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LA GRANDE INTERROGATION DE Daniel NKOUTA : LE POOL SERAIT IL SANS MEMOIRE ?

  

 

Auteur Daniel NKOUTA

 

LE POOL SERAIT IL SANS MEMOIRE ?

 

   

 

      

 

Depuis un demi-siècle aujourd’hui, l’histoire politique du Congo-Brazzaville se trouve en permanence faite de guerres fratricides. Dans toutes ces guerres, sans aucune exception, une région est omniprésente, payant chaque fois le plus lourd tribut : il s’agit de la région du Pool-Koongo. Cette région qui a toujours voulu récrire l’histoire, dans sa témérité souvent insensée et suicidaire, enfourchant une outrecuidance enfouie dans les chromosomes ; ce peuple vient de récidiver en s’enfonçant les yeux fermés dans la dernière tragédie de 1997, qui a endeuillé le pays ; un conflit, il faut le dire, qui ne le concernait nullement comme l’a affirmé SASSOU-NGUESSO lui-même, mais dont curieusement cette région a fini par prendre la tête.

Pendant plusieurs années en effet, la région du Pool-Koongo a vécu ainsi un véritable drame. Des éléments armés réputés avoir appartenu à l’ex-milice de Bernard KOLELAS, arguant de l’exécution sommaire par le Directeur régional de la Police Nationale de quelques uns de leurs camarades coupables d’actes de banditisme ont, dit-on, par vengeance, décidé de semer la terreur dans toute la région. Aucun District n’a été épargné. La Force Publique dépêchée sur les lieux pour rétablir l’ordre nous a-t-on dit, a subi une série d’embuscades particulièrement meurtrières. Les jeunes recrues composant l’essentiel de cette Force Publique n’ayant jamais reçu la formation militaire et la discipline qu’elle suppose, à défaut de mettre la main sur les bandits armés recherchés, se sont à leur tour livrées à des représailles elles aussi meurtrières sur la population sans défense. Les localités de Mindouli, Kindamba, Matoumbou, Kibouendé, Kibosi, Tâba, Kinkala, Koubola, Makâna, Mbanza-Ndounga etc. ont été complètement désertées par leurs populations qui, fuyant les exactions, ont trouvé refuge dans la forêt.

Situation atypique, le premier Gouvernement de SASSOU au lendemain de sa victoire militaire sur les troupes de LISSOUBA, se composait, il faut le dire, de sept Ministres originaires du Pool-koongo. Je vais devoir citer ici leurs noms à tous, afin que l’histoire se souvienne, et que de génération en génération, leur responsabilité voire leur culpabilité individuelle et collective soit retenue. Il s’agit de : Isidore Mvouba, Gérard Bitsindou, Claude Ernest Ndalla alias Graille, François Loumouamou, Michel Mampouya, Céline Matingou et Jean-Martin Mbemba. (Ces deux derniers ont des circonstances atténuantes, du fait de leur métissage).

Cette situation atypique que connaît le Pool-koongo dont les évènements de Bacongo, de décembre 1998 constituent l’épicentre ; imposent aujourd’hui plus qu’hier, à toutes les filles et tous les fils de cette région, la considération de tous les paramètres qui ont généré les conditions permissives de la dégradation du climat et du développement de la crise jusqu’à la catastrophe. Des interprétations diverses sur la nature réelle de la genèse de cette crise se sont répandues dans la population, à une vitesse et une force telles, que si nous n’y prenons garde, nous engonceront dans un byzantinisme rendant impossible une réflexion rapide et profonde, sur le devoir qui nous échoit, la mission qui nous incombe à tous, dans la recherche d’une solution immédiate et pérenne à cette crise, pour faire qu’enfin, nous tirions des leçons de ces terribles événements.

Il faut le dire, une kyrielle d’éléments tangibles peuvent aisément être recensés qui permettaient de voir nettement, peu à peu, cette crise poindre à l’horizon. Chacun de nous donc, là où il se trouve, en porte une parcelle de responsabilité. Mais pourquoi donc avons-nous laissé se rassembler patiemment les conditions d’une responsabilité historique de notre région, dans l’éclatement qui sait pour combien de temps, du semblant d’unité qui régnait sur le tissu social dit national ? Des signaux d’agitation étaient pourtant parfaitement perceptibles dans la région depuis quelque temps. Ceux qui, par des feintes politiciennes affirmeront ne les avoir pas perçus, ne seront jamais crus.

