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Clément Mierassa : La déclaration du patrimoine, un véritable casse-tête pour les acteurs politiques congolais

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    Clément Mierassa: La déclaration du patrimoine, un véritable casse-tête pour les acteurs politiques congolais 

     

     

     

     

     

     

     

    La déclaration du patrimoine : un véritable casse-tête pour les acteurs politiques congolais

     

    Q : Président Clément Miérassa bonjour !

    R : Bonjour monsieur le journaliste. Je suis heureux que vous reveniez vers moi parce que j’ai été interpellé par beaucoup de compatriotes, qui souhaitent que je m’appesantisse sur l’aspect de la déclaration du patrimoine.

    Q : Qu’en est-il exactement de la déclaration du patrimoine ?

    R : Merci monsieur le journaliste pour cette question qui est très pertinente. Comme vous le savez, je suis également Coordonnateur pour le Mouvement Citoyen pour le respect de l’Ordre Constitutionnel. Je pense qu’il s’agit de parler du respect des lois et règlements de la République.

    Il s’agit d’une disposition forte de nos récentes lois fondamentales, d’une obligation constitutionnelle qui nous pose, nous acteurs politiques congolais, problème.

    Lorsque je navigue sur Internet, je tombe souvent sur les déclarations de patrimoine des Présidents Hollande, Macky Sall, Mamadou Issoufou, Alassane Ouattara et autres.

    Dans la Constitution du 20 janvier 2002, nous avions à ce propos l’article 48 qui dispose que :

    «  Tout citoyen, élu à une haute fonction publique, est tenu de déclarer son patrimoine lors de sa prise de fonctions et à la cessation de celle-ci, conformément à la loi.

     L’inobservation de cette disposition entraîne la déchéance des fonctions dans les conditions fixées par la loi. »

      Sans rentrer dans la polémique, il est bon de faire ressortir ce qui apparaît à ce propos dans la Constitution du 25 octobre 2015 ; ceci à l’article 55 : « Tout citoyen, élu ou nommé à une haute fonction publique, est tenu de déclarer son patrimoine lors de sa prise de fonction et à la cessation  de celle-ci.

    La loi détermine les fonctions soumises à l’obligation ci-dessus indiquée »

    Depuis 2002 jusqu’à ce jour, aucun acteur politique n’a daigné le faire. Ceci, bien qu’il y ait une disposition de l’article 50 de la loi fondamentale qui énonce clairement que : « Tout citoyen a le devoir de se conformer à la Constitution, aux lois et règlements de la République et de s’acquitter de ses obligations envers l’Etat et la société. »

    Il s’agit ni plus ni moins qu’une grave violation de la loi fondamentale.

    Je ne pense pas me tromper en disant que la déclaration du patrimoine est un véritable casse-tête pour les acteurs politiques congolais et pour cause !

    Je vais donc profiter de l’opportunité que vous m’offrez pour aborder quelques aspects :

    Les recommandations du Fonds monétaire internationale

    Le communiqué de presse de la dernière mission qu’une équipe de cette institution a effectuée au Congo du 5 au 20 décembre 2017, relève avec force que les autorités congolaises devront faire des réformes fortes et immédiates en matière de gouvernance. Celles-ci devraient inclure entre autres la déclaration d’actifs pour les hauts fonctionnaires.

    Cela peut vouloir signifier qu’après avoir noté que le Congo a tenté de lui cacher les chiffres préoccupants en matière de finances publiques et surtout de dette, nous ne respectons pas nos propres lois et règlements, que nous violons allègrement dans l’impunité totale.

    D’où le rappel de l’exigence de cette institution à savoir : livres ouvertes, chiffres clairs et parfaite détermination de la dette. Bref : transparence dans la gestion de la chose publique.

    Application sélective

    Le compte-rendu du Conseil des ministres du 27 décembre 2017 fait apparaître clairement que la présentation du budget avant la fin de l’année et les aspects liés à la désignation d’un chef de file de l’opposition étaient des obligations constitutionnelles.

    Mais d’où vient que la disposition relative à la déclaration du patrimoine ne fait l’objet d’aucune préoccupation du pouvoir tant exécutif que législatif et judiciaire. Cette application sélective de la loi n’est pas une bonne chose. Elle est à déconseiller fortement.

    La justification

    Pour certains acteurs politiques, on ne fait pas la déclaration du patrimoine parce qu’un texte d’application n’a jamais été pris. Qui devrait prendre ce texte ?

    A ce propos, il faut rappeler que : a) l’article 84 de l’Acte fondamental du 24 octobre 1997 stipule clairement que : «  Les institutions de la période de transition, devraient fonctionner jusqu’à l’installation effective des organes issus des élections »

    b) la transition qui devait durer trois ans a finalement mis cinq ans.

    c) le référendum constitutionnel  a eu lieu. La Constitution du 20 janvier 2002 a été adoptée et promulguée.

