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19 mars 2015 4 19 /03 /mars /2015 09:04

 

Auteur: Justin Lekoundzou Itihi Ossetoumba

 

 ASSASSINAT DU PRESIDENT Marien NGOUABI 18 Mars 1977

Justin LEKOUNDZOU ITIHI OSSETOUMBA ACCUSE LE DICTATEUR Denis SASSOU NGUESSO

 

 

         

            Marien Ngouabi               

       

 

 

 

Congolaises, Congolais, Chers compatriotes,

Le message que je vous adresse, aujourd’hui, à mon corps défendant (je n’ai aucun titre à le faire) a valeur d’aveu et de témoignage. En tant qu’un des acteurs majeurs de la vie sociopolitique nationale depuis des lustres, je suis tenté de vous livrer ce qu’il convient d’appeler « ma part de vérité » concernant les errements, les intrigues, les félonies, les trahisons, les persécutions, les assassinats, bref, tous ces maux qui ont, et qui continuent d’émailler celle-ci.

Mais il serait prétentieux de ma part d’ambitionner de vous relater toutes les expériences et faits vécus dans le cadre de cette adresse ; un tel exercice, au demeurant long et fastidieux, pourrait éventuellement faire l’objet d’une œuvre autobiographique. Je limiterai mon propos sur les récents événements qui m’affectent personnellement et qui, par ricochet, touchent le sérail politique congolais, non sans faire une incursion dans le temps en épinglant l’assassinat du président Marien Ngouabi et des événements subséquents, lesquels ne sont pas sans liens avec ma situation présente. Je serai direct en me départissant au possible de la langue de bois pour que les Congolais ouvrent enfin les yeux sur les tenants et les aboutissants des événements sociopolitiques qui nous ont affecté et compromis l’unité et la concorde nationales.

Comme vous le savez certainement, déjà, je suis actuellement à l’étranger en train de recevoir des soins appropriés suite non pas à une maladie naturelle, mais à un empoisonnement avéré.

D’aucuns se demandent qui est le véritable commanditaire de cet empoisonnement ?

Comment cela est-il arrivé, et pourquoi ?


Nul n’ignore les débats internes au Parti congolais du travail (PCT), parti du commandant Marien Ngouabi entre ceux qu’on a appelé outrageusement les réformateurs dont la tête de file se trouvait être le défunt président du sénat, Ambroise Edouard Noumazalay, d’une part, et ceux qu’on a désignés péjorativement comme conservateurs, lesquels étaient conduits par votre serviteur d’autre part.

Ces débats internes qui trahissaient d’une bonne santé de la démocratie au sein de notre parti étaient perçus a contrario comme une fronde. Certaines personnes s’étaient senties menacées, celles-là mêmes qui ne croient pas au débat démocratique. Nous avions été perçus comme des ennemis à abattre à tout prix pour que leurs privilèges soient sauvegardés.

Notre action en vue de la préservation du PCT, et partant, de la mémoire de son fondateur, le commandant Marien Ngouabi, n’avait pas, à proprement parler, l’assentiment du président de la République, même si publiquement, il n’osa l’avouer, s’érigeant faussement en arbitre impartial.

Nous dérangions par notre action, sans que l’on sache réellement pourquoi, d’où cette tentative de mon élimination physique. En le faisant, les tenants du « Réformisme » pouvaient ainsi asseoir leur dessein, celui de faire disparaître à jamais le PCT, et partant, la mémoire de son fondateur, le commandant Marien Ngouabi.

Ces gens-là veulent faire croire au peuple que les déboires du pays sont dus au PCT, ancien parti unique. Ils sont en quête d’une certaine virginité politique, puisqu’ils tentent vainement de faire table rase du passé, de leur passé fait de gabegie, d’intrigue, d’assassinats politiques.

Le PCT est ce qu’il est à cause de la pratique des hommes, en particulier, de ses dirigeants. Le PCT en tant que parti n’a jamais tué, ni non plus professé une quelconque idéologie divisionniste.

En tant que parti, le PCT a déjà admis des réformes fondamentales à la faveur de l’ère démocratique. Il a abandonné son idéologie marxiste-léniniste, faut-il qu’il se fasse hara-kiri en abandonnant son nom pour que l’on parle de réforme ? Voilà ce qui explique la tentative d’élimination visant ma personne. Cela a toujours été leur pratique. J’ai été empoisonné certainement par des personnes qui me côtoyaient, à l’instar de l’amiral Jean Dominique Okemba, qui m’appelait affectueusement, « Tonton » en raison des liens solides que j’entretenais avec son oncle (Denis Sassou Nguesso).



Le principal commanditaire de cette tentative est nul autre que Monsieur Denis Sassou Nguesso. Cet homme est d’une intolérance sans bornes car il n’accepte jamais aucune voix discordante ou contraire à ses opinions en son sein. Son machiavélisme notoire a déjà précipité maintes personnalités de notre pays à la mort, comme je vais le démontrer un peu plus bas.

Pourtant, mon engagement auprès du président Denis Sassou Nguesso était connu de tous les Congolais. Je l’assume et je n’en ai pas honte.

Pendant la période 1991-1992 qui marqua la transition démocratique au Congo-Brazzaville, j’ai été sous les feux de la rampe. Alors qu’il était, constitutionnellement, protégé par son statut d’ancien président de la République, d’autres que lui étaient la cible de ceux qui voulaient en découdre avec lui. J’ai personnellement été le bouc-émissaire car j’ai connu la prison au cours de cette période.

De même, dans les années 1992-1997, période marquant le règne du président Pascal Lissouba, maintes personnes liées au président Denis Sassou Nguesso ont vécu moult difficultés, voire, des persécutions alors que le principal intéressé se la coulait douce en France et au Gabon, ou se terrait dans ses « bunkers » d’Oyo et de Brazzaville, loin des tracasseries quotidiennes.

Chers Compatriotes, les manigances du président Denis Sassou Nguesso ont précipité ce pays dans l’abîme car il a toujours agi sous la main pour provoquer les crises afin d’en récolter les dividendes, en éliminant tous ceux qui lui ont toujours fait obstacle. Aucune crise ne s’est passée au Congo de 1969 à ce jour sans qu’il n’y soit impliqué, soit directement, soit indirectement. Même lorsque le conflit opposait le président Pascal Lissouba à Monsieur Bernard Kolelas, le président Denis Sassou Nguesso était toujours impliqué.

Après l’élection du président Pascal Lissouba, un accord avait été conclu, lequel devait conduire à la participation des membres du PCT au gouvernement. C’est le président Denis Sassou Nguesso lui-même qui avait donné les noms des trois personnalités du PCT, qui devaient rejoindre le gouvernement à El Adj Djibril Bopaka, ceci nuitamment, et à l’insu de tous, avant de dénoncer l’accord, ce qui nous a conduits à une profonde crise comme vous le savez.

Venons-en maintenant à l’assassinat du président Marien Ngouabi. Il faut dire que c’est une affaire dont l’énigme n’a jamais été élucidée.

Cet assassinat est à inscrire au même chapitre que l’assassinat du président John Fitzgerald Kennedy, en 1963, à Dallas, aux Etats-Unis. La mort du président, Marien Ngouabi, a entraîné l’exécution d’illustres personnalités parmi lesquelles le président, Alphonse Massamba Débat, et le cardinal, Emile Biayenda. Toutes ces personnalités auxquelles il avait été attribué à tort l’assassinat du président, Marien Ngouabi, ont été sacrifiées sous l’autel de l’ambition d’un homme parmi les plus cruels et les plus sanguinaires que l’Afrique ait jamais connu, à savoir, le président Denis Sassou Nguesso. Ce dernier alors ministre de la Défense et de la Sécurité, en 1977, a été le principal instigateur de la mort du président Marien Ngouabi, voire, son principal commanditaire.

D’aucuns ont toujours pensé à tort que le président Marien Ngouabi a été assassiné dans sa résidence comme l’a toujours indiqué la version officielle tronquée. Il n’en est pas ainsi car le président Marien Ngouabi a été entraîné dans un traquenard à l’hôtel Mistral où il avait été lâchement assassiné par les soins de Denis Sassou Nguesso qui avait savamment, et de façon rusée, exploité la haine que lui vouaient certains officiers de l’armée.

Il faut souligner pour votre gouverne qu’au moment des faits, Monsieur Denis Sassou Nguesso était ministre de la Défense et responsable de la Sécurité de l’époque. Comment comprendre qu’un président soit assassiné alors même que l’armée était consignée et que le président vivait en plein état-major ? Comment se fait que la responsabilité du ministre de la Défense et de la Sécurité de l’époque n’ait jamais été mise en cause ?

C’est dire que c’est lui qui a tiré toutes les ficelles sur cette affaire. Il a sacrifié plusieurs personnes en capitalisant sur la haine et l’esprit de revanche des Kouyou car il fallait à tout prix des bouc-émissaires.

Mesdames et Messieurs, cet homme à l’esprit retors ne recule devant rien. C’est bien lui qui a provoqué la guerre de juin 1997. Il s’est préparé, militairement, au lendemain de l’élection du président Pascal Lissouba dans le but d’en découdre, plus tard, avec lui en vue de la reconquête du pouvoir car il était pertinemment conscient de l’impossibilité de le faire par la seule voie des urnes. Monsieur Pascal Lissouba s’est pris au piège tendu par Monsieur Denis Sassou Nguesso, à cause surtout de son inconscience, sa susceptibilité, et de la haine viscérale qu’il vouait à ce dernier, et inversement.

Monsieur Pascal Lissouba a lancé, maladroitement, ses forces contre Monsieur Denis Sassou Nguesso, encouragé dans cette maladroite entreprise par Yhombi et Okoko, tandis que celui-ci s’est posé en victime. Tous ceux qui connaissent ce sinistre personnage comme moi, ne sauront mettre en doute la véracité de ces propos.



Mesdames et Messieurs, Chers compatriotes,

Aujourd’hui, l’Etat congolais tout entier est devenu la quasi-propriété des Nguesso.
Monsieur Denis Sassou Nguesso, ses enfants et neveux, se sont appropriés de façon criminelle les sociétés qui, naguère, étaient le fleuron de l’Etat congolais. Les finances et le pétrole congolais sont contrôlés de façon discrétionnaire par cette famille dont l’appétit vorace et insatiable, et l’avidité incompréhensible obèrent les finances publiques au point où les immenses ressources financières dont est censé disposé le Congo sont largement détournées par cette famille qui fait l’acquisition des biens immobiliers partout, à savoir, à l’intérieur et à l’extérieur du pays.

Ce qui est particulièrement curieux, aujourd’hui, c’est que Monsieur Denis Sassou Nguesso ne semble pas se rendre compte du fort ressentiment du peuple à son égard ; sa désinvolture est désarçonnante. Les Congolais témoignent, aujourd’hui, de l’aversion pour cet homme dont la seule apparition à la télévision est vue comme de l’outrage. Les événements de Pointe-Noire à l’occasion de l’inhumation de Monsieur ThystèreTchikaya traduisent la véracité de ces propos. Au lieu de prendre en compte les raisons de la colère populaire à son encontre, Monsieur Denis Sassou Nguesso qui pense être en mission divine, y est allé en menaces à peine voilées lorsqu’il a reçu les notables de Pointe-Noire venus s’excuser platement devant lui.

Quelle désinvolture !

Il doit savoir une chose : les Congolais supportent difficilement ces gens qui étalent de façon ostentatoire leur richesse mal acquise pendant qu’ils tirent eux-mêmes le diable par la queue, d’autant plus que, selon les chiffres, le Congo n’a jamais été aussi riche avec un budget annuel de plus de deux mille milliards de franc cfa. Le gouvernement fait office de faire-valoir.

Monsieur Denis Sassou Nguesso a créé des sociétés qui sont sous sa propre gouverne, pour contrôler tous les flux financiers, à savoir, la délégation générale des grands travaux, la SNPC, le Domaine présidentiel, la Cotrade, Socotram, le Conseil national de sécurité, la BGFIBank, la Direction générale des contrats et marchés de l’Etat…

A la tête de ces sociétés se trouvent ses neveux et fils. Ils sont ouvertement en conflit d’intérêt et ne s’en émeuvent pas, surtout, lorsqu’ils ont aliéné à leur profit les sociétés d’Etat aussi juteuses qu’Hydro-Congo, ATC, ONPT…
Aujourd’hui, les conseils des ministres se tiennent rarement. D’ailleurs, ils n’ont rien à décider car les décisions importantes sont prises en haut lieu (cercle familial). Que dire des pouvoirs locaux comme les conseils régionaux et municipaux ?

Ils s’avèrent inutiles car n’ayant aucune emprise sur la moindre décision les concernant. Nous constatons cela lors de l’exécution des projets de la municipalisation accélérée qui du reste font appel aux investissements mal orientés dans des secteurs loin d’être prioritaires.

