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ALLOCUTION D'OUVERTURE DE LA CONVENTION DU F.P.O.C

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  CONVENTION NATIONALE DU F.P.O.C              O6 et 07 Mars 2010 à Brazzaville
Allocution du Président Mathias DZON







                             REPUBLIQUE DU CONGO

Unité*Travail*Progrès

***********

  

 
  

Brazzaville, 06 et 07 mars 2010

          Allocution d’ouverture du président Mathias DZON

       

Camarades et chers Amis,

Après de nombreux reports, notre convention se tient enfin ce jour pour faire le point, échanger sur les problèmes essentiels et pour renouveler notre bureau dont le mandat arrive à son terme.

Cette seconde convention nationale du Front se tient dans un contexte international, marqué entre autres, par :

-         L’apaisement dans les relations des Etats-Unis d’Amérique avec le reste du monde après l’ère BUSH ;

-         La crise économique mondiale consécutive à la crise bancaire américaine ;

-         La prise de conscience internationale des problèmes de changements climatiques et de leurs conséquences sur l’environnement ;

-         L’échec de la conférence internationale sur la faim dans le monde ;

-         La montée en puissance de la Chine ;

-         La persistance du conflit israélo-palestinien ;

-         Les tensions autour de l’énergie nucléaire entre d’un côté, le bloc  occidental, l’ONU  et de l’autre, l’Iran et la Corée du Nord ;

-         La guerre d’Afghanistan ;

-         La persistance de l’insécurité dans de nombreux pays du monde (Irak, Pakistan, Somalie, Soudan, Est de la RDC, Zimbabwe, Guinée-Conakry, etc) ;

-         Les catastrophes naturelles qui frappent durement des pays fragiles comme HAITI, le CHILI ;

-         Les égoïsmes des grands ;

-         La marginalisation de l’Afrique dans le concert des nations, s etc.

Dans cet environnement international régi par la loi du plus fort, les peuples appellent de tous leurs vœux, l’avènement d’un monde plus juste et plus solidaire, débarrassé de la domination, des guerres, de l’insécurité, de la dictature, de la pauvreté, de la faim, de l’injustice et du racisme.

En Afrique, en dehors de quelques rares pays, on ne  peut pas dire que ce  continent soit un havre de paix et de développement. Les conflits y sont nombreux.

Dans l’ensemble du continent, la situation est marquée entre autres, par :

-         le reflux des processus démocratiques inaugurés dans les années 1990 et la montée de la dérive dictatoriale des pouvoirs ;

-         la mise en place un peu partout de systèmes électoraux frauduleux ;

-         l’aggravation de la pauvreté des populations, des inégalités et des injustices sociales ;

-         la faillite des systèmes scolaires et sanitaires ;

-         l’absence de véritables politiques économiques ;

-         la présence croissante de la Chine ;

-         la persistance des guerres  civiles au Soudan, en Somalie, en Ouganda ;

-         la recrudescence de l’insécurité dans l’est et le nord-est de la RDC ;

-         la défaite de la pensée ou le silence des intellectuels ;

-         le manque de volonté politique manifesté par les gouvernants pour créer les conditions permissives d’une gouvernance démocratique, rationnelle, transparente, participative et sociale.

Au Congo-Brazzaville, notre pays, le pouvoir a liquidé les acquis démocratiques de la Conférence Nationale Souveraine et restauré les pratiques du système monopartite, articulées  autour de la    pensée unique, de la concentration des pouvoirs entre les mains du chef suprême, de l’intolérance, de l’arbitraire, des violences politiques, de la confiscation des médias publics, de la censure, du culte de la personnalité, du complot permanent, des parodies de procès, etc.

Les multiples violations de la Constitution, des lois et règlements de la République, ainsi que les divers complots politiques ourdis contre le FPOC depuis la fin de l’élection présidentielle de juillet, illustrent cette dérive dictatoriale du  pouvoir.

Parallèlement aux atteintes aux droits  civils et politiques, le pouvoir viole quotidiennement les droits sociaux des Congolais. Faut-il le rappeler, la constitution du 20 janvier 2002 garantit le droit à une vie digne (article 7), le droit à l’éducation (art 23), le droit au travail (art 24), le droit à la santé (art 30), le droit à un environnement sain, satisfaisant et durable (art 35). Dans la pratique cependant, ces différents droits ne sont pas respectés.

Pourtant, depuis 2003 le gouvernement a disposé des sommes colossales qui auraient pu lui  permettre de soulager les souffrances des populations congolaises.

Par ailleurs, le gouvernement refuse, malgré un budget ronflant de 2814 milliards de francs avec un excédent confortable de 1360 milliards de francs, le gouvernement dis-je, refuse de tenir sa promesse de lever les mesures de blocage des effets financiers des avancements dès le 1er janvier 2010, se complaisant à distraire  les travailleurs dans des discussions stériles et à chercher à leur imposer une  énième trêve sociale injustifiée.

