaspora auront le sérieux, la capacité de mobilisation et la liberté de ton. Puisqu’un tel moment de concertation n’existe plus dans notre pays depuis la Conférence nationale de 1991, il nous paraît urgent de l’inventer. La mise en place de partenariats avec d’autres diasporas africaines doit être également au cœur notre démarche.

 

En cette période de crise politique profonde qui réduit les marges de manœuvre des leaders actuels de l’opposition, il nous semble en effet essentiel de se donner les moyens de fédérer les énergies et les compétences, et de repenser de manière substantielle notre stratégie d’approche présente et future face au pouvoir clanique de Brazzaville. Dans ce difficile combat pour la Liberté et la Démocratie que nous menons, nous ne devons pas perdre de vue que, quelque soit son échelle, la volonté mobilisée compte toujours davantage que les stratégies individualistes et minimalistes axées sur les petits calculs personnels. Pour notre part, nous croyons à la force et à la détermination des hommes dès lors qu’elles s’appuient sur le partage et sur l’intelligence.

 

L’action du M.U.D.C., nous l’avons toujours inscrite dans une optique de rassemblement et naturellement en cohérence avec les attentes et les aspirations profondes de notre peuple. Qu’il s’agisse de coopération ou de diplomatie internationale, de lutte contre la caporalisation des richesses du pays par une petite poignée d’individus, qui est à l’origine des  multiples inégalités sociales, le Mouvement pour l’Unité et le Développement du Congo est bien décidé à assumer ses responsabilités. Nous répondrons à ces enjeux, forts de notre idéal et de notre position de Mouvement qui se veut rassembleur et moderne, capable de rassembler dans le respect et le dialogue des hommes et des femmes de toutes conditions dont la coexistence harmonieuse au-delà des clivages ethniques, religieux ou philosophique est le seul défi.

 

Nous le ferons avec toutes les bonnes volontés. Avec l’ensemble des hommes et de femmes, auxquels il incombe de prouver au monde que le combat pour la Liberté et la Démocratie n’est pas seulement l’objectif de nos efforts, mais qu’il est avant tout le socle de nos espoirs.

 

Chers Compatriotes, Chers Amis, Mesdames et Messieurs,

« Sauver la Démocratie congolaise », tel est l’appel que nous lance notre peuple qui vit depuis une douzaine d’années, depuis le retour au pouvoir par les armes du « général Cobra » Denis Sassou-Nguesso en 1997, les pires moments de son histoire et plus encore nos enfants. Ces millions d’enfants du Congo qui seront demain le ciment et la force de ce jardin commun, et qui nous appellent au secours, nous sommes persuadés que leur cri de détresse trouvera en nous tous ici présents une oreille attentive.

 

Chers Compatriotes, Chers Amis, Mesdames et Messieurs,

Il ne nous reste plus que l’agréable devoir de remercier à nouveau celles et ceux dont le soutien a rendu cette  rencontre possible. Celles et ceux, aussi, qui nous ont toujours fait l’amitié de participer à nos débats. Et, bien sûr, celles et ceux, Congolais ou non, qui, comme chaque année depuis douze ans, font preuve de leur fidélité aux différentes rencontres sur le Congo, en y venant toujours plus nombreux, curieux et attentifs. 

À tous, nous souhaitons la bienvenue à cette rencontre du 14 novembre 2009.

 

 

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