au changement de la constitution
Brazzaville, Steve OBORABASSI pour la Voix du Peuple
Après le Général Jean Marie Michel MOKO, Charles Zacharie BOWAO, André OKOMBI SALISSA,, LES RESSORTISSANTS DE LA LIKOUALA, c'est autour de Claudine MUNARI MABONZO de rompre le silence et condamne le hold-up electoral du 20 Mars 2016 suivi d'un génocide encours dans la Region du Pool
LE CRI DU COEUR D'UNE MERE
Déclaration de Claudine Munari, Présidente du MUST
Candidate à l'élection présidentielle de mars 2016 - Le 11 avril 2016
Peuple congolais,
Mes chers compatriotes,
Avant mon propos, je voudrai féliciter notre peuple qui, au-delà de tout, a fait valoir sa dignité et donner la preuve de toute sa détermination et de son désir ardent de restaurer l'alternance démocratique dans notre pays. C’est un devoir et un grand honneur pour moi d’avoir été et d’être de ce combat.
Congolaises, Congolais, mes chers compatriotes,
Notre pays sombre et nous ne faisons rien. Nous restons spectateurs de notre naufrage.
Les résultats du scrutin du 20 mars 2016, tels qu’issus des urnes et constatés par nos observateurs, implicitement validés aujourd’hui par le Secrétaire général du PCT, démontrent que le Président de la République sortant n’accède pas au deuxième tour. Comme à leur habitude, les organes officiels de l’Etat ont proclamé la victoire du candidat sortant dès le premier tour, avec 60% des suffrages exprimés.
Cette tentative d’usurpation du vote des Congolais est la suite logique, on ne le dira jamais assez, de la Constitution imposée par les armes et dans le sang en octobre 2015. C’est aussi la consécration du système du crime à double détente sous lequel nous vivons, qui consiste à organiser la fraude électorale et à traquer ou assassiner les contestataires.
Ce système isole notre pays dans le monde.
Notre pays est le seul au monde où les chars, les hélicoptères, les colonnes de militaires, les bombes lacrymogènes et la coupure des télécommunications, font partie du système électoral. Même les pires dictatures du vingtième siècle n’avaient pas de telles pratiques.
C’est dire combien notre situation est grave.
Mes chers compatriotes,
Les Congolais ont repris le chemin de l’exil intérieur. Comme les damnés de la terre, ils ont repris à errer dans les rues sous les intempéries avec leurs enfants et ce qui leur reste. Ils ont repris à dormir à ciel ouvert.
Notre pays est totalement arraché du monde réel. On proclame les résultats d’une élection tronquée pendant que tout le peuple dort. On joue à l’arme lourde au milieu des habitations pour détourner l’attention des malfaçons de la Cour Constitutionnelle.
Hier, des hélicoptères ont gazé les populations civiles et les supplétifs de la police ont tiré à balles réelles dans les rues de nos villes et dans nos campagnes sur un peuple aux mains nues pour avoir dit non au changement de la constitution. Aujourd’hui des expéditions meurtrières sont lancées dans les quartiers urbains et des bombardements à l’arme lourde sont en train de décimer les populations du département du Pool.
Dans ce vingt et unième siècle qui voit les animaux gagner de plus en plus de droits, on abat des Congolais comme du bétail. On tire sur eux comme sur des lapins. Le monde regarde ailleurs.
Face au crime de masse, le silence est le premier coupable. Plus nous sommes silencieux, plus d’autres continuent de tomber. Au Pool aujourd’hui, à qui le tour demain ?
Chaque Congolais, partout où il se trouve doit rompre le silence. Réunissez-vous partout où vous êtes. Sensibilisez le monde entier sur notre lutte.
Si les Congolais ne font rien, personne d’autre ne fera quelque chose. Chaque peuple a son propre pays. Nous n’avons pas de pays de rechange. Le Congo est notre pays. Battons-nous pour le libérer.
Aux Congolaises et Congolais qui sont à Brazzaville, je vous convie au rassemblement de la paix, au rassemblement de l’unité nationale, le vendredi 15 avril 2016 à 14 heures au boulevard Alfred Raoul.