Cette situation impose aux travailleurs de se mobiliser pour dire non à cette trêve et pour renouveler les directions syndicales  en se débarrassant des dirigeants corrompus gracement entretenus par le pouvoir.

Un des défis majeurs de la situation actuelle dans notre pays est constitué par l’organisation des élections législatives de 2012. En effet, intervenant après les élections locales chaotiques de 2008 et l’élection présidentielle émaillée de fraudes massives de 2009, les élections législatives de 2012 requièrent une préparation minutieuse, aux fins de corriger tous les dysfonctionnements constatés par tous les Congolais et tous les observateurs internationaux, lors des élections législatives de 2007, des élections locales de 2008 et de l’élection présidentielle de 2009.

Pour le FPOC, la priorité aujourd’hui est la création des conditions d’organisation d’élections, libres, transparentes et équitables en 2012. La rencontre du 1er mars 2010

entre le ministre de l’intérieur et une délégation du Front, à notre demande, rentre dans ce cadre. Nous devons exiger du gouvernement un véritable dialogue pour décrisper le climat politique et préparer les conditions permissives d’une bonne élection en 2012

Au niveau interne, j’invite tous les partis membres du Front des Partis de l’Opposition Congolaise, à resserrer leurs rangs, à dissiper leur méfiance réciproque, à renforcer leur unité.

En me fondant sur notre passé récent, je mesure l’ampleur et la difficulté de la tâche qui est la nôtre. Je sais pourtant compter sur la détermination, le sens de la parole donnée et du respect de l’engagement pris de chaque parti du Front, et je suis d’avance rassuré que chacun de nous développera un esprit élevé d’initiatives et de sacrifice, pour contribuer au renforcement du FPOC, tenir le cap et maintenir la flamme que nous avons allumée par la tenue victorieuse des Etats généraux de l’Opposition Congolaise les 21 et 22 février2009.

Le chemin parcouru ensemble n’est pas long, mais il est pavé de nombreux événements pour mériter que des leçons nécessaires soient tirées. Les thèmes retenus pour notre échange pendant cette convention nous mèneront assurément à cet exercice.

D’ores et déjà, je peux dire que si notre engagement était fort au départ, nous avons commencé à donner des signes d’essoufflement comme si notre lutte avait abouti ou qu’elle ne valait plus la peine et comme si notre peuple avait abandonné l’exigence fondamentale de changement afin de retrouver son unité, sa liberté, l’opportunité de s’engager sur le chemin de la prospérité, de la justice, du partage et du mieux être pour chacun et pour tous.

De nombreuses absences, des participations manquées ont quelque fois poussé au questionnement, à la réflexion sur le fondement et la finalité de notre action.

Chers amis, nous n’avons pas eu raison et nous n’avons pas raison d’agir ainsi, parce que notre peuple interpelle et attend. Le Front des Partis de l’Opposition Congolaise a constitué un espoir, il doit continuer à constituer l’espoir que les choses bougeront à coup sûr dans notre pays.

Je sais par ailleurs que nombreuses sont des tentations, des ambitions, mais la cause nationale nous impose un dépassement de nous-mêmes ; elle nous impose de faire fi de nos égos, de nos replis, et surtout nous interdit de lorgner de l’autre côté, parce que nous ne pouvons pas courir les jambes écartelées.

Chers amis, j’appelle au ressaisissement, ressaisissons  nous et méritons de notre peuple par notre sérieux, notre engagement ferme de faire aboutir cette exigence forte de notre peuple, l’Alternance démocratique, seule clé qui permette de mettre fin définitivement à ce système inique de Denis Sassou Nguesso.

L’unité des forces vives de notre pays est plus que jamais à l’ordre du jour. Le renforcement du Front et l’intensification de son action y contribueront largement.

Chers amis, les échos qui nous parviennent des autres pays comme le Niger, la Guinée, la Cote d’Ivoire, ne résultent pas du miracle. Ils révèlent l’osmose et l’unité d’action des forces vives engagées dans la nouvelle lutte de libération nationale désormais tournée, non contre les systèmes coloniaux, mais contre les systèmes dictatoriaux qui plombent les pays, condamnent les peuples au désespoir, à la misère, disons au dépérissement.

C’est un défi à relever, que le Front le fasse par lui-même et par chacun des partis qui le composent.

Que la Convention Nationale que nous tenons aujourd’hui, dégage les pistes de réflexion et les principales voies d’action dans ce sens.

 

 

Vive le Front des Partis de l’Opposition Congolaise !

 

Pleins succès à nos travaux !

 

Je vous remercie

 

Mathias DZON  

 

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