NOUVELLE DEMONSTRATION DE FORCE DE L'OPPOSITION EGYPTIENNE
Des manifestants rassemblés tiennent le Drapeau Egyptien
Des centaines de milliers de personnes ont investi la place Tahrir vendredi, au Caire, pour réclamer une nouvelle fois la démission du président Hosni Moubarak dans le cadre d'une grande manifestation baptisée « jour du départ ».
La manifestation, qui se déroule dans le calme, est marquée par la présence de personnalités politiques, dont le chef de la Ligue arabe Amr Moussa, très populaire dans son pays. Des intellectuels, des écrivains, des artistes et des journalistes se sont également joints au rassemblement.
Seuls quelques affrontements entre opposants et partisans du régime ont été rapportés aux abords de la place Tahrir, épicentre de la contestation. De violents accrochages entre les deux camps ces derniers jours avaient fait au moins 8 morts et 800 blessées.
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Au terme de la prière traditionnelle du vendredi, les seules voix qui s'élevaient scandaient : « Va-t'en Moubarak! Dégage! ».
« Ils veulent qu'on se fatigue. Ils disent que nous sommes des Frères musulmans, mais nous ne sommes pas des Frères, nous sommes le peuple », explique Hatem, un ingénieur de 29 ans, venu exiger le départ de Moubarak.
Le ministre de la Défense, Mohamed Tantaoui, s'est rendu sur place pour évaluer la situation, première visite sur le terrain d'un haut responsable du régime depuis le début de la contestation.
« L'homme vous a dit qu'il n'allait pas se représenter », a-t-il adressé à la foule à propos du président. Un manifestant lui a répondu : « Si nous arrêtons [le mouvement], la vengeance va être terrifiante. »
Le mouvement de protestation contre le pouvoir a également cours dans plusieurs villes de province.
Nombre de manifestants par ville
(Selon des sources de sécurité)
Alexandrie (nord) : Dizaines de milliers
Un important dispositif de sécurité
Pour rejoindre le centre du Caire, les manifestants doivent traverser un cordon de l'armée qui a été déployée pour éviter que des éléments perturbateurs ne s'immiscent dans la mobilisation.
Des protestataires effectuent également eux-mêmes des contrôles d'identité pour empêcher que des policiers en civil pénètrent sur l'esplanade, la carte d'identité égyptienne mentionnant la profession des citoyens.
Le premier ministre Ahmad Chafic, qui a présenté ses excuses pour les violences, a demandé au ministre de l'Intérieur de ne pas intervenir dans les manifestations pacifiques.
M. Moubarak s'est engagé à partir à la fin de son mandat, en septembre prochain, mais a refusé de démissionner d'ici là, estimant que le pays risquait le chaos.
L'appel au rassemblement de jeudi a été lancé après 10 jours de manifestations. Dans la nuit de jeudi à vendredi, des milliers de manifestants ont de nouveau bravé le couvre-feu nocturne place Tahrir, campant sous des tentes et se réchauffant autour de feux après une journée de heurts intermittents.
Selon un bilan non confirmé de l'ONU, les violences de la première semaine de contestation en Égypte avaient déjà fait moins 300 morts et des milliers de blessés.
CAIRE, Mohamed El DJAFAR pour la Voix du Peuple
Pour une République Juste & Démocratique, Vous Trompez le Peuple Nous dénonçons