Congo Brazzaville : TSATY MABIALA ET L'U.P.A.D.S ENGLUÉS DANS LE PIEGE TENDU PAR LE PCT
CONSTITUTION DU 20 Janvier 2002
Tsaty Mabiala, ancien ministre de la Défense de Pascal Lissouba, longtemps exilé en Belgique après le coup d’Etat de Sassou, pensait avoir inventé l’eau tiède. Il se croyait plus malin que ceux qui, comme Mierassa sont dans l’opposition résolue au pouvoir depuis des décennies. La seule opposition possible et qui vaille. Le voilà qui sombre à présent dans le ridicule, dans le rôle de faire-valoir du PCT.
« L’UPADS a fait le choix d’une opposition responsable et républicaine, qui l’éloigne de l’aventure » claironnait-il, sur le chemin de Dolisie, en roulant les mécaniques.
Cette vision de l'opposition à un régime sans foi ni loi l’a fait participer, entrainant avec lui une frange de l’UPADS, à la pseudo « concertation de Dolisie » où pourtant il apparaissait à des kilomètres à la ronde que le PCT allait le rouler dans la farine de foufou.
Ce n’était pourtant pas faute d’avoir été alerté. Naïveté ? Corruption ? Les deux peut-être.
Tsaty Mabiala : naïf ou corrompu ?
Son aîné Christophe Moukoueké, bon connaisseur des mœurs du PCT, un parti qu’il a vu naître, considérant que la concertation de Dolisie n’était qu’une simple rencontre entre le ministre de l’administration du territoire, les partis politiques de la majorité présidentielle et quelques « partis et hommes politiques corrompus, se réclamant faussement de l’opposition, pour les uns, et du centre, pour d’autres », l’avait averti : le pouvoir a « verrouillé le système électoral pour permettre au P.c.t de toujours gagner les élections. Tant que ce système est en place, d’autres dirigeants ne gagneront jamais. Il est fait en sorte que le président perdure au pouvoir », avait-il prévenu. En vain.
Mathias Dzon, de son côté, avait expliqué que la rencontre de Dolisie ne serait qu’une « supercherie, un amusement, une mascarade, pour tromper le peuple ». Peine perdue.
De manière générale, l’opposition dite « radicale », au sortir de cette réunion avait dressé le constat selon lequel la concertation politique de Dolisie avait maintenu en l’état, « le système électoral frauduleux à l’œuvre au Congo depuis 1998 » en ce que d’une part on « confie l’organisation de toutes les opérations pré-électorales, au Ministère de l’administration du territoire et à son administration partiale ». D’autre part, « elle assigne, pour mission à la Conel (Commission nationale d’organisation des élections), prétendument indépendante, le suivi des actes électoraux accomplis par l’administration. De ce fait, cette loi réduit la Conel à un simple organe d’enregistrement des décisions du Ministère de l’administration du territoire». Bref, la « la concertation de Dolisie vient d’institutionnaliser la fraude électorale à grande échelle, car, dans la plupart des cas, ce sont les mêmes individus qui composent la Conel actuelle et qui se sont tristement illustrés par des fraudes massives, lors des dernières législatives de 2012, qui seront reconduits dans leurs fonctions».
Des mois se sont écoulés et voici qu’aujourd’hui, le pouvoir de M. Sassou vient de décider que les Congolais se rendront aux urnes en septembre pour élire les conseillers locaux et municipaux. En effet, l’Assemblée croupion a adopté mercredi dernier une nouvelle loi électorale amendée.
Et que fait l'UPADS de Tsaty Mabiala ? Elle critique la loi électorale réputée sortie de la concertation de Dolisie, boycottant la plénière à l'Assemblée. Que se serait-elle abstenue d'aller à Canossa Dolisie ?
A entendre l'UPADS aile Tsaty Mabiala aujourd'hui, le décret convoquant le corps électoral pour les élections locales du 28 septembre a été pris sur la base de…. l’ancienne loi électorale et la nouvelle loi, amendée et adoptée par l’Assemblée croupion à laquelle elle participe gaiement, ne garantirait aucune indépendance à la commission d’organisation des élections, mais ouvrirait plutôt un boulevard au pouvoir pour emporter toutes les batailles à venir. « Une fois de plus, nous avons assisté à une volonté de puissance de la part du pouvoir qui va donc nous servir une autre loi scélérate, qui constituera la base juridique de l’organisation, semble-t-il, de leur fameux referendum et de tous les scrutins à venir », a constaté avec dépit Pascal Tsaty Mabiala, qui visiblement vient de retrouver tous ses esprits. Mot pour mot on dirait du Moukouéké ou du Dzon, ces dirigeants de l'opposition " irresponsable " !
Moralité : nos ancêtres, dans leur infinie sagesse enseignaient : « les jeunes antilopes qui quittent leur mère se retrouvent sur le tam-tam ». Si le seul Tsaty Mabiala se retrouvait sur le tam-tam, après avoir été profondément " sodomisé " par le PCT, peu nous importerait. Hélas ! c’est le peuple congolais tout entier qui, par l’inconséquence de ce personnage et de quelques autres va, une fois de plus, trinquer. La théorie de l'opposition " responsable " (1) va-t-elle pour autant jusqu'à le pousser à appeler au boycott des élections de septembre, comme la logique de son discours actuel le commanderait ? Nous prenons les paris : l'épaisseur de la soupe servie voudrait qu'il appelle quand même les miltants de son parti à participer au prochain scrutin, d'une manière ou d'une autre. En tout cas, au PCT son allié objectif, malgré les moulinets destinés à amuser la galerie, nul n'envisage que le camarade Tsaty, en homme " responsable " et bien élevé, puisse réellement leur faire de mauvaises manières. La promesse de conquérir ou de conserver quelques sièges (la portion congrue) ici ou là dans le Niari et à Diata, un quartier de Brazzaville, devrait suffire. Après tout, il faut bien manger pour vivre. On le comprend.
(1) Lors des débats à l'assemblée croupion le 27 août, on a entendu à ce sujet une éclairante intervention du député UPADS de Dolisie, Honoré Sayi, interpellant la " majorité " : « Pourquoi avoir de la précipitation, nous avons pris tout notre temps. Ce n’est pas la première fois que nous allons violer notre constitution, on a l’habitude. Vous avez une opposition qui ne va pas creuser les goudrons ou mettre les barricades. C’est une opposition républicaine, responsable, qui ne mettra pas en mal les institutions pour des élections qu’on aurait prolongées d’un ou de trois jours " a-t-il dit.
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«Un dictateur n'a pas de concurrent à sa taille tant que le peuple ne relève pas le défi »
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