En effet, inquiet de nombreuses rumeurs qui circulaient dans le pays depuis plusieurs mois, un comité de bons offices, composé de quelques dignitaires du Pool, s’était rendu à Abidjan en Côte d’Ivoire, à la rencontre de Bernard KOLELAS. Composé de Monseigneur Anatole MILANDOU Evêque de KINKALA, Florent MIEKOUNTIMA, Antoinette BAKOUETILA et Jean-Claude NGANGA, le comité a effectivement rencontré Bernard KOLELAS du lundi 9 au mardi 10 mars 1998 à Abidjan, à la résidence du Ministre Ivoirien des Affaires étrangères, ami personnel de Jean-Claude NGANGA. La mission de ce comité consistait à ramener Bernard KOLELAS sur la voie de la raison, l’inviter fraternellement à prendre conscience de sa responsabilité en tant que leader politique, dont le devoir consiste à faire preuve de sagesse, et lui arracher surtout la promesse indéfectible qu’il renonçait à l’option de la guerre comme moyen de règlement des différents politiques. Ces dignitaires ont clairement indiqué à l’occasion à Bernard KOLELAS, qu’il devait prendre garde qu’aucun geste, aucun propos déraisonnable de sa part ne vienne compromettre la paix et la sécurité déjà fragiles des filles et fils du Pool. Bernard KOLELAS dit alors avoir compris, et prenant nos mânes à témoins conformément à la coutume, jurant de se confirmer à cette sage position, il a versé du vin au sol pour marquer l’événement.

Mais voilà, qu’à peine lui ont ils tourné le dos pour rentrer au pays, infidèle à sa promesse et comme de coutume, Bernard KOLELAS, dans un élan manifestement provocateur, a multiplié des déclarations agressives à l’endroit du pouvoir, qui a entendu chaque propos comme étant l’émanation du peuple koongo tout entier. Tout un peuple est ainsi mis au ban des accusés par la folie d’un seul homme dont au demeurant, les origines koongo sont douteuses.

Mais Bernard KOLELAS, qu’il se rassure, n’est pas l’unique responsable de ce drame car, pendant que dans sa verbite vénéneuse aiguë, Bernard KOLELAS multipliait des déclarations à RFI et à la Voix de l’Amérique ; l’Hebdomadaire brazzavillois Le FLAMBEAU, tenu par un fils du Pool-koongo, véritable organe pyromane, s’activait à jeter l’huile au feu, se faisant le relayeur patenté de toutes les déclarations provocatrices de Bernard KOLELAS et de LISSOUBA à l’étranger, propageant les rumeurs les plus mensongères et dangereuses sur le retour imminent de KOLELAS au pays, puis faisant ostensiblement le panégyrique des ninjas qui tendaient fréquemment des embuscades meurtrières à la Force publique. Cette propagande provocatrice organisée dans le but exclusif de faire de son Journal un best-seller, et qui taisait sciemment les graves exactions de ces ninjas sur nos parents ; ont fini, comme il fallait s’y attendre, par exaspérer le Pouvoir qui devait faire payer la facture à la région tout entière. La presse acquise au pouvoir de son côté, s’est saisie des déclarations de KOLELAS et du Journal Le FLAMBEAU, pour inciter à la haine. La Rue meurt dans son numéro 254 du 08 au 14 octobre 1998, stigmatisant Le Journal LE CHOC notamment écrit : « ...Pendant ce temps, la presse forcenée continue l’agitation, sème la haine, harangue, incite à la correction... »

Jusqu’ici, malgré ces multiples déclarations irresponsables de Bernard KOLELAS et de la presse à sensation d’un côté comme de l’autre ; le Pouvoir s’est refusé de parler des ninjas, toutes les milices ayant été officiellement dissoutes. Pour le Pouvoir, il s’agit des bandes armées incontrôlées qui terrorisent la région par pur banditisme, sans que l’on ne leur attribue la moindre appartenance politique. Pour rétablir l’ordre, le Gouvernement en appelle à la franche collaboration de la population. SASSOU lui-même interviendra à la Radio et à la Télévision, pour inviter ces jeunes égarés (sic..), à déposer les armes, avec la promesse qu’ils seront tous pardonnés pour les actes posés.

SASSOU ira jusqu’à recevoir à Mpila un groupe de prétendus sages du Pool-koongo avec la présence d’un Evêque, pour appeler, par ce canal, notre attention à tous, que des armes circuleraient dans la région, que le Pool-koongo risquait d’être le point de départ d’une nouvelle guerre.

Non pas seulement que ces fameux sages ont reçu cette information et cette mise en garde du Président de la République avec un certain sarcasme facilement perceptible ; mais pire, multipliant des déclarations tartes qui répugnent à l’élan responsable d’un leader politique ; Bernard KOLELAS, l’homme à qui l’histoire aurait donné raison d’après ses inconditionnels, ce 18 décembre 1998, clame de manière tout à fait inconsciente, que ce sont les ninjas, ces fameux combattants de la liberté qui sont passés à l’action et les invite à intensifier le combat jusqu’à la victoire. Lui aussi feint d’ignorer les exactions commises par ces bandits armés sur nos parents, sa propre base électorale. Nombreux sont les filles et fils du Pool qui, devant les dégâts occasionnés par sa déclaration maladroite, désigneront désormais KOLELAS par le sobriquet de ‘’Ta Nsiété’’, autrement dit, celui qui désire constamment le malheur des autres.