Au lieu de prendre à bras le corps les problèmes réels du pays, Monsieur Denis Sassou Nguesso, personnage contradictoire à souhait, veut plutôt son image en endossant les problèmes qui ne sont pas nôtres. Son activisme en ce qui concerne la lutte contre le réchauffement de la terre, ainsi que pour le développement durable étonne plus d’un Congolais qui voit en cela une digression traduisant une incapacité notoire à s’attaquer aux vrais maux nationaux qui sont : le chômage, les problèmes du système éducatif et du système de santé, le manque d’eau potable et d’électricité, l’absence de logements sociaux, les problèmes d’insalubrité et des routes…

Il est de notoriété publique que Monsieur Denis Sassou affectionne particulièrement les pratiques mystico-fétichistes et ne s’en cache pas. Il vient à cet effet de créer le District de Brazzaville, qui est une loge maçonnique. Mais il n’a pas suivi le cheminement, les procédures requises et la philosophie de cette loge. Il s’est autoproclamé Grand-Maître à vie tandis que son neveu de triste mémoire est nommé député à vie.

Monsieur Denis Sassou Nguesso pratique la magie et la sorcellerie dans un seul but : asseoir sa domination et la pérennité au pouvoir. Tous les compatriotes adeptes de cette secte doivent savoir que leurs étoiles, leurs âmes et leur famille, sont à sa merci parce que sous l’emprise de sa domination mystique. Il veut devenir omnipotent, omniscient et cherche à accéder au 30e degré dans la conception maçonnique pour mieux asseoir sa puissance.

Dans sa quête mystico-fétichiste, qui fait qu’il s’adonne aisément à l’inceste, Monsieur Denis SassouNguesso veut s’approprier, si ce n’est pas déjà fait, des restes (ossements) de certaines personnalités comme De Brazza et le roi Makoko (Elo 1er) pour soi-disant fortifier sa puissance tutétaire. Mais avec le roi Makoko actuel (Auguste Nguempio), il n’y arrive pas, c’est pourquoi il veut le faire disparaître et le faire remonter par un roi à sa dévotion.

Dans cette quête mystique, il a des alliés comme le général Florent Ntsiba, le colonel Marcel Ntsourou, Raymond Mboulou, Auguste Célestin Gangarad NKoua, le colonel Jean Aive Allakoua, le capitaine Nganvala Essouli, qui ont ceci de commun qu’ils affectionnent le sang et les fétiches.

Chers compatriotes,

Je vous demande d’aller au devant de vos problèmes, de les affronter afin de s’en affranchir. Vos problèmes ont pour nom la famille Nguesso. C’est une famille prédatrice dont les intérêts passent avant le bien-être de tout un peuple.

Souvenez-vous que lors de la Conférence nationale souveraine, vous aviez dit NON à Denis Sassou Nguesso. Dites-lui de nouveau NON en 2009. Même s’il vous inonde de l’argent, dites lui tout de même NON car cet argent vous appartient.

Vous étiez nombreux à vous abstenir lors des élections législatives et locales. Abstenez-vous de voter pour votre propre malheur, ne lui donnez plus car te blanche. Votez pour une autre personne ou abstenez-vous.

Aujourd’hui et demain, nous avions besoin d’un homme équilibré, ordonné, discipliné, d’une majesté mêlée de bonté dans toutes ses actions. Nous n’avions plus besoin d’un déséquilibré avide de cupidité.

Monsieur Denis Sassou Nguesso doit comprendre le rejet total du peuple à son égard. S’il veut se maintenir en dehors de la volonté populaire, il aura à répondre un jour.

Ce monsieur représente le malheur. Débarrassez-vous-en. Vous le pouvez. En 1992, vous lui avez dit NON. Vous pouvez le faire à nouveau. L’avenir vous appartient, notamment, vous les jeunes. Ne permettez pas qu’il vous le compromette plus qu’il ne l’a fait. Levez-vous ! Prenez l’exemple sur les événements récents de Pointe-Noire. Lapidez-le par un NON ou par une abstention massive : TOUT, SAUF Denis Sassou Nguesso.

Que vive le Congo !

Fait à Paris, le 3 novembre 2008

 

 

Un Dictateur n'a pas de concurrent à sa taille tant que le Peuple ne rélève pas le défi

 

 
 
 
 
        

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LA VOIX DU PEUPLE
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18 mars 2015 3 18 /03 /mars /2015 16:21

 

 

 ASSASSINAT DU PRESIDENT Marien NGOUABI 18 Mars 1977-18 Mars 2015 * 38 ANS LES ASSASSINS COURENT TOUJOURS

 

 

         

            Marien Ngouabi               

       

Assassinat politique

 

 

rendu public par Jean-Claude Mayima-Mbemba, ancien Rapporteur de la Commission ad hoc "Assassinats" de la Conférence nationale souveraine de Brazzaville, du 25 février au 10 juin 1991).

 

Sous ce titre se trouve l’histoire vaseuse du Congo politique des derniers jours du Président Marien Ngouabi (président du Congo de 1968 à 1977).

Il ne s’agit pas d’un roman. Ce travail est le résultat direct des enquêtes menées dans le cadre de la Conférence Nationale Souveraine (1991), par la Commission Ad hoc « Assassinats ». Le dossier était et est toujours sensible. L'un des enquêteurs, membre et président de la Commission "Assassinats" est mort depuis…

La recherche de la paix avait fait que seuls les travaux de cette commission, bien que lus publiquement en plénière, leur Rapport ne fut distribué à aucun des Conférenciers, à l'exception des membres de la ladite Commission et de ceux du présidium qui en détenaient des exemplaires. Bien entendu M. Sassou et ses amis en possèdent par le truchement du présidium.N'empêche que le Rapporteur de cette Commission a publié en 2004, sous forme de livre, le Rapport de ladite Commission, mais le livre est aujourd'hui introuvable du fait d'un Editeur qui s'est révélé véreux.

La lecture de ce document vous en donne la raison. Mais, pour la mémoire de ceux qui ont perdu leur vie, on peut aujourd’hui prendre connaissance de ces faits, tout en restant prudent si vous êtes au Congo. Le

Bonne et dramatique lecture.

N.B. : Cette introduction n’est pas de la Commission ad hoc « Assassinats ». Par contre le titre est bien de la Commission, ainsi que les notes.

Nous avons souligné en gras les noms des protagonistes pour qu’ils soient visibles. A l’époque des faits, dans son milieu, Sassou, devenu Sassou Nguesso par la suite, était plus connu sous le seul nom « Sassou ».

 

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Vie politique du Congo

 

Au sortir de son audience avec Ngouabi, Massamba-Débat, l’illuminé est très satisfait. L’entretien a été très serein. Il a averti son hôte du danger qui le guettait et a accompli ainsi son devoir devant Dieu. De plus, il peut désormais mesurer le désastre et l’étendue des problèmes dans le pays et sait que le régime Ngouabi est devant un cul de sac. Le moment venu, il fera appel à lui, ne serait-ce qu’en tant que Premier-Ministre. Dieu qui sait faire les grandes œuvres l’arrangera. Et d’ailleurs, n’avait-il pas commencé comme Premier ministre ? Il s’en réjouit et informe son groupe à qui il demande de persévérer dans la prière.

De son côté, Ngouabi est aussi satisfait. Au moins il a pu sortir des tracas quotidiens et se confier à un homme plus âgé, à un homme ayant l’expérience des affaires, qui a su surmonter les tractations du pouvoir et a eu le courage de partir quand il a compris qu’il aurait été inutile d’insister.

Ngouabi qui s’était mépris instinctivement des intentions de Massamba-Débat à la première lecture de sa lettre comprend alors qu’il s’agit d’un grand homme qui ne veut que son bien et celui de la nation.

Ne l’a-t-il pas informé de ce qui se tramait dans son entourage, chose qu’il suspectait lui-même depuis longtemps ?[1] [1]

Comment a  t-il pu douter de la bonne fois de cet homme ?

Trois jours seulement après cet entretien, Ngouabi reçoit tard dans la nuit un coup de fil du Président Omar Bongo du Gabon (sans doute mis au courant par le S.A.C [2] [2] de Débizet et les réseaux Foccart et Pasqua) qui lui demande de faire très attention. Mais Bongo reste volontiers évasif, sur les dangers contre lesquels il veut prévenir son interlocuteur car il sait que le téléphone n’est pas à l’abri des indiscrétions. Il insiste cependant sur sa mise en garde et conseille la vigilance [3] [3] à son correspondant.

Cette demi-confidence du Président gabonais ébranle de plus belle Ngouabi, qui vit depuis un certain temps des choses étranges dans son palais : son gros chien de garde vient de mourir dans des conditions louches, un gros serpent et un petit animal ont été aperçus dans la cour mais, n’ont pu être retrouvés malgré des recherches minutieuses. Enfin, la foudre s’abat presque régulièrement sur le palais[4][4].

 

Tout cela entame suffisamment son moral. Ngouabi, franc-maçon et « fétichiste » comme la majorité des chefs d’états africains, qui était même arrivé, poussé par le zèle à affirmer qu’il rêvait les coups d’états,[5][5] y trouve là les signes précurseurs de sa fin prochaine.

            Le grand problème pour lui est de savoir d’où et de qui exactement vient le danger pour qu’il puisse agir. Impossible, car son frère « Sassou », Monsieur le ministre de la défense et de la sécurité ne lui adresse plus de fiches d’informations. Perplexe et convaincu qu’il est victime d’une grande machination dans son entourage, Marien requiert les services du sous-lieutenant Mboro qui semble lui être resté très fidèle et lui demande de surveiller discrètement ses proches parents et collaborateurs.

            L’après-midi du 9 Mars 1997, Marien Ngouabi fait un cauchemar au cour de sa sieste : un commando attente à sa vie et l’échauffourée s’achève par 5 morts. Affolé, il appelle son chef d’état major général et lui ordonne le renforcement de sécurité du Quartier Général édicté depuis le début de l’année à la suite de l’attaque du personnel du réalignement du CFCO par le FLEC. Le même jour, tard dans la soirée, il appelle le président Massamba-Débat et lui expose tout ses problèmes notamment ceux d’ordre spirituels. Après l’avoir écouté tranquillement, Débat lui recommande de se confier à Dieu et promet de l’aider efficacement dans la prière.

            « … Ne vous en faîtes pas Monsieur le Président le bon Dieu vous sortira de ce guêpier. Rappelez moi  dans une semaine nous saurons ce que nous devons faire conclue t-il ».

            Malheureusement ni Massamba-Débat, ni Ngouabi qui tentent de se rapprocher  ne se doutent qu’ils sont placés sur écoute téléphonique et que leur conversation loin d’être secrète a été enregistrée. Pas plus d’ailleurs qu’ils ne savent que Ibara Denis, l’homme que Sassou (ne pouvant cumuler les fonctions) fait nommer à la tête des services spéciaux, et qui a assisté à leur entretien du 3 Mars dernier, en a fait un compte rendu détaillé à son patron  immédiat( Sassou ) et à Yhombi qui fait office de chef de clan kouyou.

            Le 11 mars à 19 heures, Yhombi qui est informé de la conversation téléphonique de Ngouabi et de Débat, convoque d’urgence un « conseil de famille » à son domicile. Y participent tous les grands du nord du pays en dehors des hommes des plateaux dont la position géographique prête souvent à équivoque. Ces derniers issus du royaume Téké et ayant souvent donné des indices de modération, occupent le centre du pays et ont toujours entretenus des rapports pacifique avec les « Bakongo » du Sud du pays.[6][6] : N’assistent donc à la réunion que : Assemekang, Mouassiposso, Anga, Sassou Nguesso, Okoko jacques, Ibara Denis, Ebaka Jean-michel et Engobo Bonaventure …. Pas questions bien entendu d’associer ceux qui sont très proches de Ngouabi : Issambo, Eyabo, Ongouya, Ewoloetc, de peur qu’il n’y est une fuite.

« …Marien nous a trahi, entame Yhombi. Il s’est rapproché de Débat et est capable de le ramener au pouvoir. Enfin, je préfère laisser parler Ibara Denis qui suit toute la situation… ».

Ce dernier prend la parole, commente l’audience que Ngouabi a accordée à Massamba-Débat en insistant sur l’appréciation qu’il a faite de ses collaborateurs, et termine par une diffusion de la conversation téléphonique.

-          Nous pouvons tout perdre, sauf le pouvoir, sursaute Jean Michel Ebaka à la fin du récit.

-          Il faut l’enlever, le faire partir et le tuer, renchérit Anga Pierre.

-          Pas question, tranche Sassou, je ne marcherai avec vous que si vous garantissez la vie sauve à Marien. N’oublions pas qu’il a beaucoup fait pour nous tous.

