Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Publicité

BIENS MAL ACQUIS : UNE VIDEO EMBARASSANTE POUR PAUL BIYA

Source: Rue 89

     

BIENS MAL ACQUIS : une vidéo embarrasse le service de communication du président camerounais 

 

 

 

 

 

 

Cliquer sur la photo pour voir la vidéo

 

 

 

 

La chaîne publique France 24 a retiré une vidéo potentiellement embarrassante de son site internet, à la demande d'une ambassade africaine, et sans en informer ses internautes. S'agissait-il d'une parodie, comme le suggère l'explication officielle donnée en interne, ou d'un cas classique de pression diplomatique sur la « voix de la France » ? Les internautes auraient mérité une explication…

Cette vidéo est liée à l'affaire dite des « biens mal acquis », c'est-à-dire l'utilisation de l'argent de la corruption par des chefs d'Etat africains pour acheter des biens immobiliers en France. L'affaire, lancée par des associations (Sherpa, Transparence international (TI) France et le CCFD), et que nous avons régulièrement suivie sur Rue89, est engagée dans un parcours du combattant judiciaire, dont le dernier épisode, début novembre, est le feu vert de la Cour de cassation pour le renvoi du dossier devant un juge d'instruction.

Trois chefs d'Etat sont visés par cette enquête : Denis Sassou Nguesso du Congo, Ali Bongo du Gabon, et Téodoro Obiang Nguema de Guinée équatoriale.

Conversation « off » filmée

Le 28 novembre, les chefs d'Etat africains se retrouvent en sommet à Tripoli (Libye), et le président camerounais Paul Biya croise ses collègues du Sénégal, Abdoulaye Wade, et de Guinée équatoriale, Téodoro Obiang Nguema. Ils bavardent sous une tente tandis que les caméramen font leur travail. Seul problème, leur conversation est également enregistrée.

La conversation, ou du moins ce qu'on en capte, révèle l'agacement des chefs d'Etat africains contre cette procédure en France visant trois d'entre eux et potentiellement d'autres comme Paul Biya, au pouvoir depuis plus d'un quart de siècle.

Disponible quelques jours sur le site de France 24, l'article racontant cette histoire, vidéo à l'appui, en a été retiré. Les internautes ont droit désormais à cette seule phrase d'accueil : « vous n'êtes pas autorisé à accéder à cette page ». (Voir la capture d'écran)

 

 

Biens mal acquis : une vidéo embarrasse le service de communication du président camerounais

A quoi ressemblait la page avant sa dépublication sans explication ? Pas compliqué de la retrouver en deux clics. (Voir la capture d'écran)

Capture_decran_2010-12-12_a_12.44.36.png

 
Extrait de la vidéo montrant Paul Biya, Abdoulaye Wade, Téodoro Obiang Nguema lors du sommet Afrique-Union européenne.
 
Une vidéo qui circule sur Internet montre le président camerounais Paul Biya se confier à deux de ses homologues africains à propos de l’enquête ouverte à Paris sur des présumés biens mal acquis. Cette vidéo a d’abord été publiée in extenso par le site de la présidence camerounaise, mais elle a, depuis, été modifiée pour en faire disparaître les propos embarrassants.
 
La scène se passe à Tripoli (Libye), dimanche 28 novembre, en plein sommet Afrique-Union européenne. On y voit le président camerounais Paul Biya en compagnie des présidents sénégalais Abdoulaye Wade et équato-guinéen Téodoro Obiang Nguema, sous une tente dressée pour l’occasion. En attendant de rencontrer l’hôte de ce sommet, le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, les trois hommes s’adonnent aux salutations de circonstance devant la presse. Derrière les cliquetis des photographes, on parvient à entendre Paul Biya se plaindre de la presse - vraisemblablement française - peu complaisante à son égard dans l’affaire des biens mal acquis.
 
Le 25 novembre dernier, le parquet de Paris a, en effet, ouvert une enquête préliminaire à la suite du dépôt d'une plainte par l’Union pour une diaspora active (UDA), une association de ressortissants camerounais présente en France et en Belgique, pour "recel de détournement de fonds publics". Le lendemain, le porte-parole du gouvernement camerounais, Issa Tchirouma, réagissait à cette plainte sur l’antenne de FRANCE 24, dénonçant une manipulation politique à l’approche de l’élection présidentielle.
 
Mise en ligne le 30 novembre sur le site de la présidence camerounaise, la vidéo a fait la une de deux journaux locaux (Le Jour et Quotidien Mutations), mercredi. Selon ces quotidiens, la vidéo a été modifiée et repostée dès le 1er décembre à 11h du matin, une musique arabe recouvrant désormais la discussion "off" des trois présidents africains. Le journaliste de Quotidien Mutations affirme qu’Abdoulaye Wade faisait référence à l’interview accordée par Issa Tchirouma à FRANCE 24 quand il dit à Paul Biya "J’ai vu, j’ai vu. Ta réaction était très bonne".
 
FRANCE 24 a tenté à plusieurs reprises de contacter le service communication de la présidence camerounaise au sujet de cette vidéo, mais la chaîne n’a pas pu, pour l’instant, recueillir son commentaire.
 
La conversation des trois présidents :
 
Paul Biya (au milieu) commence à parler.
Wade (à gauche de l'écran) répond : "J’ai vu, j’ai vu ça…".
Wade salue Nguema (à droite) : "Ah, vieux frère…".
Biya continue : "Nous avons…".
Wade l’interrompt : "J’ai vu, j’ai vu. Ta réaction était très bonne, j’ai vu".
Biya enchaîne : "Mais, franchement, nous avons des oppositions. Ils inventent des choses, ils traduisent les chefs d’Etats africains devant des tribunaux étrangers".
Ils s’assoient.
Biya continue : "Ils ne peuvent pas établir que j’ai une fortune ou je ne sais pas moi. Mais, mais ce qui est assez anormal, c’est la complaisance des médias, à lancer le détournement dans l’opinion".
Kadhafi arrive. La discussion entre les trois s’arrête.
Contributeurs
"On sait aujourd’hui que Paul Biya est réellement touché et préoccupé par cette affaire"
André Charles (pseudonyme) est étudiant en communication à Yaoundé, la capitale du Cameroun.
 
 
Depuis l’annonce de l’ouverture de l’enquête, les réactions se sont multipliées à Yaoundé au niveau du pouvoir. Pourtant, jusqu’ici, on avait toujours entendu que le chef de l’État ne se sentait nullement concerné et était, de toute façon, d’une ‘sérénité remarquable’.
 
À travers cette vidéo, on sait aujourd’hui que Paul Biya est réellement touché et préoccupé par cette affaire. Il n’en avait jamais parlé publiquement au Cameroun depuis 2008. Il ne semble pas avoir la conscience tranquille. Mais, sur la vidéo, il se pose en victime devant Abdoulaye Wade et Obiang Nguema."
 
Ce billet a été rédigé en collaboration avec Peggy Bruguière, journaliste à FRANCE24.
 
 

 

Pour une République Juste & Démocratique,  Vous Trompez le Peuple Nous dénonçons

 

       

 
Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article