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RDC : KINSHASA SOUS HAUTE TENSION - L'OPPOSITION PREND LA RUE

 

 

Par BBC - RDC. La tension monte à Kinshasa. Internet 3G et les services sms coupés

 

RDC : LA TENSION MONTE A KINSHASA

 

 

 

  

L’opposition demande une enquête indépendante qui permettrait de déterminer si la police a tiré à balles réelles sur les manifestants

 

 

La situation est toujours tendue à Kinshasa, où des jeunes continuent d'affronter les forces de l'ordre dans plusieurs quartiers de la capitale.
A l'Université de Kinshasa, devenue le symbole de la résistance contre le projet électoral en cours d'examen par le Sénat, les étudiants tentent de sortir dans les rues, mais la police les en empêche.
Dans les communes situées dans l'est de la capitale et réputées proches de l'opposition, les jeunes continuent également d'affronter la police.
Dans le centre, la circulation est relativement fluide, les fonctionnaires ont pu se rendre au travail, et certains commerces ont ouvert les portes.
Par ailleurs, l'internet 3G et les services de messagerie sms sont coupés.
Selon notre correspondant à Kinshasa, la police aurait procédé à des arrestations des leaders de l'opposition qui ont signé l'appel a manifester contre le projet de loi.
Les violences de lundi ont fait plusieurs morts. Selon un bilan du gouvernement, quatre personnes, dont deux policiers aurait été tuées.
Mais l'opposition et les associations de défense des droits de l'homme avancent un nombre beaucoup plus élevé.
Certaines sources parlent de 14 personnes tuées.
L’opposition a demandé une enquête indépendante qui permettrait de déterminer si la police a tiré à balles réelles sur les manifestants.

BBC

http://www.bbc.co.uk/afrique/region/2015/01/150120_drc_violence

 

RDC: l'opposition appelle à poursuivre la mobilisation

 

Kinshasa a connu mardi une seconde journée de violences entre policiers et jeunes hostiles au président Joseph Kabila, que l'opposition accuse de chercher à se maintenir au pouvoir grâce à une nouvelle loi électorale controversée. Hier soir le gouvernement annonçait que les violences lundi et mardi avaient fait 5 morts mais le bilan, selon la société civile, serait bien plus élevé. L'opposant historique de Kabila, Etienne Tshisekedi, a lancé depuis Bruxelles un appel à chasser le «régime finissant» de l'homme fort de Kinshasa et dans un communiqué, le cardinal Monsengwo a condamné toute révision de la loi électorale.

Un calme précaire régnait mardi soir dans la capitale : partout un déploiement policier renforcé, la zone autour du Sénat toujours bouclée par la police, inaccessible. Sur la route de l’aéroport, désertée par les voitures, des pierres et pneus carbonisés, traces des affrontements qui ont opposé pendant plusieurs heures quelques centaines de manifestants à la police et aux militaires, les uns jetant des pierres, les autres usant de gaz lacrymogènes et de tirs en l’air. Même spectacle du côté de l’université de Kinshasa où les étudiants ont une nouvelle fois tenté de manifester contre la loi électorale. Un rassemblement immédiatement réprimé par la police. Les étudiants ont dénoncé l’usage de gaz lacrymogène jusque dans leur dortoir et des tirs à balles réelles.

Le débat sur la loi électorale, lui, ne reprendra pas avant jeudi au Sénat mais l’opposition appelle à maintenir la pression sur les autorités pour faire retirer la loi électorale controversée.

L'appel à la mobilisation d'Etienne Tshisekedi

L'UDPS, parti d'opposition historique, était jusqu'ici divisé sur la marche à suivre face à la réforme électorale, entre des parlementaires qui avaient rejoint la coalition de l'opposition appelant à manifester et son président Etienne Tshisekedi qui appelait encore tout récemment au dialogue. Celui que l'on surnomme le « sphynx de Limété » est en convalescense à Bruxelles depuis août dernier. Par un communiqué, il appelle le peuple congolais à rester mobilisé pour « contraindre ce régime finissant à quitter le pouvoir ». Car Etienne Tshisekedi se considère toujours comme le président légitimement élu en 2011.

« Le projet de loi électorale est en fait la goutte d’eau qui a fait déborder le vase, explique Felix Tshisekedi, secrétaire national chargé des relations extérieures et fils du président de l'UDPS. Ca permet même d’organiser une sorte d’union sacrée contre la bêtise, contre la magouille que voulait nous imposer monsieur Kabila. Notre objectif est et a toujours été, depuis cette victoire qui a été volée, de récupérer l’effectivité de ce pouvoir » par des moyens pacifiques. « C’est pourquoi nous avons cru en cette initiative de la communauté internationale qui nous proposait un dialogue : nous le disions haut et fort que « l’impérium » nous allions le récupérer grâce au dialogue, malheureusement monsieur Kabila a multiplié les tentatives de fraude et de mauvaise foi et le peuple a perdu patience ! Nous ne pouvons que nous ranger derrière la volonté du peuple car c’est celui-ci qui avait voté [pour nous]. Il ne faut pas oublier qu’il avait élu massivement Etienne Tshisekedi ».

