ALGERIE : ASSAUT MEURTRIER A IN AMENAS
Un peu plus de vingtquatre heures après le début de la prise d’otages, l’armée algérienne a décidé d’attaquer. Dans la journée de jeudi, les militaires algériens ont lancé l’assaut contre le site gazier d’In Amenas, dans l’est de l’Algérie, pour tenter de libérer des étrangers et des Algériens retenus par un groupe armé issu d’Al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi). L’opération s’est achevée dans la soirée, selon l’agence de presse officielle APS. A 22 h, aucun bilan précis n’avait été fourni par Alger. Selon l’agence de presse mauritanienne ANI et la chaîne Al-Jazira, 34 otages et 15 de leurs ravisseurs ont été tués par les tirs d’un hélicoptère algérien en direction d’un véhicule du commando. Ce bilan est très supérieur à celui avancé par le témoin interrogé par Reuters.
Selon lui, l’opération aurait tué 6 otages et 8 ravisseurs. Il assure en outre que 180 Algériens ont pu fuir. D’après l’agence ANI, 7 des otages étrangers sont toujours en vie : deux Américains, trois Belges, un Japonais et un Britannique.
Dans la journée, l’agence algérienne APS indiquait, elle, que 4 étrangers, dont un Français, avaient été libérés, ainsi que 600 employés algériens. François Hollande a confirmé qu’il y avait des Français détenus, sans dire combien.
Les installations gazières – exploitées par un consortium comprenant British Petroleum, le Norvégien Statoil et la compagnie algérienne Sonatrach – sont occupées depuis mercredi par des membres de la « katiba des Moulathamine », (« ceux qui signent de leur sang »), issue d’Aqmi. Ils disent agir en représailles à l’intervention
française au Mali et à l’ouverture de l’espace aérien algérien.
Dans l’après-midi, Paris avait assuré faire « totalement confiance » aux autorités algériennes.
François Hollande a précisé que les autorités algériennes l’informaient régulièrement. « Mais je ne dispose pas encore de suffisamment d’éléments pour en faire une évaluation. » Evoquant un dénouement « dans des conditions dramatiques », le président français a souligné que la situation en Algérie « justifie encore davantage la décision qu’[il a] prise d’intervenir au Mali ».
Pourquoi l’armée algérienne est si vite passée à l’action
L’Algérie n’a pas tardé à réagir. Dès le lendemain de la prise d’otages sur le site gazier d’In Amenas, l’armée est passée à l’action jeudi sans négociations préalables. « Cette réaction n’est absolument pas surprenante, témoigne Mansouria Mokhefi, directrice du programme Afrique-Moyen-Orient à l’Institut français
des relations internationales. L’Algérie a toujours déclaré ne pas négocier avec les preneurs d’otages. Cette position a été observée dans le dossier des diplomates algériens enlevés au Mali. »
Après vingt ans de lutte contre le Groupe islamique armé (GIA), le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) et Al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi), la fermeté est devenue l’une des pierres angulaires de la politique antiterroriste d’Alger. Cette prise d’otages est d’autant plus sensible pour les autorités algériennes qu’elle vise un site gazier. « Même dans les années 1990, au coeur de la guerre civile, les islamistes n’avaient jamais mené d’attaques sur des sites stratégiques », ajoute Kader Abderrahim, chercheur à l’Institut de relations internationales et stratégiques.
« Alger a reçu cette agression contre un symbole de sa souveraineté comme une claque », complète Mansouria Mokhefi.
Ce qui rendait d’autant plus improbable le fait que les autorités puissent accepter une aide opérationnelle extérieure d’un pays occidental pour libérer les otages.
Et, a fortiori, de la France. Symbole colonial oblige. « La question islamiste a été sous-traitée par Alger, qui a chassé les groupes armés vers la Mauritanie et le Mali, conclut Kader Abderrahim. Aujourd’hui, ça explose à la figure de tout le monde. »
Brazzaville, Steve OBORABASSI pour la Voix du Peuple
«Un dictateur n'a pas de concurrent à sa taille tant que le peuple ne relève pas le défi »
Pour une République Juste & Démocratique, Vous Trompez le Peuple Nous dénonçons