-          Oui, qu’il ait beaucoup fait pour nous, je n’en disconviens pas. Mais n’empêche que pour moi, mieux vaut perdre un Kouyou que de perdre le pouvoir. Et, c’est clair précise Jacques Okoko.

-          Qu’allons-nous faire demande alors Yhombi ?

-          Va c’est l’affaire des militaires. Réglez nous ce problème. L’essentiel comme l’a dit le jeune Sassou, c’est que Ngouabi reste en vie sinon comment l’expliquerons nous au village. Les gens seront divisés et ça ne nous aidera. J’insiste là-dessus, conclut le vieux Assemekang.

Nos complices se séparent.

De cette réunion, Ngouabi est aussitôt informé par Mboro qui suit effectivement le groupe. Maintenant qu’il connaît les têtes d’affiche du complot que l’on prépare contre lui, il faut qu’il gagne du temps en louvoyant afin de pouvoir refaire son système de sécurité sans attirer l’attention des autres. Il faut donc les rassurer qu’il ne cédera pas le pouvoir à Massamba-Débat.

Le 13 mars, il décide donc de jouer le jeu, et au cours du meeting organisé à l’occasion du treizième anniversaire de l’URFC, il prononce un de ces discours musclés dont il avait seul le secret, dénonce les menaces d’assassinat qui pèsent sur sa personne et incrimine « l’impérialisme français et ses valets locaux » d’en être les promoteurs.

Il informe publiquement le peuple du fond de la lettre de Massamba-Débat, rejette l’hypothèse de sa démission et affirme qu’il ne sera pas question de céder le pouvoir. « … Lorsque ton pays est sale et manque de paix durable, tu ne peux lui rendre sa propreté, et son unité qu’en le lavant avec ton sang … (et plus loin), le pouvoir ne se donne pas, le pouvoir s’arrache … », conclue t-il les yeux grandement écarquillés.

Au cours de ce meeting, il y a un fait amusant. Ngouabi qui arrive et salue les officiels, lance à Sassou : « Alors Denis, on se retrouve maintenant chez Yhombi ! ».

Nous voulons mettre en place une association, mon Commandant, répond ce dernier pris à contre-pied.

Alors, informez tout le monde, au lieu de le faire en cachette commente Ngouabi avant de s’installer sur son fauteuil. Mboro qui assure la      « couverture » de la manifestation dans le périmètre rapproché du Président, croise le regard de Sassou, sourit et se « grille » par cette maladresse. Il n’échappera pas à la purge.

Le meeting passé, Ngouabi appelle Massamba-Débat dans la soirée, lui explique qu’il est obligé de jouer le double jeu et le rassure du maintien du rendez-vous pris en semaine. A la suite de quoi, notre groupe qui suit attentivement faits et gestes de Ngouabi se réunit encore le 14 mars et décide d’agir.

Un plan est élaboré après maints débats, les uns proposant une action dans le palais, les autres penchant pour son arrestation en dehors de sa résidence.

Il faut le prendre dans sa résidence, devant sa femme et ses enfants. Je connais le terrain et je puis proposer un plan suggère Anga, de plus nous l’avons eu mystiquement ; ce sera facile ajoute t-il.

-          Non, il y aura trop de risques. N’oublions pas qu’il nous le faut vivant précise Sassou.

- Dans ce cas propose Yhombi, je vais l’inviter à inaugurer le tronçon Obouya Owando qui est presque achevé. Il suffira seulement de bien choisir l’équipe qui l’accompagnera. Nous l’arrêterons sans problèmes, et l’assignerons à résidence à Owando, pendant que nous occuperons Brazzaville.

-          Avez vous pensé à la réaction de la population interroge Sassou . Comment serons-nous considérés par nos parents ? Comme des traîtres évidemment. Je crois savoir que Marien a encore sa côte au village. Non, il vaut mieux que ça soit ici et nous l’expliquerons après aux parents. Il suffira alors de dire que Ngouabi s’apprêtait à trahir la révolution, à remettre le pouvoir à Massamba-Débat et que le haut commandement avait été obligé de l’arrêter. Et puis, je m’en doute qu’il puisse accepter la proposition d’aller sur Obouya maintenant qu’il se méfie de nous.

-          Que faire alors Denis, demande Ebaka ?

-          Je ne sais pas encore répond Sassou. Je n’ai pas de plan précis. Ce que je sais, c’est qu’il faut agir vite, en tout cas dans la semaine. Il faut éviter que Marien ne se ressaisisse et ne bouleverse son système de sécurité. La première des choses à faire serait à mon avis de déstabiliser la garde, d’éviter une concentration des troupes autour de Marien, de créer une sorte d’activité de divertissement.

-          On pourrait proposer l’organisation d’un festival sportif à l’occasion de l’anniversaire de son accident d’avion[7][7], avance Engobo Bonaventure. Cela fait exactement un an que le truc a eu lieu et le chef ne se doutera de rien. Bien au contraire il s’en réjouira.

-          Tâchez de le convaincre reprend Sassou, surtout soyez prudent car il ne faut pas qu’il se doute de quelque chose. Par ailleurs, il nous faut discuter avec l’étranger, pour bénéficier de son soutien en cas de besoin. Il nous faut par exemple débloquer la situation avec les pétroliers afin de payer les salaires dès notre prise de pouvoir si l’on veut être accepté par le peuple.

Le grand frère Ebaka ira dans la semaine en France pour cela. Ngouelondelé y a pris déjà des contacts sûrs. Ibara Denis ira dès demain en Côte d’Ivoire, et informera le Président Houphouet Boigny. Inutile cependant de saisir les chefs d’Etats d’Afrique centrale ; ils sont tellement liés et risquent de le prévenir. Le président Bongo a déjà tenté de le faire. Je me chargerai d’informer nos amis de l’Est en passant par les Cubains avec qui j’ai déjà des contacts. Nous agirons à la première occasion. Gardons donc le contact.

-          Dois-je annuler l’inauguration d’Obouya ? demande Yhombi qui n’a plus de contact avec l’armée et accepte donc de se fier à l’action de Sassou qu’il sous-estime. Après tout c’est un cadet, de surcroît moins gradé, il ne peut travailler que pour moi et d’ailleurs qui voudra d’un coureur de jupons à la tête du pays ?

-          Surtout pas, reprend Sassou qui entend être au centre de l’organisation et s’imposer après. Marien risquera de se douter de quelque chose et nous aurons des difficultés à agir. N’oubliez pas qu’il m’a déjà interpellé à propos de notre dernière réunion. J’ai été obligé de répondre que nous entendons former une association. Sans doute il nous fait suivre, et.. je suis même sûr que c’est le lieutenant Mboro qui s’en charge. Enfin… on verra.

La réunion terminée, le groupe s’affaire, Engobo Bonaventure, le chef de la sécurité rapprochée et Mouassiposso le chef du protocole, finissent par convaincre Ngouabi de l’organisation d’un festival sportif, et en confient la responsabilité à Ewolo Oscar le chef de la garde présidentielle. Il s’ouvrira le 16 mars 1977 sous la présidence de Mouassiposso.

Entre temps, Ibara et Ebaka ont voyagé[8][8], Yhombi s’en est allé à Owando pour l’inauguration de son tronçon, et les conjurés guettent l’occasion propice.

Dans la soirée du 16 mars, Ngouabi qui ne cesse d’être inquiet sur sa situation et ne dort presque plus, reprend contact avec Débat comme convenu. Ce dernier lui rend compte de la réponse apportée par le Seigneur sur son cas en ces termes :

      « … Monsieur le Président, le danger qui vous menace est toujours là, présent et se rapproche même. Mais gardez votre foi en Dieu ; il nous aidera. Ce qu’il nous reste à faire, c’est de vous joindre à nous dans la prière. Il vous faut intégrer le cercle afin de vous placer sous la protection de Dieu. Et cela le plus rapidement possible. C’est en tout cas la réponse que nous avons reçu après nos prières…

- Mais doyen, vous savez bien que c’est impossible. Officiellement, je suis marxiste et je ne prie pas. Que diront les autres ? Ce sera l’occasion où jamais pour eux de me débouter du parti et me déposer.  Non, vraiment, je crois que c’est impossible.

- Peut-être, mais c’est la seule solution. Nous aurons beau prié pour vous et c’est d’ailleurs ce que nous n’avons cessé de faire depuis que vous nous l’avez demandé. Mais votre participation personnelle est indispensable. Et puis, il y a une cérémonie d’imposition des mains, une sorte d’exorcisme que nous devons faire sur vous. C’est la voie indiquée par le Seigneur. Comment pourrions-nous le faire si vous n’êtes pas là ?

N’oubliez pas que le Seigneur a dit :

« Là où deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux … et aide toi, le ciel t’aidera

- Oui, je comprend doyen ; je suis en train de voir comment le faire sans attirer l’attention des autres et surtout de la direction du parti. Et, ça se passerait où, quand et à quelle heure ? Peut-être qu’on pourrait alors voir…

- Quand ? En tout cas comme je l’ai dit tout à l’heure, le plus rapidement possible. Disons dès demain ou après-demain. Où ? Chez moi. Ce serait plus prudent et plus sécurisant. A quelle heure ? dans la journée. Ce serait anonyme et les gens éviteront de vous prêter des intentions. La seule chose sur laquelle j’insisterai c’est le temps. Il faut que l’on commence vite.

- Hum ! Bon. Après tout, je n’ai pas le choix. Disons …, vendredi, c’est-à-dire après-demain dans l’après-midi à 15 heures. Est-ce que ça vous va ? … L’ennui, maintenant que j’y pense, c’est que je serai obligé de venir seul. Avec tout ce qui se passe autour de moi, je n’ai plus confiance en personne et d’ici que toute la ville en parle… ; ce ne serait pas étonnant.

    - Ah non ! Il n’est pas question que vous venez seul. Ce serait trop risqué. En tout cas, je ne veux pas partager ce risque avec vous. Il faut être très prudent maintenant. N’oubliez pas que tout en étant fils de Dieu, l’on avait été obligé de protéger Jésus pour éviter qu’on lui tranche la tête par …

Je vous enverrai des frères, les mêmes que ceux qui constituent le groupe pour assurer votre couverture. Ils seront conduit par Kikadidi que vous connaissez très bien et pourront se déguiser en militaires pour qu’ils ne soient pas reconnaissables…

-          Ah ! Akim ! Oui c’est un collègue, même s’il m’en veut un peu de l’avoir sorti de l’armée. Nous en reparlerons d’ailleurs. Qu’ils soient là entre 14 heures et 14 heures 30 minutes. Je donnerai des instruction pour qu’on les laisse passer.

-          Ok, monsieur le Président. Entendu comme ça. Bonne nuit et que la paix du Seigneur soit avec vous. Surtout ne désespérez pas et remettez tout à Dieu.

-          Merci beaucoup doyen. Bonne nuit à vous également… »

Aussitôt la machine de Sassou qui bénéficie de l’écoute téléphonique se met en branle. Il ne faut point autoriser cette rencontre avec Débat et arrêter ce traître de Ngouabi. Mais comment procéder ? Quel type de piège lui tendre ?

Pour répondre à cette embarrassante question, Sassou consulte l’agenda de Ngouabi. Aucune sortie n’est programmée le 17. Par contre, le 18, Ngouabi doit dispenser un cours à l’université[9][9], mais il n’est pas possible d’y opérer. Merde ! Que faire alors ?

A force de creuser. Youpi ! C’est trouvé, le calendrier des opérations militaires annonce pour le 18 un exercice au champ de tir sous la direction du capitaine Motando, ce jeune officier de la Likouala, sorti nouvellement de l’académie militaire soviétique, que Marien se propose de nommer Chef d’état major particulier à la présidence. Il serait en quelque sorte un conseiller militaire du chef de l’Etat et devrait réorganiser sa garde et sa sécurité.

Tenant compte de la sympathie que Ngouabi a pour ce jeune, il se précipitera dès qu’il sera question de lui. On lui dira qu’il a eu un incident au champ de tir et il s’y rendra. Mais comment l’arrêter au champ de tir ? L’endroit est désert et Ngouabi apercevra de loin le comité d’accueil qui sera mis en place pour la circonstance. Il pourra alors rebrousser chemin.

Et si on l’invite dans un domicile ? Oui, mais ce domicile devra être vide si l’on doit éviter les témoins gênants et s’il est vide, Ngouabi risquera aussi de s’en méfier. Quelle impasse ?

Puis soudain, tiens, tiens, tiens. Utiliser le même argument et l’inviter dans un hôtel le «  Mistral » où Lekoundzou directeur de la SICAP [10][10] à Pointe-noire en mission à Brazzaville est  descendu. L’hôtel sera fermé toute la matinée pour des raisons d’Etat afin qu’il n’y est presque pas de monde et utiliserons la chambre numéro 8 de Lekoundzou pour lui tendre un guet-apens.