    Ceci veut dire qu’en réalité, le fameux texte d’application devait être pris en 2002 pendant la période de transition. Ce qui aurait permis à tout citoyen élu ou nommé à une haute fonction publique de déclarer son patrimoine. Ce qui n’a pas été fait.

    Il est à signaler que lors de son entrée en fonction en 2002, 2009 et 2016 le Président de la République a prêté le serment prévu aux articles 69 et 77 de la loi fondamentale. Lequel serment avait été reçu par la Cour Constitutionnelle en présence de l’Assemblée nationale, du Sénat et de la Cour suprême.

    Le constat fait, est qu’en réalité ni les députés,  ni les sénateurs, ni les responsables et dirigeants des autres institutions n’avaient à leur entrée en fonction, déclarer leurs patrimoines. Ce qui constitue une véritable entorse à la loi, qui a plongé depuis lors, depuis près de quinze ans toutes les institutions de la République dans une illégalité préoccupante.

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La vraie raison : le manque de volonté politique

Il est difficile de comprendre que pendant la période de transition (laquelle a duré cinq ans) et depuis plus de quinze ans, l’on n’ait pas été capable de prendre un texte d’une disposition aussi importante de la loi fondamentale.

Ceci est d’autant plus préoccupant que :

l’alinéa 1er de l’article 118 de la Constitution du 20 janvier 2002 stipule que :

« L’initiative des lois appartient concurremment au Président de la République et aux membres du Parlement »

l’article 143 de la Constitution du 25 octobre 2015 dispose que :

    «L’initiative des lois appartient concurremment au gouvernement et aux membres du Parlement. »

Cela peut laisser à penser que depuis plus de quinze ans, ni le gouvernement, ni les parlementaires n’ont daigné prendre les dispositions pour cette importante obligation constitutionnelle.

Feu André Milongo avait présenté à l’Assemblée nationale un projet de texte sur cette question. Personne ne vous dira ce qu’est devenu ce texte.

Plus proche de nous, on peut relever que lorsqu’il s’est agi  de la conservation du pouvoir, on a d’abord lancé un  débat (débat que nous avions qualifié de faux) sur le changement de la Constitution. Ensuite, on a mis en place une commission de juristes pour élaborer un projet de Constitution. Ce qui a été fait.

Tout dernièrement, on a pu constater que la loi n°28-2017 du 07 juillet 2017, aurait été prise en application de la disposition de la Constitution du 25 octobre 2015. Quand on a voulu régler un problème lié au statut de l’opposition, le texte d’application a été pourrait-on dire rapidement pris.

Comme quoi, cela n’a pas posé de problèmes et pour cause !

Le témoignage de Gabriel Entcha-Ebia

Dans son livre intitulé : « 800 jours au ministère de la fonction publique et de la réforme de l’Etat » publié aux éditions Hemar en 2009, il déclare ceci s’agissant du projet de loi relative à l’obligation de déclaration de patrimoine à la page 93 : « En application des dispositions de l’article 48 de la Constitution, j’ai initié un avant-projet de loi obligeant tous les citoyens élus ou nommés à de hautes fonctions à déclarer leurs biens à leur prise de fonctions et à la cessation de celles-ci. Ce texte, pourtant attendu par la communauté financière internationale, était d’une extrême importance puisqu’il s’inscrivait dans le cadre de la lutte contre la corruption. Mais les éléphants du gouvernement, tournant le dos aux principes de transparence et de bonne gouvernance, l’ont plutôt torpillé à telle enseigne qu’il n’a pas dépassé le cap de l’interministériel. Mon successeur reprit ce dossier après moi et ce, malgré les instructions du Président de la République lui-même. C’est cela la force du système.

On a beau être animé des meilleures intentions du monde, seul, on ne peut pas transformer le monde. Que comprenne qui pourra ! » Fin de citation.

  L’auteur indique d’ailleurs qu’il a transmis le projet de loi y relatif au Secrétariat du gouvernement, le 20 juillet 2004. Qu’est devenu ce texte 13 ans après ?

Il ajoute en page 102 :

« Les congolais ne sont pas favorables aux réformes. En amont de l’Etat, hormis le Président de la république lui-même, je n’ai pas constaté une réelle volonté politique des hommes chargés de mettre en œuvre les aspirations du peuple. Par contre, j’ai observé un acharnement tout à la fois inexplicable et inédit pour acquérir en peu de temps toutes sortes de biens matériels. Cette course vers le bien-être qui ne veut pas dire son nom, a fait perdre la presque totalité des vertus de nos devanciers dans la gestion de la cité. » Fin de citation.

