Le General J.M.M MOKOKO Lance un Appel depuis BANGUI
ย
ย Au respect de la CONSTITUTION du 20 Janvierย 2002 ย ย ย ย ย ย ย ย ย ย ย ย ย ย
ย
ย ย ย ย ย ย ย ย ย ย ย ย
ย
Question : Depuis quelques temps vous nโรชtes pas visible sur lโรฉchiquier national, pourriez-vous nous dire quโelle est votre situation actuelle?
ย
GAL J.M.M MOKOKO : si par visibilitรฉ vous entendez ma prรฉsence constante dans le microcosme politique congolais, ma position actuelle mโinterdit dโy jouer un rรดle quelconque. Mais, vous nโoubliez pas que lโรฉchiquier national, comprend un volet extรฉrieur, la politique รฉtrangรจre. Celle-ci mโa tenu ร lโextรฉrieur du pays pas mal de temps et depuis 2013 en mission politique et diplomatique de restauration de lโEtat centrafricain, ร la tรชte de la Mission internationale de soutien ร la Centrafrique sous conduite africaine (MISCA).
Je continue aujourdโhui toujours au nom de lโUA ร apporter mon concours au processus de rรฉconciliation nationale et au retour ร la lรฉgalitรฉ constitutionnelle dans ce pays. Je suis รฉgalement au nom de la Prรฉsidente de la Commission de lโUA, selon les termes de rรฉfรฉrence de ma mission en ma qualitรฉ de Reprรฉsentant spรฉcial et chef de la Mission africaine pour la Centrafrique et lโAfrique centrale (MISAC) depuis le 16 septembre 2014 les รฉvolutions des situations politiques des pays dโAfrique centrale, devenue depuis cette date ma zone de compรฉtence.
ย
Question : En dรฉpit des hautes fonctions diplomatiques et militaires que vous occupez aujourdโhui, avez-vous un regard sur lโactualitรฉ du Congo ?
ย
GAL JMMM : Lโessence mรชme de la mission de paix et sรฉcuritรฉ en Afrique centrale vous oblige dโavoir une vue analytique et prospective de lโactualitรฉ et des รฉvรจnements dans les pays concernรฉs.
Le Congo qui de par sa position gรฉographique, son histoire et les initiatives quโil engage est dans mon cลur. Mon pays ne peut donc รชtre soustrait de mon attention.
ย
Question : Quelle lecture faites-vous de la situation actuelle du Congo ?
ย
GAL JMMM : Lโobservation attentive des vingt-cinq derniรจres annรฉes de notre vie commune et des รฉvolutions rapides dans lโenvironnement international indiquent que le systรจme politique congolais aborde un tournant dรฉcisif tant du point de vue du cycle politique que de celui des mลurs politiques.
Les enfants nรฉs lors de lโhistorique Confรฉrence Nationale Souveraine ont vingt ou vingt-quatre ans, toute une gรฉnรฉration.
La classe politique congolaise pour ce qui la concerne hรฉritiรจre pour une grande part du modรจle monopartite des annรฉes soixante-dix quatre-vingt en vigueur dans le pays, reste marquรฉe par une certaine inconstance, des choix politiques souvent rรฉduits ร une vision sectaire et clanique, toutes choses qui ont รฉtรฉ la source des graves difficultรฉs qui ont endeuillรฉes le Congo.
Lโexamen attentif des donnรฉes socioรฉconomiques fait apparaitre une grande disparitรฉ dans la rรฉpartition des revenus issus de lโexploitation des richesses nationales. Une disparitรฉ qui creuse un fossรฉ entre des privilรฉgiรฉs et la trรจs grande majoritรฉ de la population, accentue les injustices sociales : Une vรฉritable fracture sociale qui est porteuse dโinstabilitรฉ et de dรฉsordres sociaux.
Et cela est bien ressenti par les populations qui ร lโapproche dโune รฉchรฉance capitale, comme lโรฉlection prรฉsidentielle, se retrouvent plongรฉes dans la perplexitรฉ, la suspicion et la peur : Peur du voisin, peur du lendemain, peur dโun retour au traumatisme national des trois guerres civiles de la dรฉcennie 1993- 2003. Une situation ร laquelle lโon ne peut rester indiffรฉrent et qui pour ma part rappelle les moments difficiles de lโavant Confรฉrence Nationale Souveraine de 1991.
