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COTE D'IVOIRE : TEXTE INTEGRAL DU MANDAT D'ARRET OFFICIEL DELIVRÉ PAR LA CPI POUR LE TRANSERT DE L' ANCIEN PRESIDENT Laurent KOUDOU GBAGBO A LA HAYE

 

 

  

 

  

 

COTE D'IVOIRE : LE  TEXTE INTEGRAL DU MANDAT D' ARRET OFFICIEL DELIVRÉ PAR LA CPI CONTRE L'ANCIEN Président Ivoirien Laurent Koudou Gbagbo

 

 

 

 

LE MANDAT D'ARRET OFFICIEL DELIVRÉ PAR LA CPI  

   

Aéroport de Korhogo. Décollage de l'ancien Président ivoirien Laurent GBAGBO dans la nuit du 29 Novembre 2011 pour la Haye

Aéroport de Korhogo. Décollage du Président Gbagbo hier nuit (29/11) pour La Haye. De afp.

 

Original : anglais
N° : ICC-02/11
Date : 23 novembre 2011
LA CHAMBRE PRELIMINAIRE III
Composée comme suit: Mme la juge Silvia Fernandez de Gurmendi,
juge président
Mme la juge Elizabeth Odio Benito
M. le juge Adrian Fulford
SITUATION EN RÉPUBLIQUE DE COTE D’IVOIRE
SOUS SCELLES
Ex parte, réservé à l’Accusation et au Greffe
URGENT

   

Mandat d’arrêt à l’encontre de Laurent Koudou Gbagbo
Décision à notifier, conformément à la norme 31 du Règlement de la Cour, aux destinataires suivants :
Le Bureau du Procureur: M. Luis Moreno-Ocampo, Mme Fatou Bensouda.
Le conseil de la Défense
Les représentants légaux des victimes
Les représentants légaux des demandeurs
Les victimes non représentées
Les demandeurs non représentés (participation/réparations)
Le Bureau du conseil public pour les victimes
Le Bureau du conseil public pour la Défense
Les représentants des États
L’ amicuscuriae
GREFFE
Le Greffier: Mme Silvana Arbia
La Section de la détention
L’Unité d’aide aux victimes et aux témoins
Autres
La Section de la participation des victimes et des réparations

 

1. Le 22 juin 2011, la Présidence de la Cour pénale internationale (« la Cour ») a rendu la Décision portant constitution de la Chambre préliminaire III et réassignant la situation en République de Côte d’Ivoire.