Dans un hôtel et en plein jour, Marien ne se doutera de rien et tombera dans le panneau. Mais il faut veiller à ce qu’il vienne seul. Il faut donc l’isoler. Assis Engobo Bonaventure s’envole t-il le 17 mars pour Owando, où il doit récupérer l’épave de l’hélicoptère dans lequel Marien Ngouabi avait failli trouver la mort.

Parti en réalité pour informer  Yhombi de l’évolution de la situation et des dernières dispositions arrêtées pour le putsch, Engobo qui rentre de cette prétendue mission [11][11], le lendemain 18 mars au environ de 11 heures, ne fera jamais signe de vie avant 15 heures, c’est-a-dire avant que le crime ne soit consommé. Il sera d’ailleurs promu officier d’ordonnance de Yhombi après le coup d’état. Okemba Maurice, l’officier d’ordonnance de Ngouabi a, lui, sollicité une permission d’absence auprès du président pour aller jouer au ballon militaire et retirer ensuite les examens de son fils au laboratoire national[12][12].

Après ses courses, Okemba qui sera nommé quelque temps après Directeur de la radio puis, Attaché militaire à Moscou, aurait téléphoné à son service pou savoir si le président avait besoin de lui. Et, comme ce n’était pas le cas, il serait allé se reposer chez lui . Le lieutenant Tsangabeka qui avait été désigné pour remplacer Okemba prétendra à son tour être allé prendre son repas au moment où Ngouabi aurait trouvé  la mort .

Mouassiposso, le chef de protocole aurait achevé sa demi-journée et laissé le président à table[13][13]. Enfin, Itoua Ndinga, un autre membre de la sécurité rapprochée de Ngouabi , se serait retrouvé en manœuvre militaire sur la route du Nord dans le cadre d’une formation militaire.

En somme, un véritable vide créé intentionnellement autour de Ngouabi qui  ne s’en inquiète pas outre mesure puisqu’il lui facilite son rendez-vous avec « Akim ».

Ce qui arrange aussi ses protagonistes, décidés à le prendre dans leur filets.

Vendredi 18 mars 1977 à 9 heures, le président Ngouabi est  allé donné son cours à la faculté des Sciences de Brazzaville. Il est accompagné de Pereira (un beau frère) qui fait office de chauffeur, et de Tsangabeka, comme aide de camp. Son cours fini, il rejoint directement son bureau. Il est 11 heures passées de quelques minutes ; il signe son courrier et entreprend d’accorder des audiences.

De 11 heures 30 minutes à 12 heures 30 minutes, il reçoit d’abord le commandant Mbia, chef d’état major de l’ armée de terre qu’il a fait prévenir dans la journée[14][14] et qui doit lui rendre compte de l’état d’avancement du document sur la réorganisation de l’armée qu’il lui a demandé de concevoir. Pendant qu’ils discutent, est annoncé le président de l’Assemblée nationale, Alphonse Mouissou-Poaty ; Mbia se retire par courtoisie et Ngouabi accorde une trentaine de minutes à son nouveau visiteur avec qui il traite de l’atmosphère politique qui prévaut dans le pays.

Peu avant 13 heures, Ngouabi reçoit le cardinal Emile Biayenda que Mouassiposso a introduit avant de s’éclipser furtivement. L’archevêque de brazzaville est venu solliciter la restitution au clergé d’une concession appartenant au couvent Jahavouey et expropriée par l’Etat congolais après la nationalisation de l’enseignement en 1964. Cependant, l’entretien ne dure pas car dix minutes après, le président reçoit un coup de fil[15][15], décroche le téléphone et suit son interlocuteur ; son visage s’assombrit et il coupe la communication en disant : « bien j’arrive tout de suite… ».

Marien Ngouabi qui semble abattu par la nouvelle qu’on vient de lui communiquer rejoint le prélat resté assis au salon et s’excuse en ces termes : « Monseigneur, je m’excuse d’être obligé d’interrompre notre entretien. Je vous recontacterai mais vous pouvez être tranquille, votre problème sera réglé. Je suis obligé de partir d’urgence car un de mes collaborateurs a eu un incident au champ de tir où des éléments se sont canardés entre eux. Je dois donc aller m’enquérir sur le terrain… » Le cardinal se lève, remercie sincèrement son hôte et s’en va.

Marien Ngouabi par son secrétariat donne des instructions à propos de l’arrivée d’une 404 blanche. Les visiteurs doivent l’attendre, il demande à Ntsangabeka de décommander le rendez-vous pris avec le docteur Lomina et livre à Ontsou qu’il vient de recevoir un message du ministre de la défense selon lequel le capitaine Motando aurait eu des problèmes avec la troupe au champ de tir et se serait réfugié à l’hôtel Mistral. Conduit par Pereira et couvert par Okamba, un jeune élément de la garde présidentielle qu’il désigne au hasard pour l’accompagner, Marien, ha       billé en abacost de couleur rouge-bordeaux depuis le matin, très inquiet pour Motando, oublie de prendre les précautions d’usage et fonce à l’hôtel Mistral.

Après tout, le message ne vient-il pas de Sassou en qui il a encore un minimum de confiance, même si ce dernier avait eu entre temps le culot de draguer[16][16] sa femme. D’ailleurs, il ne croit pas que Sassou pousserait le bouchon jusqu’à le déposer. Il est beaucoup plus préoccupé par les femmes que par le pouvoir. Yhombi oui, mais pas Sassou ; il est encore trop jeune et le prouve par son comportement.

Le voici à l’hôtel Mistral qui semble désert. Dans la cour, quatre voitures anonymes dont celle de Mouassiposso. Ngouabi ouvre la portière et descend promptement pendant que le chauffeur se gare et attendra là le retour de son chef. Devant le perron apparaît Lekoundzou qui vient à la rencontre du président.

-          Alors Justin, où sont-ils ?

-          Ils sont dans ma chambre chef ! Au premier.

-          Que s’est-il passé ?

-          Je ne sais pas exactement chef !

Les deux hommes discutent, entrent dans l’hôtel et gravissent les marches suivis à cinq mètres du jeune Okamba qui par respect reste à l’écart et ne capte rien de la conversation. Lekoundzou ouvre la porte et invite le président à entrer. Ce dernier qui ne se doute de rien, trop préoccupé par la situation de son poulain Motando franchit ainsi le seuil. Lekoundzou referme la porte derrière lui. Le garde restera dans le couloir.

A l’intérieur, Ngouabi se retrouve devant un groupe d’hommes dont il reconnaît Anga, son ennemi juré, Carlos le médecin cubain qui rôde toujours dans la résidence présidentielle et Mouassiposso. L’effet est total, le piège implacable. En une fraction de seconde, il comprend qu’il est tombé dans un traquenard, et demande à Lekoundzou qui se tient debout à la porte en montrant du doigt Anga : « Mais qu’est-ce que ce fou fait ici… ? »

Il esquisse un geste pour dégainer son pistolet, mais trop tard, ses assaillants lui tombent dessus pour le maîtriser, tandis qu’Anga saisi d’une fureur démoniaque sort son poignard et l’enfonce à la hauteur du cou du Ngouabi en hurlant :

« … Je t’avais prévenu. Je ne suis pas un fou et tu ne le répèteras plus jamais… ». Le sang gicle en Anga emporté comme un véritable fou continue à poignarder Ngouabi dans le dos en dépit de l’instruction formelle reçue de le prendre vivant. Les autres assaillants surpris par la rapidité de l’agression de Anga n’ont pu intervenir. Ngouabi gît au sol dans une flaque de sang, blessé mortellement. Son agresseur s’étant retiré dans un coin pour ruminer encore sa colère et savourer à la fois sa vengeance.

Lekoundzou qui a assisté impuissant à la tragédie, mesure rapidement sa responsabilité, sort précipitamment de la chambre en claquant la porte derrière lui, descend à la réception de l’hôtel et donne un coup de fil à Sassou encore au ministère de la Défense, alors que c’est l’heure de la pause journalière[17][17]. Il est 13 heures 25 minutes et Sassou arrive en trombe au Mistral en compagnie de Ntsiba, qu’il met rapidement au courant de la tournure dramatique prise par les évènements.

Vite au premier. Dans le couloir, le jeune Okamba de la garde présidentielle innocent continue à faire les cents pas. Il ne s’est rendu compte de rien car il ne pouvait pas se planter juste devant la porte au risque d’écouter ce qui se dirait à l’intérieur. Dans l’esprit de ce jeune qui claque les talons au passage de Sassou et Ntsiba, le président discute avec collaborateurs et ne court donc aucun danger.

Ca y est ! Il se souvient que d’après la conversation téléphonique interceptée par ses services, le groupe Kikadidi serait au palais dans quelques instants. Il faut leur coller le meurtre sur le dos.

« … Justin, lance t-il à Lekoundzou, demande au jeune de la garde présidentielle et au chauffeur d’aller chercher une nouvelle tenue chez Marien. Trouve une raison pour ne pas éveiller les soupçons. Il faut faire vite. Et vous, dit-il à Mouassiposso et au cubain du groupe, prenez le corps et emmenez le à la douche, nettoyez le correctement. Vous ferez la propreté dans la chambre après… »

Lekoundzou sort, interpelle le jeune Okamba toujours et lui dit que le chef vient de se tâcher avec du vin et demande une nouvelle tenue propre pour se changer. Revenu dans la chambre, Lekoundzou trouve Sassou en train d’expliquer son plan.

« … Un groupe d’hommes arrivera tout à l’heure à la présidence. Ils avaient rendez-vous avec Marien. Ce sont les prieurs de Massamba-Débat. Nous allons rejeter sur eux la responsabilité du meurtre. Anga et le docteur Carlos ramèneront le corps de Marien bien habillé. Il ne faut pas que ceux qui pourraient voir la voiture s’aperçoivent qu’il est mort. Donc vous devriez vous arranger pour bien le soutenir. Arrivé à l’Etat-major, vous abandonnez le corps vers le garage pendant que le groupe de prieurs sera installé dans la maison. Vous obligerez alors au jeune de la garde présidentielle d’entrer au secrétariat et d’attirer les prieurs vers le corps de Marien et vous les abattrez en provoquant une fusillade généralisée. Ce sera la preuve de leur présence au palais. Nous verrons après ce qu’il faudra faire. »

« … Florent, dit-il à Ntsiba, il faut que tu sensibilises tes petits qui sont en poste au secrétariat de ne pas intervenir au moment de la fusillade et lorsque les gens leur poseront la question de savoir ce qui s’est passé, ils n’auront qu’à dire que c’est le capitaine Motando qui a tiré sur le président. Autre chose ? Arrangez-vous pour que la blessure de Marien ressemble à l’action d’une balle… »

Après avoir donné ces instructions, Sassou sort et rentre droit chez lui, complètement abattu par ce qui vient d’arriver, espérant que cette sortie improvisée

 ne connaîtra pas de faille. Anga qui a suivi les ordres de Sassou, le rejoint au moment où il s’apprête de sortir :

« … Je regrette mon commandant, je ne sais pas ce qui m’est arrivé. Merci pour ce que vous faites pour me sauver… »

- Ca va répond négligemment Sassou. Faites surtout attention maintenant… Justin, appelle moi à la maison après la fusillade, lance t-il avant de sortir.

Lorsque le jeune Okamba ramène l’abacost beige que madame Ngouabi vient de lui remettre, il est cette fois introduit dans la chambre et se voit assigner le rôle défini par Sassou. Il comprend ce qui vient de se passer et ne peut bien sûr pas refuser, car il sait qu’il est maintenant un témoin de la mort de Marien et que les coupables n’hésiteraient pas à tuer.

14 heures 15 minutes, le groupe Kikadidi déguisé en militaires comme convenu entre Débat et Ngouabi arrive à l’Etat-major. Les consignes étant données, il n’a aucun problème pour traverser les barrages, gare devant le perron de la résidence présidentielle.

Au moment de descendre, Kikadidi propose à ses compagnons de prendre leurs armes. Tadet s’y oppose… : « je comprends que tu aies encore les réflexes militaires, mais nous n’en aurons besoin éventuellement que lorsque nous escorterons le président… » Ils entrent dans le secrétariat ; Kikadidi garde quand même son pistolet à la hanche.

Au nombre de cinq[18][18], ils seront reçus par Ontsou et Péa, programmés spécialement pour assurer la permanence ce jour ; le premier ayant été enrolé dans le complot sur la base tribale par Florent Ntsiba. Il est Batéké comme lui et vient de recevoir les dernières instructions de Ntsiba. Ontsou installe Kikadidi qui porte les galons de capitaine dans la salle d’attente et les quatre autres au secrétariat. Nkomo et Elouo se trouvent dans le bâtiment annexe vers la villa « Shanghai ».