L'église congolaise prend position

Hier soir, dans un communiqué, le cardinal Monsengwo n'a pas mâché ses mots. Pour le cardinal, c’est une situation dramatique que traverse le pays depuis 48h, « un état de siège incompréhensible » ajoute l'homme d'église. Le chef de l'Eglise catholique congolaise condamne ainsi le recours à la force utilisée pour réprimer les manifestations. « Arrêtez de tuer votre peuple » lance t-il aux forces de l’ordre et à ces hommes politiques « qui sèment la désolation ».

Un cardinal Monsengwo qui condamne également sans ambages toute révision de la loi électorale qui viserait « à prolonger illégalement les échéances électorales de 2016 ». « La démocratie dit pluralisme d’opinions et de pensées » dit-il encore avant d’appeler le ministre de la Communication à rétablir le signal de tous les médias, référence aux télévisions Canal Kin et à la Radio Télévision catholique dont le signal est coupé depuis ce week-end.

Un communiqué qui prend la forme d’un appel à la mobilisation. « Nous appelons notre peuple à rester vigilant pour s’opposer par tous les moyens légaux et pacifiques à toute tentative de modifier des lois essentielles au processus électoral ». C’est par ses mots que le cardinal conclus son message avant d’adresser ses condoléances aux familles des victimes.

Appel pour la libération de Jean-Claude Myambo

L'opposition réclame aussi la libération de Jean-Claude Myambo, le président du SCOD, l'un des partis de la coalition de l'opposition. Il a été arrêté mardi matin, officiellement pour une affaire de droit commun. Une histoire montée de toutes pièces rétorque le coordonateur du Front acquis au changement, la coalition de l'opposition. Selon Martin Fayulu, Jean-Claude Myambo a été arrêté car le régime veut affaiblir l'opposition qui elle appelle la population à poursuivre la mobilisation.

 

la communauté internationale dénonce les violences à Kinshasa

media

Depuis plusieurs jours, des violences font rage à Kinshasa.

Les réactions de la communauté internationale n'ont pas tardé, à la suite des violences survenues à Kinshasa ces derniers jours en marge d'un débat au parlement. Une controverse autour d'une nouvelle loi électorale, introduisant un recensement général de la population comme condition préalable à la tenue des élections. Au-delà des appels à la retenue ou à cesser toute violence, Washington, Paris et Bruxelles se disent préoccupés et demandent le respect de la constitution et des libertés publiques.

L'envoyé spécial américain pour les Grands Lacs, Russ Feingold, souligne que « le recensement  ne peut pas servir d'excuse pour retarder des scrutins qui doivent se tenir d'ici à la fin 2016 », comme c'est prévu par la Constitution. « Si le gouvernement congolais en vient à ne pas respecter sa loi fondamentale, insiste l'émissaire américain, cela nuirait gravement à la réputation de la RDC dans le monde. »

Même inquiétude et fermeté du ministre belge des Affaires étrangères. Didier Reynders rappelle que le soutien de la Belgique au processus électoral dépend de la fourniture d’un calendrier clair et conforme à la constitution.

Un travail titanesque

Pour le Quai d'Orsay, « il est essentiel que le cadre juridique et le calendrier global du processus électoral qui doit s’ouvrir cette année soient élaborés dans le respect de la Constitution ». Le respect de la Constitution, maitre mot d'une communauté internationale qui voit d'un très mauvais oeil ce recensement effectué à la dernière minute, susceptible de retarder tout le processus de plusieurs mois, voire plusieurs années.

« Il leur aura fallu quatre ans pour recenser quelque 11 000 policiers », explique un diplomate, « là, on parle de constituer tout un registre d'état civil », ajoute-t-il. La récolte de données jusqu'au village le plus reculé, mais aussi l'architecture informatique avec liaison par satellite pour mettre à jour ces données à Kinshasa en temps réel. Sous oublier la fabrication et distribution des cartes d'identité censées servir de cartes d'électeurs. Un travail titanesque pour un recensement chiffré à un demi-milliard de dollars.


Russ Feingold : « les Etats-Unis, en tant que pays ami, conseillent à la RDC de respecter sa Constitution »

Au micro de RFI, Russ Feingold, l’émissaire américain, a exprimé la préoccupation des Etats-Unis, et conseille à Kinshasa de respecter la Constitution

« Les Etats-Unis sont très inquiets après les violences en RDC suite au vote de la loi électorale par l'Assemblée nationale. Nous souhaitons d'abord exprimer nos condoléances à toutes les victimes de ces violences. Et nous appelons avec insistance les forces de sécurité congolaises et les manifestants à faire preuve de retenue et d'éviter tout acte de violence. C'est extrêmement important que l'espace politique soit protégé, que les droits des citoyens aux rassemblements pacifiques et à la liberté d'expression soient respectés. […] Que cette loi passe ou non, le gouvernement peut toujours respecter la constitution et tenir les élections dans les délais. Ce n'est pas seulement la présidentielle, toutes les élections, y compris parlementaires, doivent se tenir conformément à la Constitution. C'est ce qui peut et doit se passer d'ici à la fin 2016. C'est ce que prévoit la Constitution congolaise. Et les Etats-Unis, en tant que pays ami, conseillent à la RDC de respecter sa Constitution. Et dans le cas contraire, cela nuirait gravement à sa réputation dans le monde entier. »

 

 

 

 

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