Le FLAMBEAU encore lui, pour mieux inciter le Pouvoir aux représailles, titre un jour que Kinkala, Chef-lieu de la région du Pool est tombé entre les mains des ninjas. Il parle avec une fierté certaine, de la Force publique qui serait en débandade. A cet aveu, a fini par déférer le Gouvernement de la République. C’est donc la guerre !. Les conditions pour que Bacongo et Makélékélé deviennent Hiroshima et Nagasaki du Congo se réunissent peu à peu sous nos yeux. Peut-être avions nous tous cru, que nos fameux ‘’combattants de la liberté’’ pouvaient l’emporter ; si oui, notre responsabilité collective sur ce drame sans précédent est établie. Cessons alors de nous lamenter, et méditons plutôt cette vérité : notre perversion comportementale, pour en déceler les causes et en tirer les leçons. Nous nous excitons souvent même à l’appel de nos propres ennemis. Le Directeur de l’Hebdomadaire Le FLAMBEAU, après avoir longuement incité le Pouvoir aux représailles, diffusant régulièrement des informations donnant à penser que cette entreprise était faite au profit de la région du Pool et pour la démocratie, une fois l’hécatombe survenue, ce journaliste de rencontre a, sans le moindre remords et sans scrupule, amorcé le virage vers le Pouvoir, sans clignoter, battant campagne en faveur de SASSOU-NGUESSO, pour espérer entrer au Gouvernement. Il a même poussé le ridicule jusqu’à diffuser la liste de prétendus personnages ministrables dont lui-même.

Exaspéré par cette conduite irresponsable et assassine, j’ai décidé personnellement de me rendre à Brazzaville où j’ai rencontré ce journaliste, le sieur NSANA dans son Bureau à côté du Centre sportif de Bacongo, à qui j’ai, en présence d’un témoin dont, pour l’histoire, j’aurais pu citer le nom ; mais, étant donné sa proximité encore actuelle du Pouvoir, je ne le puis. J’ai donc, à l’occasion, demandé à NSANA des explications sur ses diatribes contre le Pouvoir en place, diatribes qui me paraissaient manifestement manquer de franchise. C’est alors, que NSANA m’avouera, que ses diatribes envers le Pouvoir étaient l’expression de la colère qu’il entretenait à l’égard de Isidore MVOUBA, qui aurait détourné la somme de Deux Millions (2.000.000) FCFA que SASSOU, avait ordonné à MVOUBA alors Directeur de Cabinet présidentiel, de remettre à NSANA, qui venait d’être reçu par SASSOU à Oyo. Voilà la vérité meurtrière !.

Et pourtant, malgré tous les dégâts tant matériels qu’humains subis par la faute d’un seul homme, malgré la quantité de sang versé sans raison; aujourd’hui encore, alors que les plaies sont encore béantes et refusent de se cicatriser tant les meurtrissures sont profondes, le Pool s’apprête à se laisser de nouveau abuser par le même Parti politique qui a fait de la région et de notre peuple son fonds de commerce : le M.C.D.D.I., oui encore le même appareil éminemment malfaisant, la création du diable. Conduit par la culture de la meute, notre peuple incapable de faire preuve d’intelligence politique, est de nouveau prêt à s’offrir en holocauste pour le seul bonheur de la progéniture de Bernard KOLELAS, que ce soit l’aile du fils oui celle de MAMPOUYA.

La violation par Bernard KOLELAS le POLPOT de Ntsouélé, du fameux accord de SANGOLO entre le M.C.D.D.I. et le P.C.T, pourtant conclu sans notre avis, a été la cause connue du génocide de décembre 1998. La violation de la résurrection de ce même accord par le fils de KOLELAS sera, si nous n’y prenons garde, la cause d’une autre hécatombe en 2016, tous les ingrédients se réunissent peu à peu sous nos yeux, car tous ceux qui, ici et là vocifèrent contre la révision de la Constitution, espèrent encore que le Pool-koongo, le sommier du matelas des intérêts des autres, le ‘’MUNUNJI’’ comme dirait Alphonse MASSAMBA-DEBAT, prenne comme de coutume la tête de la contestation, et cela va arriver si l’on ni prend garde.

 

 
 
 

 «Un dictateur n'a pas de concurrent à sa taille tant que le peuple ne relève pas le défi » 

 

Pour une République Juste & Démocratique, Vous Trompez le Peuple Nous dénonçons

 

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