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De la frustration et la rancune, peut-on encore parler d’unité nationale ?

 

Auteur: Yomard Michel DOUNIAMA

 

CONGO BRAZ L’unité Nationale est elle possible avec le Dictateur Denis SASSOU NGUESSO ?

 

       

Soucieux de parvenir à la construction d'une conscience nationale après les malheureux événements de 1958, les pères de l'indépendance ont imaginé le projet d’État-nation qui s'articulerait autour de l'Unité nationale. C'est ainsi qu'après la proclamation de l'indépendance en 1960, le premier gouvernement mis en place était représentatif des groupes ethniques du pays naissant. Ces pères tenaient à ce que les populations des différentes régions s'y retrouvent afin qu'aucune ne se sente discriminée ou abandonnée dans le projet commun de la construction d'un nouvel État indépendant.

Paradoxalement, l'apport des uns et des autres à contribuer à une ethnisation de l'administration mais quoi qu'il en soit l'objectif de l'unité nationale était d'amener les congolais quelles que furent leurs origines ethniques à servir et contribuer à l'édification d'un État libre et prospère. Le président Alphonse Massamba Débat en reprenant à son compte cette acceptation disait que « nous ne prêchons pas la disparition des tribus, c'est une utopie ajoute-t-il mais nous demandons à tous de créer et favoriser les conditions d'une conscience nationale réelle qui nous permettent d'enlever petit à petit, nos œœillères et de remplacer notre orgueil tribale parfois très aigu par une fierté nationale ». (1)

En juillet 1968, arriva donc la bande de Marien Ngouabi dont l'idéologie prônée était le Marxisme Léninisme avec un déterminisme qui fit couler beaucoup de sang des congolais : le « pouvoir ne se donne pas, mais il s'arrache ». Fallait-il bien avoir une arme et savoir la manier. Ce pouvoir passa alors d'une main ensanglantée à une autre jusqu'à l’avènement de la conférence nationale souveraine de février 1991. Il retrouva les mêmes mains armées 5 ans plus tard, après qu'un président élu démocratiquement ait été déposé à la suite d'une guerre civile de juin 1997.

Un féodal, le chef Gentil nous renseignait qu'une faute mal expiée ne s’oublie pas et qu'un pardon qui n'atteint pas un effet cathartique mais aux calculs stratégiques ne génère que la rancune. L’œoeuvre de construction d'un pays ne s'achève jamais et son unité est une recette que l'on doit composée et ajustée au fil des jours.

Qu'est-ce que c'est l'Unité Nationale?

Voilà une notion qui ne se galvaude pas. Elle se vend bien au marché des idées politiques. Elle est dans l'air du temps et sous-tend bien des engagements de ceux qui nous gouvernent.

Dans l'univers collectif, elle est la cohésion de l'ensemble des composantes humaines de la société. Elle est donc, par excellence, l'instrument primordial de l'action commune dans la Nation. S'unir sous une même bannière et choisir un destin commun. Hélas ! Si l'on sait à quoi peut servir « l'unité nationale », facilement perceptible par le sens commun, on ne sait cependant pas comment la réaliser d'autant plus que cette notion à des contours assez flous. Le sens commun « perçoit » l'intérêt de « l'unité nationale » mais ne peut dire ce que c'est. Il en est ainsi fondamentalement des politiciens. A contrario, ce n'est pas, parce qu'une notion comporte en elle les germes de son insaisissabilité qu'il nous a manqué des moyens pour créer cette unité nationale.

L'Unité c'est le « Caractère de ce qui est un, unique, de ce qui est considéré comme formant un tout dont les diverses parties concourent à constituer un ensemble indivisible. Qualité de ce qui est homogène, non composite. »

La Nation c'est la « communauté humaine ayant conscience d'être unie par une identité historique, culturelle, linguistique ou religieuse ». La seule difficulté s'il en existe une c'est de l'ordre de la sémantique : La Nation ne se définit pas sans son unité. Il n'y a pas de nation, là où il n'y a pas d'unité.
Si l'on tente de lui donner son contenu psychosociologique qui la sous-tend pour le cas du Congo, les congolais ont une identité sociale et humaine ayant conscience d'être unie par une identité historique, culturelle, linguistique ou religieuse. Mais pour ceux qui conduisent les affaires du pays, cette unité n'a que la valeur d'un slogan politique. Ils emploient la notion « d'unité nationale », connaissant bien sa réceptivité par les populations, mais ne s'accordent ni sur son identification, ni sur les moyens ou les instruments pour la réaliser.