Instinctivement, il demande poliment au capitaine qu’il ne connaît même pas de nom de faire déplacer la voiture et Kikadidi désigne Kandza à cet effet. Le président est sorti pour une urgence et a demandé que vous l’attendez leur a t-on fait croire. Rien donc ne peut les inquiéter.

La journée est ensoleillé et calme. Les parents de Marien ont pris leur repas et se reposent. Les deux belles sœurs et la nièce discutent des futilités juvéniles au salon, le petit Marien est allé prendre sa douche à la piscine, tandis que ses frères cadets jouent dans les chambres.

« … Vous me ferez signe lorsque le président sera là pour que je descende, lance à ses sœurs madame Ngouabi qui monte péniblement se reposer à l’étage ». Elle est à terme d’une grossesse et très fatiguée.

Entre-temps, Kandza qui a des difficultés à déplacer la voiture voit arriver la 504 noire du président et suspend sa manœuvre pour la laisser passer. Il est 14 heures 25 minutes.

Cinq hommes sont à bord de la voiture : Pereira le chauffeur qui a Okamba à sa droite, Carlos et Anga qui encadrent et soutiennent le corps de Ngouabi à l’arrière. La voiture se dirige vers le garage et marque un arrêt à mi-chemin. Anga et Carlos armés de PMAK balancent rapidement le corps de Ngouabi dont la mâchoire a été entre temps brisée et ils abandonnent un pistolet à côté du macchabée avant de s’enfuir l’un vers la villa « Shanghai » et l’autre vers la piscine.

Pendant ce temps, Pereira qui, pris au piège comme Okamba, rentre la 504 dans le garage, abandonne les clefs de contact sur le tableau de bord et s’enfuit. Tout se passe tellement vite que Kandza qui assiste à la scène, ne comprend rien. Il se demande s’il doit continuer sa manœuvre ou sortir de la voiture pour aller voir ce qui se passe.

Juste à ce moment il voit sortir à pas pressés Péa, Mienakou et Koudissa qui dévalent les marches du perron et se dirigent vers le corps de Marien abandonné par ses assassins. Okamba qui est rentré au secrétariat leur a dit que le président ne sentait pas bien, venait de s’écrouler.

A peine, nos amis sont-ils arrivés à la hauteur du corps qu’ils sont cueillis par une rafale tirée par le docteur Carlos qui s’est fait son excellent angle de tir entre le garage et la villa « Shanghai ». kianguila qui suit les trois hommes avec quelques mètres de retard a juste le temps de rebrousser chemin et de lancer à Kandza, « filons ». Cet ancien de la Défense Civile réagit aussitôt. Il sort de la 404, tire quelques rafales pour couvrir sa fuite et suit Kianguila à toutes jambes.

Tous les deux franchissent facilement le mur arrière de l’Etat-major et atteignent Bacongo en passant par les jardins de la corniche. Pendant ce temps, le docteur Carlos continue à tirer et abat un élément de la garde présidentielle qui sort de sa guérite et qui tente de s’élancer vers la résidence. Carlos cherche à créer l’atmosphère. Il faut donner l’impression d’une attaque générale du palais présidentiel.

Anga n’a pas attendu ; il se rend immédiatement au groupement aéroporté où il est malgré l’interdiction de pénétrer dans les casernes dont il fait l’objet, le premier à informer le camp, de la mort de Ngouabi une dizaine de minutes seulement après la fusillade.[19][19]

De son côté, Kikadidi coincé dans la salle d’attente, comprend vite que son groupe est tombé dans un traquenard. Il casse alors le carreau d’une fenêtre et s’enfuit lui aussi. Il rejoindra le domicile d’un parent (Mayouma) et s’y cachera pendant onze mois. En ce qui le concerne, les intentions de ceux qui l’avaient installé dans d’attente étaient claires : il devait constituer la pièce maîtresse à conviction trouvée dans la résidence du chef de l’Etat.

C’est ce qui explique que Ontsou qui reste dans le secrétariat pendant la fusillade et n’apparaît au perron qu’au dernier moment, préfère tirer en l’air plutôt que d’attaquer Kikadidi et ce, jusqu’à l’arrivée des premiers éléments de la garde conduits par le lieutenant Sibali à qui Ontsou dit que le commando se trouvait dans la maison.

On lui imposera bien entendu le supplice d’accréditer le mensonge officiel à la faveur de quelques « pesetas ».

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N.B. Yhombi devint président de la république 1977-79. Sassou Nguesso lui souffla la place le 5 février 1979. En 1987 Anga rentre en rébellion et meurt au maquis. Ntsiba tente de revendiquer sa part du pouvoir et s’agite pour rafler la place à Sassou Nguesso, mais n’y parvient pas. Il est devenu l’ami intime de Sassou Nguesso, au gouvernement jusqu’à ce jour. Lekoundzou aussi, indétrônable dans le cœur de Sassou Nguesso.

Le groupe des prieurs avait été immédiatement décimé. Ainsi que tous ceux que le hasard a fait croiser avec la 504 noire du président, ce jour là.

Le cardinal Biayenda sera tué par des jeunes de la tribu, qui, montés par le mensonge officiel, se crurent en devoir de venger le leur, puisque le cardinal avait rencontré le président et l’avait affaibli de ces pouvoirs magiques qui le rendaient invulnérables.

La veuve Ngouabi bénéficia d’une pension confortable budgétisée, ainsi que les enfants Ngouabi.

Comment le président avait-il pu se rendre à cet hôtel pour un cas qui était dans les limites de l’armée et donc devait se passer dans un camp militaire ? pose un problème de compréhension… On peut tout autant dire que Ngouabi s’était fait avoir par sa sensibilité ethno-tribale (tous les éléments de la garde présidentielle étaient presque de sa tribu et tribu voisine).

Assemekang (feu) est resté à vie président de la cour suprême ; J. Okoko procureur de la république jusqu’au procès des supposés assassins de Marien devint avocat et très riche. Aujourd’hui en France. Les militaires du complot montèrent vite en grade. L’ethnisation politique s’est renforcée.

 

ATTENTION, Les ASSASSINS sont encore en vie et sont toujours prêts à tuer pour ce fait.

 

P.S. : Ce document a été rédigé en 1991. Nous n’y avons rien changé, en dehors de quelques commentaires en italique.


[1][1] En 1976, un climat morose s’installe progressivement au sein de la garde et les milieux rapprochés du Président Ngouabi. Non seulement la restructuration de la garde qu’il a initié à la suite de son incident avec Anga n’est pas efficace en ce qu’elle multiplie les pôles de décisions, mais encore dans ce pays où le clientélisme s’est installé, la course aux avantages matériels constitue la préoccupation de chacun. Aussi, lorsque Ngouabi est emmené coincé par les problèmes financiers à imposer une certaine austérité, et à réduire les dépenses de la présidence la quasi totalité des éléments de la garde présidentielle qui ne justifiait leur présence dans ce corps à « hauts risques » que par la redistribution de ces miettes substantielles, perd toute combativité et entrain ; des demandes de mutation affluent. Des fois, Ngouabi, de retour de randonnée tard dans la nuit, trouve les sentinelles complètement endormies et sait que sa ceinture de protection n’est plus fiable.

Ewolo, le nouveau chef de corps qui n’a plus de caisse noire comme son prédécesseur perd le contrôle de la troupe et s’en plaint régulièrement. « … Du temps de Anga, les choses ne se passaient pas comme ça, chef… », s’entend-il souvent répéter par ses subalternes. Ngouabi informé, propose une « politisation » du corps qui ne verra jamais le jour.

[2][2] Service d’Action Civique

[3][3] Confirmé par Tsangabeka son aide de camp à qui Ngouabi en a parlé.

[4][4] Faits confirmés par l ‘entourage immédiat de Ngouabi

[5][5] Dans de nombreux discours publics

[6][6] « … Monsieur le président, s’était écrié le procureur Jacques Okoko, parlant d’un témoin au procès de janvier 1978 : Même les Batékés cherchent à avoir le pouvoir dans ce pays ?… Phrase tout à fait symptomatique du complexe de supériorité entretenu par le sentiment tribal des hommes du « Nord ». 

[7][7] Un an auparavant, Ngouabi échappe presque miraculeusement à un accident d’avion à Owando où il passe ses vacances.

[8][8] Deux missions qui n’ont jamais eu de traces dans les archives de l’Etat.

[9][9] Ngouabi, qui s’est remis dès son arrivée au pouvoir sur le banc de l’école, par complexe, a réussi à traficoter un D.E.A. de physique, et s’est fait autoriser à encadrer les travaux dirigés à l’université de Brazzaville.

[10][10] Entreprise d’Etat

[11][11]Selon Okemba, cette mission était pourtant décommandée officiellement, l’épave de l’hélicoptère ne pouvant entrer dans les appareils disponibles à la base aérienne de l’armée congolaise.

[12][12] Comme si, à un moment où la sécurité du président était effectivement menacée, ces deux courses étaient primordiales.

[13][13] Il est très important de faire remarquer que les déclarations de Mouassiposso et Tsangabeka ont été contradictoires :

« … Le 18 mars, déclare Mouassiposso, j’ai discuté avec le président d’un problème de presse. Nous sommes sortis de son bureau, je l’ai accompagné jusqu’à sa résidence. Le président est allé à table. Maître Okemba lui a amené à manger. Je lui ai dit « Monsieur le président, bon appétit, et à bientôt, et je suis parti.(…) Il était 13 heures passées ».

 

« A 14 heures 10 minutes déclare par contre Tsangabeka, le Président a reçu un docteur qu’il avait fait venir. Il l’a fait repartir avec la décision qu’à 15 heures, je partirai moi-même le chercher…Nous avons quitté la villa « Changaï », il était 14 heures 10 minutes, le Président n’avait pas encore mangé.

 

-          Avez-vous vu le Président manger ?

-          Non, je l’ai vu aller s’asseoir à table, mais il n’avait pas encore commencé à manger quand je suis parti.

-          Avec qui était-il assis à table ?

-          Quand le Président est allé à table, je l’ai vu aller s’asseoir seul

-          Entre vous et Mouassiposso, qui a quitté la résidence le premier ?

-          C’est Mouassiposso

-          L’avez-vous vu partir ?

-          Non, j’avais fait un tour. Et quand je suis revenu, je n’ai plus revu la voiture de Mouassiposso(cf. primitif des auditions en commission)

 Il est évident que ces deux hommes tentent de corroborer le mensonge officiel et que ni l’un ni l’autre n’a vu le Président s’installer à table. Combien de temps le Président serait-il resté à table s’il avait trouvé la mort à 14 heures 30 minutes ?

[14][14] Par le capitaine Tsétou

[15][15] De la part de son ministre de la défense

[16][16] Confidence faite par le chef de l’Etat à Ewolo Oscar

[17][17] Les horaires de travail dans les administrations étant à cette époque de 7 heures 30 minutes à 12 heures et de 14 heures 30 minutes à 17 heures.

[18][18]Kikadidi, Kandza, Kianguila, Mienakou et Koudissa Tadet.

[19][19] Confirmé par le général Ngollo.

 

 

Un Dictateur n'a pas de concurrent à sa taille tant que le Peuple ne rélève pas le défi

 

 
 
 
 
        

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16 mars 2015 1 16 /03 /mars /2015 21:23

 

 

 

Monsieur Bienvenu MABILEMONO FAIT DES RÉVELATIONS SUR LE PARCOURS POLITIQUE DU DICTATEUR Denis SASSOU NGUESSO 

 

 

         

         http://https://www.youtube.com/watch?v=ri_S6xM359o              

       

 

 

 

 

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16 mars 2015 1 16 /03 /mars /2015 18:11

 

Auteur: Propos recueillis par Jean-Paul Tédga

 

L'ancien premier ministre Alphonse Souchlaty Poaty incrimine le Dictateur Denis SASSOU NGUESSO 

 

 

         

       Denis Sassou Nguesso, sur les berges du fleuve Alima, à Oyo, en février 2011. 

            Le Dictateur  Denis Sassou Nguesso, sur les berges du fleuve Alima, à Oyo, en février 2011

 

       

 

 


Les propos d’Alphonse Souchlaty Poaty, contenus dans cette interview, sont à faire couper le souffle. D’une précision chirurgicale, il donne les noms, les lieux, le moment, des faits pour lesquels il incrimine Denis Sassou Nguesso. Ancien premier ministre de 1989 à 1990, il accuse Sassou d’être un criminel hors pair, qui a fait du Congo, une république bananière. Sans passer par quatre chemins, il demande, sans hésiter, la démission de Denis Sassou Nguesso tout en s’insurgeant contre le changement de la constitution.

