République du Congo
C'était prévisible,
Des voix s'élèvent. C'est normal.
Comme il fallait s'y attendre, les annonces et autres velléités d'intention sur une révision constitutionnelle, en République du Congo, ont déjà leurs effets sur le paysage politique du pays.
C'était prévisible. En République du Congo, chaque fois que le mot révision constitutionnelle est prononcé, le pays s'interroge. Selon les positions face à cette révision, trois camps se dessinent déjà. Ceux qui s'en déclarent favorables, par conviction ou par alignement. La lignée du refus, qui y voit une manœuvre. Enfin, ces Congolais, sans opinion tranchée, qui estiment ne rien tirer ni de la révision ni du statu quo, ne jurant ni sur l'une ni sur l'autre hypothèse pour l'amélioration de leurs conditions de vie qu'ils trouvent difficiles. Ce troisième camp est le plus silencieux.
Avant même que n'intervienne la décision officielle de la révision de la Constitution, si en réalité le projet est avéré, l'opinion congolaise donne des signes d'éparpillement sur une question majeure qui engage toute une Nation. Ce qui est normal en démocratie, tel que l'ont vécu les Congolais lors de la révision de 2015.
Sur la trace de ma dernière tribune du 20 octobre 2026, "République du Congo, il faut craindre une révision constitutionnelle de trop", j'exprime ici une préoccupation personnelle. Peut être à tort. Peut être à juste titre. Ne sachant comment s'y prendrait mon Parti, l'UPADS.
En effet, il serait avantageux pour la Nation congolaise que le Président Denis Sassou Nguesso, nonobstant l'origine de l'initiative de la révision, qu'il crée les conditions optimales devant permettre que les trois types d'opinions sur la question s'expliquent sur les tenants et les aboutissants de leurs positions. Il reste entendu qu'il en découlerait une manière d'y aboutir aux fins que la Nation franchisse cette étape d'explication dans l'apaisement.
C'est cela le sens de l'Etat. Un Président de la République, surtout lorsqu'il a déjà une longue expérience du pouvoir, doit être le garant de l'unité et de l'apaisement, pas le facteur d'une nouvelle fracture. Laisser les trois camps s'expliquer, organiser un débat national vrai, sans invectives, sans menaces, sans achat de consciences, ce serait déjà faire œuvre républicaine. La Constitution n'appartient pas à une majorité parlementaire. Elle appartient au peuple.
A tout prendre, il ressort nettement que les Congolais jugent les révisions constitutionnelles antérieures comme des affaires non essentielles qui n'ont spécifiquement pas fait avancer le pays. D'abord parce que la Constitution de 2002 en a remplacé une autre issue de la volonté et du consensus général de la Conférence Nationale Souveraine de 1991. Cette Constitution de 1991 était certes imparfaite. Mais, elle avait une légitimité historique. Elle était le fruit d'un compromis national.
La révision de 2015, avec ses graves tumultes, a fracturé le pays. On ne peut pas l'oublier. Il y a eu des morts. En résultat, le pays n'a pas beaucoup avancé. Les pénuries d'eau, d'électricité, le chômage des jeunes, la dette, le mauvais sort des retraités, les hôpitaux et les écoles insuffisamment équipés, les mauvaises routes n'ont pas disparu . Sans compter que cette Constitution de 2015 a aggravé le coût du fonctionnement de l'Etat avec le non fondamentalement essentiel surchargeant que constituent les institutions à caractère consultatif, à l'exception du Conseil Economique, Social et Environnemental.
Dans un contexte de malaise socio-économique mondial prononcé, la République du Congo a tellement besoin de paix pour affronter ses nombreux défis qu'elle ne peut se permettre de s'offrir à nouveau des dérapages pour faire asseoir une révision constitutionnelle. Le prix du baril est instable, la dette est lourde, le pouvoir d'achat s'effondre, les jeunes n'ont pas d'emploi, les hôpitaux manquent de tout. Avons-nous besoin d'une nouvelle crise politique par-dessus la crise sociale ?
Si c'est d'un Vice-Président de la République dont le Chef de l'Etat a besoin pour mieux rentabiliser son exercice de Président de la République, un Premier Ministre de meilleure qualité, cumulant les prérogatives de Vice-Président de la République peut être nommé. Nul besoin de toucher à la Loi fondamentale pour cela. La Constitution actuelle permet déjà au Président de la République de nommer un Premier Ministre fort, un coordinateur de l'action gouvernementale. Créer un poste de Vice-Président qui serait une doublure coûteuse du Président, sans légitimité populaire propre, c'est alourdir encore l'appareil de l'Etat.
Quitter le suffrage universel direct pour les élections majeures comme le Président de la République au profit des grands électeurs est une réforme qu'il faut savoir aborder. Elle est lourde de conséquences. C'est une régression démocratique. Le suffrage universel direct est la seule source de légitimité incontestable du Président de la République. C'est le lien direct entre le peuple et celui qui l'incarne. Le confier à des grands électeurs, c'est confisquer la souveraineté du peuple au profit d'un collège d'élus, parfois aux ordres.
Voilà pourquoi cette révision, si elle est avérée, ne peut être une affaire d'initiés. Elle engage l'avenir des Congolais. L'UPADS
parti historique, ne peut se taire.
Paris 24 octobre 2026
Ouabari Mariotti
Révision de la Constitution. Marion MANDZIMBA EHOUANGO donne son Avis
Concernant le changement de la constitution, je pense que c'est nécessaire, mais pas opportun.
Nécessaire parce que nous avons pu expérimenter le régime semi présidentiel que notre culture assimile carrément a un régime présidentiel fort , avec tous ses travers . Personnellement je milite pour un régime parlementaire, à condition que la loi électorale soit réformée en intégrant le scrutin proportionnel pour prendre en compte les minorités d'opinion .
Le découpage territorial doit être revu pour intégrer les aires de drainage économique et mettre en place une décentralisation sur le modèle que nous avons connu en 1974.
Il faut augmenter les pouvoirs du conseil économique et social qui compte en son sein la société civile, et la place de la commission nationale des droits de l'homme afin de mieux protéger la vie humaine.
Il y a d'autres reformes à mener ...
En définitive la question est trop importante pour être posée dans le contexte actuel où le pct contrôle tout et l'armée sous le controle de la DGSP .
De plus le président fatigué est animé de calculs néfastes pour le pays .
Je suis convaincu que Sassou ne finira pas ce mandat ou bien le prochain.
Nous avons le temps d'attendre le moment le plus propice pour les questions de constitution.
Aujourd'hui, l'urgence est de sauver le pays des mains de ce gouvernement incompétent
Calendrier des discussions avec le
Ministre près la Présidence de la République,chargé des affaires politiques...
Je lis : "... Le 05 novembre (...)les anciens candidats a l'élection présidentielle." !
Je suis donc concerné par cette convocation... comme d'ailleurs, Mokoko et Okombi et d'autres anciens candidats aux différentes élections présidentielles en exil forcé ...
Quel est le crédit d'une telle rencontre si certains ayant droit en sont exclus ?
Donnez- moi mon passeport mis en quarantaine depuis trois ans pour des raisons inconnues, amnistiez les exilés politiques , libérez Mokoko et Okombi....
Alors , on pourra accorder du crédit à cette invitation et ce qui en sortira