Le PCT a perverti l'unité nationale, il en a abusé. De son fait, il a généré au sein du corps social congolais de la frustration et de l'injustice qui se sont elles-mêmes traduites par la rancune. Le devoir d'amour et de fraternité né à l'indépendance s'est manifestement mué en devoir de rancune structurelle politiquement improductif tant qu'il est consubstantiel à la longévité d'un homme et de son système au pouvoir. Et c'est là où le bât blesse.

Depuis qu'il a réapproprié le tribalisme comme principe de gouvernement, il est devenu un terrible moteur de gâchis social qui, 30 ans après avec le pétrole coulant à flot, les grues de nos forêts n'ont pas produit le développement qu'une telle richesse pouvait laisser présager. En nommant aux postes stratégiques de l’État, tous les amis et anciens guerriers géopolitiquement identifiés et privilégiés, la méthode s'est révélée comme un piège mortel qui ne dit pas son nom, car la plus ou moins longue présence aux agapes des élus du président, participe de cette politique perverse dont la manifestation la plus désespérante, ce sont ces masses de jeunes, des moins jeunes voire des adultes bricoleurs qui encombrent chaque jour les rues indignes de Brazzaville, Pointe Noire, Dolisie. Des écoles sans tables-bancs, le manque des enseignants,...

Un banquet auxquels se sont également invités ceux-là même qui auraient pu prendre le courage de dénoncer ou militer pour que ce système soit dépouillé de toutes ses forces et tentacules à savoir des églises sans compter des intellectuels ou opposants, ils ont choisi tous de faire du sous-fifre et de chanter à la gloire du timonier.

Quel lien social convient-il de créer lorsque des partis politiques dits de l'opposition sont appelés à rejoindre le pouvoir en place pour construire une démocratie conviviale traitant l'autre frange de l'opposition qui a perçu le risque d'un tel rapprochement de radicalisme.
Au lieu d'expier la faute, le pardon stratégique du système PCT la réactualise et parfois même la rend plus efficiente que la faute initiale ce qui traduit un état de rancune. La politique de la constatation sans punition ni peine est à l'origine des dérives administratives comme celle qui a été observée au service de l'immigration et émigration où la corruption a contraint le gouvernement à un rétropédalage sur l'une des mesures phare du « chemin d'avenir » concernant de la gratuité du passeport.

Devrait-on faire appel au souverain primaire lorsque dans un pays où la communauté musulman est essentiellement d'origine étrangère, contre toute attente, le gouvernement en accord avec des puissances étrangères accepte qu'il soit érigé sur le sol congolais, la plus grande mosquée d'Afrique.
Nous sommes là en présence d'un gouvernement qui ne prévoit pas mais qui dirige en fonction de ses intérêts jamais ceux du peuple. Depuis 30 ans, il ne s'est agi de juger de la compétence de ceux qui dirigent le pays au sommet de l’État, ce sont les mêmes depuis 15 ans voire 30 ans. La même longévité fonctionnelle on la retrouve au sein de l'administration. Le fameux postulat de « l'homme qu'il faut à la place qu'il faut » ce ne fut que des histoires de la bande à Marien, ces continuateurs ont choisi de régner à vie pour eux, leurs familles et à jamais pour le peuple.


Réf : « Pour la réussite de notre combat.....et créer un front uni de lutte en vue de l'édification nationale » A. Massamba-Débat, P.30.


 

       

 
 
 
 

 «Un dictateur n'a pas de concurrent à sa taille tant que le peuple ne relève pas le défi » 

 

Pour une République Juste & Démocratique, Vous Trompez le Peuple Nous dénonçons

 

 
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