AFRIQUEDUCATION : Vous êtes un ancien premier ministre du Congo, installé entre la France, l’Afrique du Sud et le Congo. Vous n’êtes plus très actif dans la politique et vous ne militez dans aucun parti politique. Vous avez quitté les affaires publiques, exactement, le 3 décembre 1990, c’est-à-dire, il y a 25 ans. Pourquoi faites-vous l’objet d’un harcèlement, sans cesse, ni vu ni connu, du président, Denis Sassou Nguesso ? En 1993, alors que le Congo était présidé par le professeur, Pascal Lissouba, et que vous n’étiez qu’un simple citoyen, Sassou vous a fait kidnapper, à l’aéroport de Johannesburg, en Afrique du Sud, sous la présidence de Thabo Mbeki. Que s’est-il, réellement, passé et comment vous en êtes-vous sorti ? D’autre part, vous avez, déjà, été empoisonné une vingtaine de fois, ce qui peut paraître excessif. Pourtant, c’est vrai. Comment cela s’est-il passé et comment vous en êtes-vous sorti indemne ?

Alphonse Souchlaty Poaty : Je dois tout d’abord vous remercier de me donner l’occasion de m’exprimer par votre grand média. Il y a bien longtemps que je suis sorti de la politique par la grande porte, en démissionnant des fonctions de premier ministre que j’assurais jusqu’au 3 Décembre 1990 dans mon cher Congo ! En rompant le silence, je voudrais vous dire pourquoi j’ai refusé de cautionner la comédie du pouvoir tel que le concevait et le conçoit toujours le Président Denis Sassou Nguesso dans sa quête de puissance absolue.

Je suis parti de la primature de mon propre chef, ce que Sassou déteste. Il l’avait pris pour un affront, estimant sans doute qu’il lui appartient seul de nommer et de destituer les membres du Gouvernement. C’est pourquoi, il m’en veut terriblement jusqu’à présent.

Pour lui, j’aurais commis un crime de lèse-majesté en lui remettant une lettre caustique en pleine réunion du bureau politique du PCT sans l’avoir préalablement averti au moment où la classe politique et le peuple congolais réclamaient des changements démocratiques, que ni le PCT ni lui-même ne voulaient mettre en œuvre. Or, moi je ne suis pas un homme de parti ou d’appareil. Je suis un homme d’Etat et j’ai toujours agi comme tel.

Vous me parlez de commando armé qui s’était introduit chez moi. C’est vrai, l’histoire se passe dans la nuit du 12 au 13 juillet 1993 à 3 heures du matin dans l’enceinte de ma maison sise devant le Palais de justice de Brazzaville. Je fus l’objet d’une attaque à la kalachnikov par 5 personnes qui tirèrent plusieurs coups de feu. Je sursautai de mon lit en plein sommeil et me jetai sans arme dans la mêlée au milieu de mes 4 gardiens ragaillardis.

Mais après une dizaine de minutes, les assaillants prirent la fuite emportant un blessé grave dans leur rang et laissant pour mort mon frère cadet Nestor qui s’était hasardé dehors. Il ne put se remettre de ce malheur qu’après une dure opération chirurgicale réalisée en urgence par le médecin Colonel Zamba de l’hôpital militaire et un long séjour médical à Johannesburg. Il est actuellement privé de l’usage de ses jambes. Je ne cesserai jamais de remercier cet excellent praticien et avec lui tout le corps médical en service durant cette nuit d’enfer.

Quant aux empoisonnements, multiples et variés que j’ai subis, ils m’ont été administrés exactement à vingt reprises à l’extérieur, dans ma maison, à l’occasion des banquets officiels, parfois, par ceux et celles que je tenais en affection mais qui ont été retournés par le pouvoir politique en place qui tient à m’éliminer et dont la pratique quasi-quotidienne de l’empoisonnement a pris ces derniers temps un tournant institutionnel effrayant.

Vous voulez savoir comment je m’en sors ? Que puis-je vous dire sinon que je suis un chrétien fervent, toujours plongé dans la prière au moins sept fois par jour, où que je puisse me trouver. Il faut donc prier, prier sans cesse.

Et puis, sachez que le bon Dieu a fait tous les êtres vivants chacun avec ses anticorps, ses protections naturelles, son ange gardien, bref, vous avez peut être été un jour tenté par le démon et réussi à vous en sortir sans même que vous le sachiez. Mais rien ne remplace la prudence que la sagesse cosmique confère à l’homme. Simple mortel, quand j’irai rendre compte à mon Seigneur de ce que j’aurai subi dans ma courte vie sur terre, je souhaiterais qu’IL me dise : mon fils, tu as bien appliqué mes préceptes, siège à la droite de mes oints.

Toujours voué aux attaques de tous genres, j’ai été victime de deux incendies dont on peut penser qu’ils étaient criminels, en 1987 et 2004. Leur mode opératoire, leur brutalité et leur caractère inattendu le laissaient penser, mais je n’en tirai aucune conclusion qui pût hypothéquer les bonnes relations que j’avais avec mon entourage et à l’extérieur alors que j’étais ministre.

L’incendie de 1987 me laissa pantois en considération des ravages causés en archives, ouvrages et matériels divers. Je courus en voiture comme un bolide lorsque je fus alerté du voisinage, trouvant sur place les pompiers qui ne purent m’arrêter de pénétrer les yeux fermés, dans l’immeuble en feu assombri par la fumée, pour rechercher à tâtons ce qui valait la peine d’être sauvé. Lorsque je refis surface, l’air ahuri, les habits et les cheveux brûlés de tous côté par le feu, tout le monde se mit à pleurer, mon épouse s’évanouit pour reprendre vie à l’hôpital général et ma mère faillit se suicider. Cependant, plus de peur que de mal, hormis les dégâts matériels, il n’y eut aucun mort ni blessé. On pouvait craindre des explosions à cause de quelques armes et munitions stockées dans une dépendance, mais celles-ci furent purement et simplement dissoutes, ratatinées comme un amas de cire, sans aucune conflagration.

Je remerciai le Seigneur pour cette marque de présence en moi et dans ma vie.

En 2004, l’incendie fut d’une toute autre gravité, détruisant l’ensemble de la maison de la toiture aux murs, sans épargner le moindre objet, les pompiers étant arrivés avec 30 minutes de retard. Je fis le pari de dormir pendant deux semaines dans ce qui restait de ma maison, surnageant dans un lac d’eau grossi par les pluies diluviennes qui s’abattaient sur Pointe-Noire. Ici encore comme à Brazzaville, aucun décès ne fut déploré et la dotation en armes et munitions que j’avais reçue du gouverneur civil et militaire se transforma en objets informes, telle la pâte du forgeron sortie du four incandescent, au grand étonnement des pompiers.

J’étais dans mon bureau de travail lorsque l’incendie se déclara à l’autre bout du bâtiment. Dieu voulut que personne des miens n’en mourût, n’en déplaise à Sassou et autres méchants qui me poursuivent par tous les moyens, tous les temps et toutes les latitudes.

En ce qui concerne l’affaire de mon rapt à Johannesburg, elle fut la goutte d’eau qui fit déborder le vase, car bien avant et bien plus tard, ont été commis une série d’actes attentatoires à ma liberté et à ma vie. Le cas que vous évoquez est en effet caractéristique de la volonté de nuire, non seulement, de me nuire à moi mais de nuire à tous ceux qui expriment librement et paisiblement leurs droits à la différence d’une manière ou d’une autre. Et moi, je ne suis pas de nature à me faire taper sur les doigts, d’autant plus que je n’avais pas sollicité le poste que d’aucuns eussent peut être mérité plus que moi qui n’étais pas membre du PCT, Parti-Etat, exclusif et tout-puissant.

Voici donc que le matin du 4 août 2006, je me trouvai à l’aéroport de Pointe-Noire en partance pour Johannesburg pour assister au procès de la mort accidentelle de mon petit fils Joé Typaul. J’y rencontrai Alexandre Honoré Paka, préfet de Pointe-Noire qui se rendait à Brazzaville. Il me fit savoir que le Président a interdit les sorties du pays pour les responsables en prévision de la fête nationale du 15 août. Alors je lui rétorquai que je n’étais responsable de rien, étant retraité depuis 10 ans et installé dans mon village. Que ne m’a-t-il averti depuis Mboukou pour me dire que j’étais assigné à résidence ! Puis, prenant congé de lui, je montai dans l’avion de la TAAG pour Johannesburg via Luanda.

Arrivé au comptoir de la police des frontières, je fus séparé de la ligne de contrôle des passeports et amené devant un capitaine qui me notifia purement et simplement mon incarcération pour faux visa. Comme je lui disais qu’il m’est impossible de frauder un visa alors que je dispose d’une maison en ville avec une famille et que je suis un ancien premier ministre, il me demanda de le justifier. Ce que je fis en lui présentant mon passeport diplomatique et copie de mon titre de propriété, en plus de mon passeport ordinaire qu’il détenait déjà en mains.

Qu’importe, dit-il en maugréant tout en confisquant mes papiers. J’eus recours à l’Ambassade du Congo par téléphone afin qu’elle m’apportât aide et assistance conformément aux conventions internationales. Mais les agents consulaires appelés à la rescousse à 14h ne se présentèrent qu’à 19h au bureau du capitaine.
Et, après 15 minutes d’entretien, ils quittèrent les lieux, sans me dire quoi que ce soit ni à l’arrivée ni au retour. De sorte que j’étais livré entre les mains d’un policier abusif et brutal, sans autre justification que l’accusation fallacieuse et tout à fait infondée de « faux visa ». Lorsque je lui demandai de me ramener dans l’avion pour que je reparte dans mon pays, il s’énerva et me conduisit de force dans une geôle attenante anciennement utilisée par les racistes blancs du régime d’apartheid. Il me fouilla, confisqua ma mallette et mon téléphone, me déshabilla jusqu’à me laisser à demi-nu avant de me précipiter dans la geôle où je devais séjourner pendant 5 jours dans des conditions inhumaines d’insalubrité. Privé de mes produits pharmaceutiques, d’eau potable et de nourriture saine, je me croyais déjà en enfer, sentant ma mort imminente malgré la sympathie ambiante de sept codétenus philippins en rupture de ban. Mais je survécus par miracle si j’ose ainsi m’exprimer, et le 8 août 2006, je fus libéré et conduit au pas de charge dans l’avion de la TAAG pour Pointe-Noire avec ordre au personnel de bord de ne me laisser parler avec personne, de crainte, sans doute qu’une personne des Droits de l’homme pût par hasard capter mes complaintes de supplicié.

Là, je fus accueilli à la descente de l’avion par 4 agents de la police politique (commandant Jean Claude Moungoto, commandant Maurice Obambi, lieutenant Pierre Mouy et adjudant Bounda Aymet Sérina) qui voulurent m’interroger quelque part en secret, ce que je refusai catégoriquement devant des passagers interloqués. Finalement, on fit les 100 pas du piéton jusqu’à ma résidence située à 100 m de l’aéroport. Devant ma famille en pleurs, je répondis aux questions des inspecteurs entrecoupés de nombreux coups de fils de Mpila et de la Sécurité d’Etat qui voulaient savoir ce que j’avais pu dire, craignant probablement que je misse en cause le président Sassou et les autorités sud-africaines. Mais sur le coup je ne me découvris point jusqu’à mon départ à Brazzaville le 5 septembre 2006 en vue d’en savoir plus sur mon infortune.

Dans ma chambre d’hôtel, je reçus dès mon arrivée Monsieur Antoine Evoundou, directeur général de la Sécurité d’Etat qui me remit mes deux passeports confisqués en Afrique du Sud. Il me présenta ses « excuses pour tout ce qui m’était arrivé », sans préciser si c’était en son propre nom ou en celui du chef de l’Etat. Il promit de lui en parler, mais je ne le revis guère jusqu’à mon retour à Pointe-Noire le 10 septembre. Aux Affaires Etrangères où j’étais parti m’entretenir avec le Ministre Rodolphe Adada, je lis à son attention le procès-verbal de mon audition par les agents de police à Pointe-Noire ; il voulut le conserver par devers lui, mais je le priai d’en prendre copie à la présidence. Je lui exprimai mon étonnement devant la carence pour le moins coupable de ses services de Prétoria. Il me rétorqua textuellement que « le Congo n’allait tout de même pas envoyer son artillerie pour vous libérer ». Je pris cette admonestation pour gratuite et inconsidérée.

A moins qu’il ne sache pas bien manier la langue de Molière, ce que je ne crois pas, l’expression « tout de même pas », supposait que le Congo eût fait en vain ce qu’il convenait pour aller à ma rescousse. Or, ainsi que je l’ai dit plus haut, personne, absolument personne n’a bougé le petit doigt. De guerre lasse, je lui demandai de me faire faire un nouveau passeport diplomatique à la place de celui qui a été confisqué. Il me rétorqua comme s’il parlait à un Congolais lambda : « le passeport diplomatique n’est pas un droit, Monsieur ». Son directeur de Cabinet qui assistait à l’entrevue, montra de la tête un signe de gêne et de tristesse. Et moi, « vieil homme recru d’épreuves» dixit Charles de Gaulle, je repris le chemin de Pointe- Noire dès le lendemain, non sans avoir laissé mon passeport ordinaire à l’Ambassade de l’Afrique du Sud pour qu’on me confirmât ou non la validité du visa contesté, objet de ma longue et malencontreuse garde à vue.