ย
Question : Est-ce que vos fonctions actuelles vous contraignent au silence sur le dรฉbat relatif au dialogue national de Sibiti ?
ย
GAL JMMM : Elles mโobligent de rester en รฉveil sur les รฉvolutions politique, sociale et รฉconomique dans la rรฉgion concernรฉe et ce dans le souci constant de prรฉvenir une dรฉtรฉrioration dramatique du climat de paix et de sรฉcuritรฉ. Il est donc รฉvident que si un dรฉbat national dans lโun ou lโautre pays de la rรฉgion devrait dรฉboucher sur des tensions extrรชmes menaรงant la paix, ma contribution ร lโapaisement de ces tensions au nom de lโUA est un devoir auquel il sera difficile de me soustraire.
ย
Question : Que dites vous de la convocation du dialogue alternatif par les opposants au rรฉfรฉrendum sur le changement de la constitution du 20 janvier 2002 ?
GAL JMMM : Les partisans du non au changement de la constitution sont des Congolais, de ce fait, ils ont le droit de se rรฉunir pour exprimer librement leur opinion, pourvu que cela se fasse dans les respects des lois et rรจglements.
ย
Question : Que doit faire le peuple si le Prรฉsident de la Rรฉpublique convoque un rรฉfรฉrendum pour le changement de la Rรฉpublique donc de la constitution ?
ย
GAL JMMM : Pour ma part vue la passion que soulรจve cette question, il serait souhaitable que la cour constitutionnelle soit interrogรฉe ou sโautosaisisse. Mais est-elle compรฉtente pour trancher dans le cas dโespรจce ? Quand on sait que le juge ne peut juger que pour garantir la sรฉrรฉnitรฉ de la sociรฉtรฉ. Si cโest pour jeter lโhuile sur feu il nโaura pas atteint son but. Souvenez-vous des consรฉquences tragiques de la dรฉcision malheureuse de 1997 prononcรฉe par la Cour dโalors.
ย
Question : Vous avez jouรฉ un rรดle important en tant que chef dโEtat-major des forces armรฉes pendant la transition sous le Premier Ministre Andrรฉ MILONGO. Quโest-ce que vous rรฉpondez ร ceux qui vous accusent ร tort ou ร raison dโavoir essayรฉ dโarrรชter le processus dรฉmocratique par un coup dโEtat militaire en 1991 ?
ย
GAL JMMM : Ce qui est curieux cโest que ceux qui me font ce grief sont souvent les mรชmes qui me reprochent dโavoir refusรฉ une solution militariste contre le Prรฉsident dรฉmocratiquement รฉlu, Pascal LISSOUBA, lors de la crise gouvernementale de 1993. Une crise nรฉe de lโinterprรฉtation controversรฉe de lโarticle 75 de la constitution du 15 mars 1992.
Mes dรฉtracteurs avaient donc un intรฉrรชt particulier ร arrรชter le processus dรฉmocratique dans lequel le peuple congolais sโรฉtait engagรฉ et auquel jโai apportรฉ ma contribution en tant que chef militaire.
ย
Question : Sauf erreur de notre part vous avez รฉtรฉ acteur politique en 1996, en crรฉant un mouvement politique le MRC (Mouvement pour la Rรฉconciliation Congolaise) envisagez- vous un retour en politique ?
ย
GAL JMMM : Les missions qui mโont รฉtรฉ confiรฉs en Cรดte dโivoire, au Mali et tout rรฉcemment en RCA sont des missions aussi bien diplomatiques, politiques que militaires. Mais si vous voulez parler de la politique politicienne, celle de la malice, des invectives, des querelles partisanes qui mรจnent tout droit ร de nouveaux troubles et dรฉsordres et dรฉtruisent in fine lโunitรฉ nationale, cette politique-lร nโest pas conforme ร ma vision des choses, ni ร celle dโun trรจs grand nombre de nos compatriotes, je prรฉsume.
ย
Question : En tant que citoyen congolais pensez-vous quโil est opportun aujourdโhui de changer de la constitution du 20 janvier 2002 ?
ย
GAL JMMM : La question est-elle posรฉe au citoyen congolais que je suis ? Je vous rรฉpondrais avec des mots simples qui ne vous surprendront pas : Je suis un lรฉgaliste et un rรฉpublicain soucieux du respect des lois, des rรจglements et de la constitution de la Rรฉpublique par tous.