A tous ceux qui aiment ce pays, qui pensent que nous pouvons le construire ensemble, sans violence, sans les lacrymogènes, sans les chars, sans les hélicoptères et les bombes ; à tous ceux qui veulent d’un pays où il fait bon vivre ensemble, je vous lance cet appel d’une mère.
Il y a plus grave ! Un groupe de personnes au pouvoir raisonne comme si un seul homme est la seule solution possible. Cette idéologie de la providence incarnée est erronée. Elle est contredite par la nature fragile et précaire de l’homme.
Tous les pays qui ont fait le choix de l’homme providentiel, comme solution perpétuelle, ont appris à leurs dépens que cette solution n’a que le mérite de faire perdre du temps.
Les siècles passés ont tous enterré des hommes illustres. Aucun indispensable n’a survécu à son temps. Le siècle présent est celui des hommes et des femmes qui se complètent et se succèdent. Cette réalité universelle ne doit pas s’arrêter à nos frontières.
Le pape Benoît XVI s’est retiré de sa papauté en 2013. La reine Béatrix des Pays Bas et le roi Albert II de Belgique ont eux aussi renoncé à leurs trônes la même année. Tout comme le roi Juan Carlos, le père de la démocratie espagnole, qui a, lui aussi abdiqué en 2014.
Ces illustres personnages avaient tous un mandat légitime ad vitam aetemam. Ils y ont renoncé.
Leurs pays respectifs et le trône de Saint-Pierre continuent d’exister.
Le Congo avait été dirigé avant tout comme il le sera encore, après le Président Denis Sassou N’guesso. Le peuple congolais le sait. C’est pourquoi, il s’est exprimé en faveur de l’alternance, le 20 mars dernier. Son vote doit être respecté.
Tous les hommes du Congo ne peuvent pas se comporter comme si ce pays n’avait plus qu’un seul homme. C’est une injure faite aux femmes qui vous ont enfantés.
A toutes les femmes, je vous le dis, si les hommes ne peuvent pas conduire notre pays vers l’unité nationale et une paix durable, nous devons toutes nous lever et le faire.
Les mères que nous sommes, voulons le bonheur de nos enfants. L’enfant d’une seule mère ne peut pas être la source du malheur des enfants de toutes les autres mères. Cela doit cesser.
C’est un appel à l’unité.
Il ne s’agit pas de s’unir contre un homme. Il s’agit de s’unir pour le pays, de s’unir pour vivre ensemble.
Le vendredi 15 avril 2016, je serai au boulevard Alfred Raoul dès 14 heures. Quitte à ce que j’y sois seule, je serai là pour défendre la liberté, la démocratie, la République, et l’unité nationale.
Nous serons là pour dire que la violence n’est pas une solution. La brutalité militaire ne peut pas être notre modèle du vivre ensemble.
Aux termes des résultats tels que sortis des urnes au premier tour de l’élection présidentielle du 20 mars, le général Jean Marie Michel Mokoko et Monsieur Guy Brice Parfait KOLELAS sont en capacité de disputer un deuxième tour. Les Congolais leur ont fait confiance. Je les engage à honorer cette confiance et à se joindre à nous le vendredi 15 avril 2016 à 14 heures au boulevard Alfred Raoul.
Aux autres candidats et membres de l’IDC-FROCAD, à ceux qui ne se sont pas encore couchés pour ramper jusqu’à l’assiette des restes de la République, je leur lance la même invitation.
A tous les acteurs politiques, aux confessions religieuses, à la société civile, à la communauté internationale, aux partenaires du Congo, aux défenseurs de la démocratie et de la paix, le Congo brûle. Ne regardons pas ailleurs, agissons.
Nous ne pouvons pas dire que nous ne le savions pas. Notre responsabilité collective est engagée.
Ce pays est beau. Nous pouvons y vivre heureux, ensemble, en République et en démocratie.
Vive la République,
Vive la démocratie !
au changement de la constitution
Brazzaville, Steve OBORABASSI pour la Voix du Peuple
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Un Dictateur n'a pas de concurrent à sa taille tant que le Peuple ne rélève pas le défi