Que dire de ce ministre, apprenti serviteur de l’Etat, infatué d’arrogance, creux de réalisation et dont les services offerts aux administrés laissaient à désirer. Comment peut-il oser à ce point, me faire la leçon du service public dont il est évident qu’il maîtrise mal les tenants et les aboutissants. S’agit-il d’une erreur d’appréciation, d’une provocation ou des miasmes du rapt ? En effet, quelles autres qualités eussent été nécessaires pour décrocher le fameux sésame ? 40 ans de bons et loyaux services au niveau de l’Etat ; 4 fois DG de structures administratives, techniques et financières ; 4 fois ministre, 1 fois premier ministre, respectueux de l’autorité établie et des lois de la République, amoureux du travail bien fait, titulaire de la médaille de Grand Officier de l’Ordre du Mérite Congolais depuis 1975, je mérite autant que quiconque d’avoir un passeport diplomatique. Quelques jours plus tard, je fis encore le voyage de Brazzaville où j’étais conforté dans la certitude que mon visa était parfaitement régulier. Bien plus les autorités consulaires sud-africaines, après vérifications et contact auprès de « Home Affairs », me donnèrent un nouveau visa alors que le capitaine m’avait interdit désormais de mettre pieds dans ce pays. C’était, on le voit bien, la volonté du potentat militaire de Mpila, ce que je perçus depuis mon incarcération d’autant plus que le fameux capitaine téléphonait à une autorité qui devait être aux Affaires Etrangères ou à la présidence. Ma mort, soigneusement préparée était inéluctable, sinon, par crise cardiaque, du moins, par défaut de traitement sur bêtabloquant et inhibiteur composant mon traitement d’hypertension. On pouvait alors jeter mon corps de métèque, ni vu ni connu dans un trou quelconque et le criminel-né n’eût que ses condoléances « les plus attristées » à présenter et son cirque funéraire du palais des Congrès à organiser aux yeux de l’opinion nationale et internationale.

Un journal proche de Sassou a prétendu à l’époque que celui-ci était intervenu auprès du président sud-africain Thabo Mbeki pour me libérer et d’ajouter, je cite de mémoire : Souchlaty Poaty devrait faire comme son frère Kolelas, à savoir rejoindre le camp de la paix. Rien de plus faux et de plus mensonger, le président Mbeki n’était nullement au courant de l’affaire. Pourquoi devais-je pactiser avec un soi-disant camp de la paix alors que je suis moi-même un homme de paix, cette paix que Sassou n’a cessé de troubler depuis des lustres et tout récemment encore en fomentant la guerre du 5 juin 1997 au Congo. Il parle de paix, de sa paix feinte, alors que le peuple congolais aspire à une vraie paix inconditionnelle.

La Situation du Congo, aujourd’hui, est explosive. Peut-on la comparer à celle qui avait prévalu, en 1990, quand, premier ministre du Congo, vous aviez marqué votre accord, contre l’avis de Sassou, à la tenue de la Conférence nationale souveraine de 1991 ?

Explosive dites-vous, la situation politique au Congo l’est effectivement à cause des manigances de Sassou Nguesso qui veut absolument changer de Constitution pour se perpétuer au pouvoir en dépit du bon sens. Et pour ce faire, il procède par la manipulation, l’intimidation, l’achat des consciences, l’agitation tribale et l’intrigue politicienne, allant jusqu’à faire croire que c’est le peuple congolais souverain qui le veut ainsi. Il agite l’épouvante des troubles à l’ordre public et de la guerre civile, met en garde les partisans du respect et de la stabilité des Institutions. Comme si le meilleur moyen d’éviter les troubles et la guerre ne consistait pas précisément à garder le statu quo ante, à respecter l’ordre constitutionnel et les lois de la République.

Hormis une frange des membres du PCT, la presque totalité des partis politiques et associations civiles, épris de paix et de démocratie, soutiennent l’application rigoureuse de la Constitution du 20 janvier 2002. Cette Constitution, même ses détracteurs de dernière heure le reconnaissent, a permis d’apporter la paix dans le pays. Que le PCT se gausse aujourd’hui de ce que certains leaders de l’opposition aient pu se déclarer contre ladite constitution, à l’occasion des campagnes présidentielles précédentes, démontre son caractère non démocratique. Car dès lors qu’une loi est adoptée et rendue exécutoire, que reste-t-il à un démocrate, n’est ce pas de l’appliquer, même après l’avoir combattue ? Qu’on se souvienne de la Constitution française du 4 octobre 1958 et des réserves que le candidat Mitterrand émettait. Ne l’a-t-il pas respectée après son élection à la présidence le 10 mai 1981 ? Il s’en était conformé, certainement, plus scrupuleusement que ne l’eût fait le fondateur de la cinquième République lui- même ?

La détermination morbide de Sassou Nguesso de vouloir se maintenir à la tête du Congo, sous des lois nouvelles, taillées à sa mesure, à quelques mois de la fin de son mandat et de l’élection d’un autre président, est un acte d’incivisme, de rupture de serment et de forfaiture qui correspond à troubler l’ordre public et la paix. C’est donc bien lui Sassou, en chair et en os, dont on connaît le machiavélisme destructeur, qui veut troubler l’ordre public et personne d’autre. Qu’on se le dise et qu’on ne se fasse pas leurrer !

Pour lire le texte intégral, cliquez sur les liens ci-dessous :


L'ancien premier ministre Alphonse Souchlaty Poaty demande à Sassou de démissionner (fichier Word)

L'ancien premier ministre Alphonse Souchlaty Poaty demande à Sassou de démissionner (fichier PDF)


 

 

Un Dictateur n'a pas de concurrent à sa taille tant que le Peuple ne rélève pas le défi

 

 
 
 
 
        

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16 mars 2015 1 16 /03 /mars /2015 15:50

 

Burundi 

 

 Elections au Burundi: le message d'une Eglise Catholique favorable à l'alternance

 

 

   EMOTICON cloche noel 24      

                           

       

Archevêque Monseigneur Simon NTAMWANA 

 

 

Au Burundi, la tension ne cesse de monter à l'approche des élections de mai et de juin 2015, et elle se cristallise autour d'un éventuel troisième mandat pour le président Nkurunziza. L'opposition a juré qu'elle s'y opposera de toutes ses forces, ses soutiens disent le contraire. Et l'Eglise catholique, première force morale du Burundi, a pris position contre. Reportage.

Ce dimanche, au fin fond de la campagne burundaise, dans la province de Gitega (centre), une messe célébrée dans l'église de Kiryama par l'archevêque de Gitega, Mgr Simon Ntamwana, l'un des prélats les plus respectés dans ce pays, est l’occasion pour RFI d’en savoir plus sur la position de l’Eglise.

Plus d'un millier de fidèles se sont rassemblés sur place pour écouter Mgr Simon Ntamwana, qui fait le tour de ses paroissiens depuis plusieurs mois. Depuis vendredi, la toute puissante Eglise catholique du Burundi a lancé une neuvaine, neuf jours de prière pour que l'alternance à la tête de l'Etat se fasse en douceur.

« Nous pensons que le président Pierre Nkurunziza a bel et bien terminé ses deux mandats », explique l’archevêque à RFI. Mais quel sera son message aux fidèles ? « Ah ! Moi, je vais leur dire de choisir complètement et calmement ce que la loi que nous avons ratifiée dit. »

Après une longue messe qui n'a semble-t-il ennuyé personne, une jeune croyante a apparemment compris le message. « Il y a un nombre de mandats qu'on ne peut pas dépasser et comme l'Eglise nous l'a dit, je pense que ce serait bien s'il ne se représente pas car Nkurunziza est au bout de ses deux mandats, a-t-elle confié à RFI. Je vais suivre les directives de l'Eglise au moment du vote. »

Longin Ciza est un agriculteur de 30 ans. Il appelle l'Eglise catholique à user de tout son poids pour empêcher l'irréparable au Burundi. « L'Eglise catholique a de nombreux fidèles et ses évêques ont un grand poids. S'ils se décident à dire qu'en réalité, on a déjà voté à deux reprises pour le président, ils disent la vérité, car ils connaissent beaucoup de choses. Qu'ils se mobilisent pour ce combat et nous allons les soutenir, sinon on risque de retomber dans la guerre, alors qu'on pensait qu'elle était derrière nous. »

 

3ème mandat de Pierre Nkurunziza : « La déclaration de Mgr Simon Ntamwana est citoyenne »

 

« Si la loi est respectée, au Burundi, les mandats présidentiels ne doivent pas aller au-delà de deux », a déclaré l’Archevêque récemment, lors d’une formation chrétienne des jeunes, à la paroisse Murayi, archidiocèse de Gitega. Par ailleurs, il a précisé que même en cas de bonnes réalisations, le président doit céder la place à quelqu’un d’autre. 

 

Vital Nshimirimana, délégué général du Forum pour le renforcement de la société civile (Forsc), a affirmé, dimanche 11 janvier, que le prélat a fait une déclaration claire sur une question explosive entourée de beaucoup de confusions voulues et entretenues par le président lui-même et le parti au pouvoir. « Nous voudrions d’ailleurs que la conférence des Evêques prenne une position officielle parce qu’il s’agit d’une question de justice sociale, de logique et de démocratie », a-t-il insisté, rappelant que des propos sur cette question devraient être sans équivoque. « Il faut le dire dans un langage clair, compréhensible, pour un berger qui n’a même pas fréquenté l’école. Car l’Accord d’Arusha est précis : personne ne pourra pas régner sur le Burundi plus de dix ans, c’est-à-dire deux mandats de cinq ans chacun ».

Tatien Sibomana, porte-parole de l’Uprona pro Charles Nditije, indique pour sa part que la déclaration de Mgr Ntamwana est appréciable. Pas parce qu’elle est nouvelle, souligne-t-il, mais pour avoir osé dire tout haut ce que les autres pensent tout bas

 

 

La question est maintenant de savoir jusqu'où ira l'influence de la première Eglise de ce pays.

Brazzaville, Steve OBORABASSI pour la Voix du Peuple

 

Publication

"Laisse partir mon peuple" - Livre de l' Archevêque Mgr. Simon Ntamwana sur les droits de l'homme et la justice au Burundi..

 

 

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16 mars 2015 1 16 /03 /mars /2015 09:20

 

INTERNATIONAL

 

Brésil: un million de manifestants dans les rues de Sao Paulo contre Dilma Rousseff 

 

Image: sodahead.com

         

              Sao Paulo, le 15 mars. Plus de 1,5 million de Brésiliens sont descendus dans les rues dimanche pour demander la destitution de la présidente, Dilma Roussef.             

       Sao Paulo, le Dianche 15 mars 2015. Plus de 1,5 million de Brésiliens sont descendus dans les rues dimanche pour demander la destitution de la présidente, Dilma Roussef

Des manifestants à Sao Paulo contre la corruption, samedi 6 décembre.

 

 
Une «marée jaune et verte». Ce n'est pas le Carnaval de Rio qui a poussé plus de 1,5 million de Brésiliens dans les rues dimanche mais le ras-le-bol grandissant de la population face à une crise économique oppressante.
La présidente de gauche, Dilma Rousseff, cristallise toutes les tensions depuis que son parti a été éclaboussé par un scandale de corruption (cf. encadré). Or pendant que des élus de la coalition au pouvoir sont soupçonnés de s'enrichir illégalement, la figure du Parti des travailleurs (PT) a du se résoudre à des mesures d'austérité pour parer les déficits publics qui se creusent, une monnaie nationale dépréciée et une inflation qui s'accélère. Un sacré coup de canif dans ses promesses de campagne. Ainsi, les raisons qui ont poussé l'électorat d'opposition à battre le pavé en masse ce week-end dépassent désormais la simple affaire financière. Nombre de Brésiliens militent à présent pour la destitution de Dilma Rousseff.

Une mobilisation historique. Rien qu'à Sao Paulo, fief de l'opposition, un million de manifestants ont envahi à perte de vue l'immense avenue Paulista et ses rues adjacentes. Des manifestations similaires se sont déroulées dans au moins 80 villes du pays. Selon les estimations ville par ville de la police militaire, les cortèges ont notamment rassemblé 45 000 personnes dans la capitale Brasilia, 100 000 à Porto Alegre, 30 000 à Belo Horizonte et 15 000 sur la plage de Copacabana à Rio de Janeiro, dans le sud-est industrialisé et le centre du pays. Des marches de moindre ampleur ont eu lieu dans le nord et le nord-est, à Salvador de Bahia, Recife ou Belem, région traditionnellement acquises au PT de Dilma Rousseff.