2 . Le 3 octobre 2011, la Chambre préliminaire III (« la Chambre ») a décidé, en application de l’article 15 du Statut de Rome (« le Statut »), d’autoriser l’ouverture d’une enquête dans le cadre de la situation en République de Côte d’Ivoire.
3. Le 25 octobre 2011, le Procureur a demandé, en vertu de l’article 58 du Statut, la délivrance d’un mandat d’arrêt à l’encontre de Laurent Koudou Gbagbo (« Laurent Gbagbo ») pour quatre chefs de crimes contre l’humanité, sur la base de la responsabilité individuelle de celui-ci dans la commission de meurtres, de viols et d’autres formes de violences sexuelles, d’actes de persécution et d’actes inhumains pendant les violences post-électorales, à partir du 28 novembre 2010, par les Forces de défense et de sécurité ivoiriennes (FDS) appuyées par les milices de jeunes pro-Gbagbo et des mercenaires (collectivement « les forces pro-
Gbagbo »), à Abidjan, notamment dans les environs de l’hôtel du Golf, et ailleurs dans le pays.
4. Ayant pris note des articles 19-1 et 58-1 du Statut, la Chambre indique qu’elle exposera dans une décision ultérieure son analyse des éléments de preuve et autres renseignements fournis par le Procureur.
5.Au vu des éléments de preuve et renseignements fournis par le Procureur, et sans préjudice de la décision qu’elle rendra relativement à toute exception d’irrecevabilité susceptible d’être soulevée ultérieurement en vertu des articles 19-2-a et 19-2-b du Statut, la Chambre considère que l’affaire concernant Laurent Gbagbo relève de la compétence de la Cour et qu’elle est recevable.
6.Au vu des éléments de preuve, la Chambre conclut qu’il y a des motifs raisonnables de croire qu’au lendemain des élections présidentielles en Côte d’Ivoire, les forces pro-Gbagbo ont attaqué la population civile à Abidjan et dans l’ouest du pays, à partir du 28 novembre 2010. Elles ont pris pour cible des civils qu’elles pensaient être des partisans d’Alassane Ouattara, et les attaques étaient souvent dirigées contre des communautés ethniques ou religieuses spécifiques.
7. La Chambre estime qu’il y a des motifs raisonnables de croire que ces attaques lancées par les forces pro-Gbagbo pendant les violencespost-électorales ont été menées en application de la politique d’une organisation. En outre, elles revêtaient un caractère généralisé et systématique, comme le montrent notamment la longueur de la période durant laquelle des crimes ont été commis (entre le 28 novembre 2010 et mai 2011), l’étendue géographique de ceux-ci (bon nombre des quartiers d’Abidjan et l’ouest de la Côte d’Ivoire), le grand nombre de victimes dont il a été fait état et le mode opératoire généralement suivi dans la commission des crimes.
8. Au vu des éléments de preuve, la Chambre estime qu’il y a des motifs raisonnables de croire que des crimes contre l’humanité ayant pris la forme de meurtres (article 7-1-a du Statut), de viols et d’autres formes de violences sexuelles (article 7-1-g), d’autres actes inhumains (article 7-1-k) et d’actes de persécution (article 7-1-h) ont été commis en Côte d’Ivoire entre le 16 décembre 2010 et le 12 avril 2011.
9. En outre, la Chambre estime qu’il y a des motifs raisonnables de croire que ces actes sont advenus dans le cadre d’une attaque généralisée ou
systématique lancée contre la population civile de la Côte d’Ivoire, au sens de l’article 7-1 du Statut.
10. La Chambre estime qu’il y a des motifs raisonnables de croire que, par les crimes qui lui sont reprochés dans la demande de délivrance de mandat d’arrêt, Laurent Gbagbo a engagé sa responsabilité pénale individuelle en tant que « coauteur indirect » desdits crimes au sens de l’article 25-3-a du Statut. En particulier, il y a des motifs raisonnables de croire que Laurent Gbagbo et son entourage immédiat (les coauteurs des crimes) avaient convenu d’un plan et qu’ils étaient conscients que la mise en oeuvre de celui-ci aboutirait, dans le cours normal des événements, à la commission des crimes susmentionnés. De plus, en mettant ce plan en oeuvre, les coauteurs ont exercé un contrôle conjoint sur les crimes. Compte tenu de la position et du rôle de chacun d’eux au regard du plan, les coauteurs ont apporté une contribution coordonnée et essentielle à la réalisation dudit plan. Il y a une base suffisante pour conclure que les forces pro-Gbagbo qui ont exécuté la politique en question l’ont fait en obéissant de façon quasi automatique aux ordres qu’elles avaient reçus. Enfin, il a été suffisamment prouvé que Laurent Gbagbo a agi avec le degré d’intention et de connaissance requis.
11.Bien que la Chambre soit convaincue que ce critère de fond (proposé par l’Accusation) est rempli, il est vraisemblable que la question de la responsabilité imputée à Laurent Gbagbo en qualité de « coauteur indirect » au sens de l’article 25-3-a du Statut devra être débattue en temps voulu avec les parties et les participants.
12 . Enfin, la Chambre est convaincue que l’arrestation de Laurent Gbagbo est nécessaire pour : i) garantir qu’il comparaîtra devant la Cour ; ii) garantir qu’il n’usera pas de son pouvoir politique ou de ses moyens financiers pour faire obstacle à l’enquête ou en compromettre le déroulement; et iii) empêcher la commission d’autres crimes.
PAR CES MOTIFS, LA CHAMBRE
DÉLIVRE le présent mandat d’arrêt à l’encontre de Laurent Koudou Gbagbo, né le 31 mai 1945 dans le village de « Mama », sis dans la sous-préfecture de Ouragahio, dans le département de Gagnoa, en Côte d’Ivoire, de nationalité ivoirienne et membre de la tribu des Bété, au motif qu’il serait pénalement responsable, au sens de l’article 25-3-a du Statut, de crimes contre l’humanité ayant pris la forme 1) de meurtres (article 7-1-a du Statut), 2) de viols et d’autres formes de violences sexuelles (article 7-1-g), 3) d’autres actes inhumains (article 7-1-k), et 4) d’actes de persécution (article 7-1-h), commis sur le territoire de la Côte d’Ivoire entre le 16 décembre 2010 et le 12 avril 2011,
DÉCIDE que le mandat d’arrêt doit demeurer sous scellés, ex parte et réservé à l’Accusation et au Greffe mais que, pour permettre le transfèrement de Laurent Gbagbo au siège de la Cour, ce mandat pourra, selon que de besoin, être communiqué en vue de son exécution à des tierces parties (telles que les autorités de la Côte d’Ivoire et tout autre État ou organisation internationale). La Chambre envisagera en temps voulu la reclassification du mandat d’arrêt, après la remise de Laurent Gbagbo à la CPI,