Qui peut mieux qu’un ancien ministre de la fonction publique et de la réforme de l’Etat constater le manque de volonté politique sur cette question.

Le contexte

Il est vraiment préoccupant. Le Congo va très très mal. Ceci après avoir engrangé plus 30.000 milliards de francs de ressources de l’Etat pendant près de 10 ans, dégagés d’importants excédents budgétaires (près de 14.000 milliards selon certains observateurs). Ceux-ci devaient être logés depuis 2006 dans un compte de stabilisation à la Banque centrale. Lequel compte aurait dû être audité  chaque année et l’audit rendu public. Depuis, aucun audit n’a été réalisé.

Les dirigeants ont eux-mêmes déclaré que le Congo n’était pas exempt de corruption, de fraude, de concussion, de détournement des deniers publics, népotisme et autres. Ils ont précisé que là ce sont les dirigeants qui sont interpellés. Jusque-là les congolais attendent de voir l’interpellation d’au moins un dirigeant.

Avec la mondialisation et la dynamique des réseaux sociaux, les congolais ont suivi qu’il y a des congolais qui ont des fortunes colossales dans les paradis fiscaux. On a même découvert qu’il y en aurait qui y ont des fortunes soi-disant de plus de 500 milliards de francs Cfa. Ceci grâce aux panamas et paradis papers. Ils ont suivi qu’il y a des routes imaginaires pour lesquelles pourtant les fonds ont été décaissés. Où ces fonds sont-ils passés ?

Ils ont découvert que le Congo battait le record pour ce qui concerne le coût du kilomètre de route : plus de 3 milliards le kilomètre.

Ils entendent parler des biens mal acquis, des crimes et ses scandales économiques.

Sur Rfi, ils ont appris que l’on a caché une partie importante de notre dette.

Bref, ils réalisent que le Congo est extrêmement riche et eux ploient dans une misère indescriptible.

Ils en arrivent à se poser la question : Où est parti notre argent ? Où est parti l’argent du pétrole ?

Les congolais le vivent très durement aujourd’hui.

En effet, le retraités connaissent douze mois d’arriérés de pension, l’université est menacée de vivre une année blanche avec les retards de paiement des salaires des enseignants et le non-paiement des bourses ; les structures sanitaires du pays dont le Centre hospitalier universitaire connaissent une situation alarmante à plusieurs égards et autres.

Beaucoup de dirigeants et acteurs tant politiques que techniques sont suspectés d’avoir une fortune immense sur le dos de l’Etat congolais.

La peur de la transparence.

 Il faut le dire avec force : le constat fait est que nous, les acteurs politiques ont peur de la transparence. Nous avons certainement des choses  à cacher. Nous n’avons aucune raison de cacher notre richesse si la traçabilité de celle-ci est claire et ne souffre d’aucun soupçon. La création de la richesse est recommandée pour que le pays réalise des progrès. Nous devons favoriser les actions qui conduisent à la création honnête de la richesse.

Avec le comportement que nous avons eu, aujourd’hui le Fonds monétaire international réclame que nous ouvrons nos livres, que nos chiffres soient clairs et que nous allons à la bonne détermination de notre dette.

On peut d’ailleurs signaler que :

L’alinéa 3 de l’article 73 de la Constitution du 20 janvier 2002 énonçait clairement que :

      « Les ministres perçoivent un traitement dont le montant est déterminé par voie réglementaire »

Dans ce cadre, le décret 2012-1037 du 3 octobre 2012 a été pris. Curieusement, il n’a jamais été publié au journal officiel et pour cause !

L’article 82 de la Constitution du 25 octobre 2015 stipule clairement que :

« Le Président de la République perçoit un traitement dont le montant est déterminé par voie réglementaire »

A ma connaissance, aucun texte réglementaire n’a été publié sur ces aspects au journal officiel.

Comme on le constate, il faut opérer un grand changement de mentalités et agir dans la transparence. Cela consolidera le lien entre les acteurs et dirigeants d’une part et les congolais d’autre part.

Pour conclure sur ce point, je peux me permettre de dire que le respect des lois et règlements de la République est quelque chose de fondamental dans un Etat de droit. Tous les congolais y compris les acteurs et les dirigeants politiques doivent s’y soumettre. 

Il n’y a aucune raison que les acteurs politiques feignent d’ignorer les dispositions de cette obligation constitutionnelle. Nul n’est au-dessus de la loi et la loi doit s’appliquer à tous, dans toute sa rigueur.

 

Propos recueillis par Michel Hadridh NKOLA

 

PEUPLE CONGOLAIS

 

 
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