Ces rassemblements, qui ont mobilisé sans étiquette officielle l'électorat d'opposition, sont les plus importantes enregistrées au Brésil depuis la fronde sociale historique qui avait ébranlé le géant émergent d'Amérique latine en juin 2013.
Crise et austérité. La septième puissance économique mondiale est au bord de la récession. L'inflation accélère (7,7% sur 12 mois), les déficits publics se sont creusés et le réal, la monnaie nationale, s'est déprécié de 30% en 12 mois face au dollar. Revenant sur ses engagements électoraux, la présidente Dilma Rousseff s'est résolue à un ajustement budgétaire douloureux, critiqué par une partie de son propre camp politique.

 
Le scandale qui a tout déclenché
Aujourd'hui, la population manifeste son mécontentement à l'égard de la politique globale de la présidente Dilma Rousseff.
Mais à l'origine, une affaire a rendu encore plus insupportable les mesures d'austérité : le fait que le parti des Travailleurs (PT) soit mouillé dans une histoire de corruption, avec des élus soupçonnés de s'enrichir illégalement. La justice enquête notamment sur 49 hommes politiques, en majorité membres de partis de la coalition au pouvoir, soupçonnés d'avoir touché des pots-de-vin de Petrobras, le géant étatique pétrolier, tirés de commissions versées au groupe par ses sous-traitants en échange de contrats. Parmi les suspects figurent 22 députés, 13 sénateurs et deux gouverneurs en fonction, le président du Sénat, celui du Congrès des députés, membres du puissant parti centriste PMDB, et le trésorier du Parti des travailleurs PT. La popularité de Dilma Rousseff a chuté de 19 points en février à seulement 23%.



Corruption : vers plus de contrôles ? Le gouvernement, empêtré dans cette affaire de corruption à grande échelle, tente de rassurer la population. Le ministre de la Justice, José Eduardo Cardozo, a indiqué lors d'une conférence de presse télévisée que la présidente annoncerait «dans les prochains jours» une série de mesures pour renforcer le combat contre la corruption. «Il est nécessaire de fermer la principale porte d'entrée de la corruption politique au Brésil en interdisant le financement des campagnes électorales par les entreprises, comme cela se fait dans d'autres pays», a-t-il simplement déclaré.

La fin du Parti des travailleurs ? «Nous voulons maintenant la destitution de Dilma Rousseff», a par exemple déclaré Rubens Nunes, un avocat de 26 ans, conseiller juridique du mouvement Brésil Libre, à l'origine de la manifestation monstre de Sao Paulo. Et d'ajouter : «Il existe des fondements juridiques solides suffisants (...) Il est absurde qu'elle continue d'affirmer qu'elle ne savait rien (de l'affaire corruption qui a tout déclenché, ndlr).» A Rio et Sao Paulo, des manifestants minoritaires, mais néanmoins nombreux, n'ont pas hésité à réclamer ouvertement une intervention de l'armée pour mettre fin à 12 ans de pouvoir du Parti des travailleurs, le jour même où le Brésil célébrait le 30e anniversaire du rétablissement de la démocratie après une longue dictature militaire entamée en 1964.

 
Plus d'un million de Brésiliens disent «Fora Dilma»

Revendications grandissantes depuis le Mondial 2014. A l'approche de la réception par le Brésil de la Coupe du monde de football 2014, les Brésiliens étaient déjà partagés entre joie intense et paradoxe avec la misère ambiante. Dans les favelas de Rio, nombre d'associations avaient à l'époque dénoncé l'investissement faramineux dans le Mondial 2014 presque déplacé face à la détresse de certaines populations. De grandes manifestations avaient eu lieu. Et un nouveau fossé s'était creusé avec le pouvoir. Après coup, l'Institut brésilien de Géographie et des statistiques (géré par l'Etat) attribue notamment le phénomène de récession à la crise de la production industrielle et à la grande quantité de jours fériés décrétés pendant la Coupe du monde le 12 juin au 13 juillet. Le Mondial aurait «paralysé» l'activité industrielle dans un contexte de faible consommation des ménages.

corruption

Si au Bresil le peuple a pris la rue le Dimanche 15 Mars 2015 pour manifester son mécontentement contre la corruption. Le Congo Brazzaville l'un des pays les plus corrompu au monde, le peuple reste passif face à la corruption endéminque qui gangrène la societé congolaise à tous les niveaux, les detournements massifs des deniers publics par le clan au pouvoir. Ce peuple muselé et appauvri, reduit au silence par la force que l'on veut solliciter par un referendum dont les résultats sont connus d'avance en vu du changement de la constitution, aura t'il un jour la vrai liberté d'expression ?

Brazzaville, Steve OBORABASSI pour la Voix du Peuple

 

 

Un Dictateur n'a pas de concurrent à sa taille tant que le Peuple ne rélève pas le défi

 

 
 
 
 
        

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13 mars 2015 5 13 /03 /mars /2015 16:27

 

 

 

LA CREATION D'UNE MONNAIE SOUVERAINE  EST CE LE VRAI CRIME DE Simone EHIVET GBAGBO ?

 

 

 

 

        

Lors de son passage en Italie du 4 au 8 Juin 2008 pour la dédicace de son  dernier ouvrage  « Paroles d’Honneur »   Simone Ehivet Gbagbo en Italie
                           

      

 

 

 

 

Un Dictateur n'a pas de concurrent à sa taille tant que le Peuple ne rélève pas le défi

 

 
 
 
 
        

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12 mars 2015 4 12 /03 /mars /2015 09:41

 

 

 

DETOURNEMENT DES CARGAISONS DE PETROLE PAR Christel SASSOU NGUESSO LA DECLARATION DE BERNE PERSISTE ET SIGNE  

 

 

 

  L'industrie pétrolière et gazière groupe de concept d'entreprise de barils de pétrole en métal noir ou fûts de carburant sur des palettes de bois d'expédition isolé sur fond blanc Banque d'images - 24467911      

                           

      

 

 

 

 

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11 mars 2015 3 11 /03 /mars /2015 16:18

 

 

DEPORTATION DE 42 PRISONNIERS POLITIQUES au congo brazzaville

 

 

         

    media                       

L'ancien officier Marcel Ntsourou à la barre lors de son procès, à Brazzaville, le 2 juillet 2014        

 

 

Le prisonnier Marcel Ntsourou, ancien numéro deux des services de renseignement au Congo, a vu 42 de ses co-détenus être transférés dans deux prisons du nord et deux autres du sud du pays pour raisons de sécurité. Ce transfert s'est fait à l'insu de leurs famille et de leurs avocats, qui dénoncent un enlèvement et une déportation. Ces avocats se proposent de porter l'affaire devant la Cour pénale internationale (CPI). Ils redoutent un éventuel transfert, dans les tous prochains jours, de l'ex-officier.

Officiellement, l’administration pénitentiaire a pris cette décision de transférer les 42 prisonniers pour des raisons de sécurité et pour désengorger la maison d’arrêt de Brazzaville. Mais Me Eric-Yvan Ibouanga et Amédée Bernard Nganga jugent illégal ce transfert, alors que la Cour suprême ne s’est pas encore prononcée sur le pourvoi qu’ils ont formulé après le procès en septembre 2014.

L'un d'eux explique : « Nous estimons que ce changement de lieu de détention, qui n’est pas conforme à la loi, n’est ni plus ni moins qu’un enlèvement et une déportation. En tout cas, il y a eu 42 raflés et déportés. Il y a en eu 42, on ne peut pas accepter cela, c’est une violation pure et simple du droit de la défense. »

Tous deux se proposent de porter l’affaire devant la Cour pénale internationale : « La déportation, l’enlèvement, ce sont des crimes punis par la Cour pénale internationale. Le Congo est signataire du statut de Rome qui a créé la Cour pénale internationale. Donc nous, nous porterons ces faits à la connaissance de la CPI. » Pour l’heure, Marcel Ntsourou n’a pas encore été transféré. Ses avocats se demandent s’il ne le sera pas dans la prochaine vague

 

 

 

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11 mars 2015 3 11 /03 /mars /2015 09:11

 

Auteur: D.V BINIMBI PAMBOUD

 

Leçons de la conférence nationale et perspectives d'avenir  

 

 

 

 

      

                      

    

    

 


 

 

 

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POUR UN CONGO LIBRE ET DEMOCRATIQUE

 

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      VISITEURS                           
         VISITEURS                               

 

 fl8.jpg EDITORIAL                                               

 

 

Nous avons tous  été confrontés un jour ou l’autre à un fait  choquant qui nécessitait d’être révélé à la face du monde.

Mais  désavantagés par l’absence de moyens de nous exprimer, nous avons fini par abandonner. Or, pesant

soigneusement les mots et en cherchant à trouver la bonne formule, il est possible de régler la majeure partie des

problèmes qui nous rongent.

La voix du peuple est cet espace qui nous faisait défaut. Elle a pour ambition l’information du  grand nombre dans la

dénonciation sans appel de toute dérive de nos responsables politiques congolais, tout bord confondu,  qui poseraient

des actes qui opposent le « mal au bien » du peuple congolais à travers des actions telles :

           -des abus de tout genre ;

           -des injustices vis-à-vis des plus faibles ;

           -des scandales économiques, politiques, judiciaires…

La voix du peuple a aussi pour mission, l’assistance des « sans voix » dans la publication de leurs opinions.

La voix du peuple est pour nous tous donc une arme qui nous permet de nous soulager de nos douleurs longtemps

comprimées, et aussi de faire respecter les droits que nous défendons. Désormais, nous parviendrons,  grâce  à elle, à

atteindre dans leurs tanières, leurs châteaux, leurs bunkers, leurs tours…, les intouchables, les protégés, les

invulnérables.

Enfin, se voulant porteuse des valeurs de vérité, de justice, de paix, de la morale, de la vertu et de l’unité de tous les

enfants du Congo du nord au sud, de l’ouest à l’est, la voix du peuple s’insurge, dans l’impartialité, contre des

agissements s’apparentant à de la propagande, au dénigrement matérialisés par :

           -des propos indélicats ; 

           -du culte de la division ;

           -des accusations affamantes ;

           -des observations désobligeantes ;

           -des contre vérités…

Aussi, au regard de ce qui précède, un article des « sans voix » qui ne respecterait point les dites prescriptions, sera

purement et simplement écarté.

email2.gifNous contacter :

dpeuplelavoix@yahoo.fr  

 

 

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  Le symbole de la liberté

  

         Non à la dictature

    

   

   

 

      L' INCORRUPTIBLE       

     Légende d'Afrique

  

  

 

       La colombe de la paix et de l'esperance

        

 

 

 

         Non à l' omerta

   

 

 

BONGO - CHIRAC - SASSOU les principaux acteurs

du coup d' Etat sanglant du 5 Juin 1997 au Congo Brazzaville

   

   

 

 

 

  Pour une Jusitce transparente et équitable

  

 

     

 

   

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  undefinedAu pillage des richesses en Afrique

 

 

    Capture

     Kwame NKRUMAH

   

 

        Emery Patrice LUMUMBA

   

 

  Alphonse MASSAMBA - DEBAT

          

 

  

        Marien NGOUABI

       

 

        Cardinal Emile Biayenda

  

             Thomas SANKARA

  

          drapeau des états unis

       Martin Luther KING

  

 

    

   

 

       Mahatma GANDHI

   

 

         Nelson MANDELA

    

 

          John Fitzgerlald KENNEDY  

    

 

       

 

   Pour une alternance démocrtique au Congo

     

     à la santé des Biens mal acquis  

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                              drapeau france

    

                          Le TonTon

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           Un grand et un petit

   

 

 

         

                   Non à la chasse à l' homme

        

 

     

      

 

        

 

                

   

 

     

 

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               La métamorphose

      

 

           

            La tour de contrôle

      

 

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         billet 500 euros

           portefeuille dollard

        

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        Aux massacres

        

 

            

         Des jeunes patriotes Ivoiriens tombés sous les bales

        

 

   Bombardement  de la résidence de Laurent GBAGBO

                          

       Des hélicoptères ont bombardé la résidence de Laurent Gbagbo.

 

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     Le  chemin  d' avenir, le chemin sans issue

                  

            

 

      voie-sans-issu-la-d-silusion-du-chemin-d--avenir-copie-1.jpg

      L'eau une denrée rare à Brazzaville, pourtant vitale

      

 

        eau7.jpg

 

        

                          Le fleuve Congo

        

     Le bord du fleuve Congo à Brazzaville pourtant les habitants manquent cruellement l' eau potable

         

 

       

 

                    

 

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