ย
Question : Dans les conditions actuelles, lโalternance dรฉmocratique est-elle possible au Congo ?
GAL JMMM : Lโalternance dรฉmocratique est indissociable du systรจme politique dans lequel le Congo sโest engagรฉ. Ceux qui sโengagent dans la voie de la dรฉmocratie devraient se rendre ร cette รฉvidence. Aussi loin que porte mon regard, je constate que les peuples ร travers notre continent aspirent au changement.
Et sโagissant de lโalternance, il me semble quโelle est dรฉsormais perรงue par les peuples comme lโoccasion dโapporter un souffle nouveau et dโespรฉrer voir รฉvoluer qualitativement la gouvernance politique, รฉconomique, sociale de nos pays. Avec comme consรฉquence espรฉrรฉe lโamรฉlioration de leurs conditions de vie.
Lโalternance oblige, les gouvernants ร une certaine humilitรฉ, au respect dโautrui, ร un esprit de justice et dโรฉquitรฉ.
ย
Question : Dans une publication, en ligne sur un site Internet congolais, intitulรฉe : ยซ Jean Marie Michel Mokoko : Et si cโรฉtait lui le candidat providentiel ยป, vous รชtes prรฉsentรฉ comme un prรฉsidentiable. Quelle est votre rรฉaction ?
ย
GAL JMMM : Les journalistes sont libres de leurs opinions et propos. Je nโai donc pas pour le moment de rรฉaction particuliรจre sinon celle de se fรฉliciter de la libertรฉ de ton utilisรฉe par plusieurs blogueurs et autres internautes et qui montre ร suffisance la volontรฉ des journalistes et de nos compatriotes dโutiliser pleinement un droit constitutionnel qui est un des piliers de la dรฉmocratie.
Il me semble que plus quโร mon sujet, nombreux sโinterrogent sur mon silence. Outre les raisons invoquรฉes plus haut, ce ne serait pas honnรชte de ma part de laisser croire que je suis indiffรฉrent ร ces interrogations, ร lโestime ร mon endroit et au frรฉmissement qui transparait ร travers ce qui se dit et sโรฉcrit ร mon sujet.
Il serait irresponsable de ma part de laisser penser que je serais indiffรฉrent aux problรจmes de mon pays. Mais chaque chose ร son temps. Quand le moment sera venu je donnerai une rรฉponse ร ces interrogations. Cโest le moins que je doive ร mes compatriotes.
ย
Question : Pour terminer, quel est votre dernier mot ?
ย
GAL JMMM : Longtemps marginalisรฉe, lโAfrique est donnรฉe aujourdโhui pour รชtre lโun des moteurs du dรฉveloppement international ร venir. Il est par consรฉquent du devoir des responsables politiques africains en gรฉnรฉral et ceux de lโAfrique centrale en particulier de prรฉserver la paix par la poursuite inlassable dโun dialogue constructif sincรจre ร lโintรฉrieur de leurs pays, dans lโintรฉrรชt des populations.
Dans le cadre des missions que je rempli en Afrique, je constate que les conflits qui ravagent notre continent trouvent souvent leur origine dans la gouvernance politique biaisรฉe de nos Etats ; ce qui met en pรฉril la paix sociale.
La paix, contrairement aux idรฉes reรงues ou rรฉpandues, nโest pas seulement lโabsence de conflits armรฉs mais un รฉtat dโesprit qui procรจde, entre autre facteurs, du respect scrupuleux des lois et rรจglements de la Rรฉpublique.
La paix, cโest aussi le fruit de la justice sociale. Lโon ne peut garantir une paix vรฉritable dans un pays oรน les injustices sociales sont criardes, et les humiliations au quotidien, sont multiples.
ย
ย
ย
ย
ย
ย
ย
ย
ย
ย
ย
ย
au changement de la constitutionย
Brazzaville, Steve OBORABASSI pour la Voix du Peuple
ย
/http%3A%2F%2Fhhcsanford.org%2Fnews_3.gif)
/http%3A%2F%2Fdrakkar.747.voila.net%2Fgifs_animes%2Fdrapeaux%2Fcongo_fl_md_clr.gif)

/http%3A%2F%2Frap-as.com%2Fwp-content%2Fuploads%2Fimages%2Fla-voix-du-peuple-540x270.jpg)