DÉCIDE que, dès que possible : i) le Greffe préparera une demande de
coopération sollicitant l’arrestation et la remise de Laurent Koudou Gbabgo, qui contiendra les renseignements et les pièces exigés aux articles 89-1 et 91 du Statut, ainsi qu’à la règle 187 du Règlement de procédure et de preuve ; et ii) le Greffe, en consultation et en coordination avec le Procureur, transmettra cette demande aux autorités compétentes de la République de Côte d’Ivoire, conformément à la
règle 176-2 du même Règlement,
ENJOINT ÉGALEMENT au Greffier, conformément à l’article 89-3 du Statut, de préparer et de transmettre à tout État et organisation internationale concernés toute demande de transit qui pourrait être nécessaire aux fins de la remise à la Cour de Laurent Koudou Gbabgo,
ORDONNE au Procureur de transmettre au Greffe, dans la mesure où ses obligations de confidentialité le lui permettent, ainsi qu’à la Chambre, toutes les informations en sa possession qui permettraient d’éviter les risques que pourraient faire courir à des victimes ou à des témoins la transmission de la demande de coopération susmentiormée,
INVITE le Procureur à transmettre au Greffe, dans la mesure où ses obligations de confidentialité le lui permettent, ainsi qu’à la Chambre, toutes les informations en sa possession qui faciliteraient selon lui la transmission et l’exécution de la demande de coopération susmentionnée,
ENJOINT au Greffe de se mettre en rapport avec l’Accusation pour inviter la République de Côte d’Ivoire et le Royaume des Pays-Bas à demander une dérogation à l’interdiction de voyager imposée à Laurent Gbagbo par le Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations Unies et le Conseil de l’Union européenne, afin de permettre la remise de l’intéressé à la CPI et son entrée sur le territoire des Pays-Bas,
DEMANDE INSTAMMENT au Greffe de prendre toutes les dispositions possibles pour permettre l’exécution immédiate du présent mandat d’arrêt.

Fait en anglais et en français, la version anglaise faisant foi.
Mme la juge Silvia Fernandez de Gurmendi
Mme la juge Elizabeth Odio Benito
M. le juge Adrian Fulford
Fait le 23 novembre 2011
À La Haye (Pays-Bas)
Traduction officielle de la Cour

 

 

     

 

 L'ancien président ivoirien Laurent Gbagbo, écroué à La Haye dans la nuit de mardi à mercredi, doit comparaître lundi 5 Décembre 2011 pour la première fois devant les juges de la Cour pénale internationale (CPI), a annoncé mercredi 30 Novembre 2011 la CPI.
  "La comparution initiale de Laurent Gbagbo est programmée le lundi 5 décembre à 14H00" (13H00 GMT), a indiqué la CPI dans un communiqué.
  Au cours de cette audience publique, les juges vérifieront son identité et sassureront quil a été informé clairement des charges portées contre lui et des droits que lui reconnaît le Statut de Rome, précise le communiqué de la CPI.
  "À lissue de cette première comparution, la chambre préliminaire fixera la date de laudience de confirmation des charges, étape suivante dans la procédure préliminaire", poursuit le texte.
  Soupçonné de crimes contre l'humanité au cours des violences post-électorales de 2010-2011, à savoir meurtre, viol, actes inhumains et persécution commis entre le 16 décembre 2010 et le 12 avril 2011, Laurent Gbagbo a été incarcéré dans la nuit de mardi à mercredi au centre de détention de la Cour à La Haye.
  L'ancien président, qui faisait l'objet d'un mandat d'arrêt sous scellé émis le 23 novembre 2011 et rendu public mercredi, est le premier ex-chef d'Etat remis à la CPI, entrée en fonction à La Haye en 2002.
  L'audience de comparution initiale sera suivie dans les mois à venir d'une audience de confirmation des charges au cours de laquelle les juges examineront si les éléments de preuve de l'accusation sont assez solides pour la tenue d'un procès.
  Monsieur Laurent  GBAGBO, dont le refus de céder le pouvoir après la présidentielle de novembre 2010 avait plongé le pays dans une crise meurtrière qui avait fait 3.000 morts, était détenu depuis avril dans une résidence à Korhogo (nord de la Côte d'Ivoire).
  Les juges avaient autorisé début octobre le procureur à enquêter en Côte d'Ivoire, estimant qu'il y avait "une base raisonnable" de croire que des attaques avaient été commises contre la population civile à la fois par le camp de Laurent Gbagbo et par celui de son rival et actuel président Alassane Dramane Ouattara.
  La CPI est le premier tribunal pénal international permanent chargé de juger les auteurs de génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre.
  D'autres ex-chefs d'Etat ont déjà été poursuivis par la justice pénale internationale.
  L'ancien président yougoslave Slobodan Milosevic était décédé dans sa cellule à La Haye mars 2006 avant la fin de son procès devant le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY).
  L'ancien président libérien Charles Taylor est quant à lui dans l'attente d'un jugement par le Tribunal spécial pour la Sierra Leone (TSSL) à La Haye.

