Le péché de Monsieur Jean-Luc Mélenchon, c'est d'avoir dit la vérité...
Les récentes déclarations de Jean-Luc Mélenchon, qualifiant d’« absolument anti-constitutionnel » le quatrième mandat du président ivoirien Alassane Ouattara, ont provoqué une vive réaction de la diplomatie ivoirienne à Paris.
J'avoue ne pas comprendre l'agitation de l'ambassadeur S.E.M. Maurice Bandaman, ni celle de certains journalistes devenus les ventriloques du pouvoir RHDP. André Silver Konan avait pour habitude de dire : « Venons-en aux faits. »
La véritable question est la suivante : existe-t-il des contre-vérités dans les propos de Monsieur Jean-Luc Mélenchon ? C'est précisément sur ce terrain que l'on attend le RHDP, avec des arguments solides, étayés et contradictoires, plutôt qu'avec des sorties médiatiques destinées à distraire l'opinion publique en ressassant des discours stériles qu'il semble avoir érigés en dogmes, selon eux.
Oui ou non, le président Laurent Gbagbo a-t-il été renversé avec l'intervention décisive de la France ? Oui ou non, malgré le témoignage de la BCEAO l'innocentant dans l'affaire dite du « braquage de la BCEAO », le président Laurent Gbagbo n'a-t-il pas été condamné puis écarté de l'élection présidentielle, tout comme d'autres figures majeures de la vie politique, ouvrant ainsi un boulevard au RHDP ?
L'expression « Nul ne peut exercer plus de deux mandats » figure bel et bien dans notre Constitution. Dès lors, oui ou non, un quatrième mandat est-il conforme à l'esprit et à la lettre de cette disposition constitutionnelle ?
Souhaitez-vous uniquement des opposants qui vous disent ce que vous aimez entendre ? Pour ma part, j'ai éprouvé à la fois de la honte et de la consternation en entendant le président du COJEP déclarer sur Life TV : « Il aurait fallu écrire dans la Constitution : "Nul ne peut exercer plus de deux mandats durant toute sa vie", comme au Bénin, afin que ce soit plus clair. »
Pourtant dans le 22ᵉ amendement de la Constitution des États-Unis d'Amérique, tout comme dans l'article 6 de la Constitution française, figure : qu'aucune personne ne peut exercer '' PLUS DE DEUX MANDATS '' en ce qui concerne leurs pays bien-sûr. Pourquoi, sous nos latitudes, certains éprouvent-ils toujours le besoin de goûter le sel pour admettre qu'il est salé ? Cette obstination à nier l'évidence est profondément regrettable.
Le RHDP gagnerait davantage en crédibilité s'il s'attachait à réfuter les arguments avancés, plutôt qu'à multiplier des réactions empreintes d'agitation et de considérations soporifiques.
En définitive, Monsieur Jean-Luc Mélenchon n'a fait que rappeler des faits tels qu'il les analyse. Rien de plus.
Hier, nous parlions des « enfants en conflit avec la loi » ; aujourd'hui, avec le RHDP, nous semblons découvrir une nouvelle catégorie : les gouvernants en conflit avec la vérité.