  

 

Réaction de Charles BLÉ GOUDÉ

 

 

 

L'ex-président ivoirien Laurent Gbagbo, écroué dans la nuit de mardi à mercredi à la Cour pénale internationale (CPI), est la victime d'un "complot" qui avait débuté avec le putsch raté de 2002, a affirmé Charles Blé Goudé, qui fut une figure de proue de son régime.
  Dans un communiqué intitulé "Enfin, la fin du complot", Monsieur Blé Goudé, sous le coup d'un mandat d'arrêt de la justice ivoirienne et en exil en Afrique de l'Ouest, s'indigne du transfert de son champion à la CPI, y voyant le résultat d'une "stratégie diabolique".
  "Leur point d'achèvement est La Haye, mais sachez que depuis 2002, ces manigances tentent de le renverser", écrit-il en référence au putsch tenté contre Monsieur Laurent Gbagbo cette année-là par une rébellion qui, le 11 avril dernier, l'a capturé après une meurtrière crise post-électorale de quatre mois.
  Ciblant le régime du nouveau président Alassane Ouattara, l'ex-chef des "jeunes patriotes" pro-Gbagbo interroge: "si un véritable crime doit être jugé, n'est-ce pas cette usurpation de pouvoir?"
  "Est-ce encore la continuité de la justice des vainqueurs? La CPI se fait-elle complice de cette justice à deux vitesses?", poursuit Monsieur Blé Goudé, qui se présente comme "exilé politique" et défend en Laurent Gbagbo un "grand leader, victime que l'on tente de présenter comme le bourreau".
   

Réaction du Président Alassane Dramane OUATTARA en visite officielle en guinée

 

 

 

"Il n`y a pas mieux que la justice internationale impartiale" pour juger l`ancien président ivoirien Laurent Gbagbo, a déclaré jeudi à Conakry son successeur, Alassane Ouattara, au
lendemain du transfèrment de M. Gbagbo à la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye.

"Maintenant, il est aux mains de la justice internationale, nous avons préféré cela, nous l`avons dit dès le départ" car "on voulait nous accuser de mettre en ouvre une justice des vainqueurs: il n`y a pas mieux que la justice internationale impartiale", a déclaré M. Ouattara à la presse dans son premier commentaire public depuis le transfèrement de M. Gbagbo à La Haye.

Il a noté que le départ de Côte d`Ivoire de Laurent Gbagbo s`est effectué "dans la plus grande discrétion". "Il n`y a pas eu d`images du président Gbagbo avec des menottes, nous avons voulu respecter sa dignité d`Ivoirien, la considération que nous devons avoir pour un ancien chef d`Etat", a-t-il dit.

"C`est pourquoi toute cette affaire a été menée avec discrétion, mais en respectant de manière rigoureuse toutes les procédures quand nous avons reçu le mandat d`arrêt de la CPI", a-t-il ajouté.
  

 

Abidjan, Chantal TANOH pour la Voix du peuple

   

 

 

 

Pour une République Juste & Démocratique, Vous trompez le Peuple Nous dénonçons

     

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