Monsieur MANGALA Sabin porte plainte pour séquestration, tentative d’assassinat et tentative de corruption
CABINET A.H. MALONGA Avocat à la Cour
Ancien Bâtonnier du Barreau de Brazzaville
Brazzaville, le o5 octobre 2009
PLAINTE AVEC CONSTITUTION DE PARTIE CIVILE
A
Monsieur le Doyen des juges d'instruction
- Brazzaville -
Monsieur MANGALA Sabin Lucrèce, de nationalité congolaise, célibataire, sans emploi, domicilié 219, rue Jeanne Viale Bacongo Brazzaville.
Ayant pour conseil, le Cabinet A. H. MALONGA, Avocat à la Cour, Ancien Bâtonnier du Barreau de Brazzaville, sis 1723 avenue de l'OUA à côté de l'église KISITO, Makélékélé - Brazzaville, Tél.: 524 17 82
A L'HONNEUR DE PORTER PLAINTE ENTRE VOS MAINS POUR SEQUESTRATION, TENTATIVE D'ASSASSINAT ET TENTATIVE DE CORRUPTION CONTRE LES NOMMES:
1- NDENGUE Jean François, de nationalité congolaise, Général, Directeur Général de la Police Nationale, domicilié à Brazzaville, à la Direction Générale de la Police;
2- OBOURABASSI, de nationalité congolaise, Directeur de cabinet de monsieur le DGPN, domicilié à Brazzaville, à la Direction Générale de la Police;
3- NGAMPIKA Glébert, de nationalité congolaise, Colonel, Directeur Régional de la police judiciaire, domicilié à Brazzaville au commissariat central ;
4- OBARA, de nationalité congolaise, Directeur de la Direction de la Surveillance du Territoire, domicilié à Brazzaville à la DST.
Pour les faits ci-après :
Qu'à la suite de la marche pacifique spontanée des militants de l'opposition, en date du 15 juillet 2009, monsieur MANGALA Sabin a été fauché à la tête par une balle tirée par les éléments de la Police Nationale Congolaise;
Qu'il a été transporté d'urgence au CHU de Brazzaville où des soins intensifs lui ont été donnés et lui ont permis de rentrer immédiatement à son domicile;
Qu'aussitôt après sa sortie du CHU, la police s'est mise à ses trousses et ne l'ayant pas retrouvé, elle a pris en otage un de ses frères ;
Que pris de peur et à la demande de ses parents, monsieur MANGALA Sabin s'est présenté personnellement à la police pour obtenir la libération de son frère;
Qu'en échange avec son frère, en date du 1 er août 2009, il a été placé dans un hôtel à Mpila derrière les Grands Travaux dans la chambre 8;
Qu'à cette date, monsieur NDENGUE, DGPN et monsieur OBOURABASSI, Directeur de cabinet de monsieur le DGPN, ont rejoint monsieur MANGALA Sabin à l'hôtel et lui ont demandé de contredire la version des faits de l'opposition sur la marche pacifique et lui ont proposé en échange le versement de la coquette somme de 11 millions de FCFA et l'obtention d'un passeport en vue d'aller en France ;
Pour appuyer ses promesses, le DGPN a immédiatement pris son téléphone et informé monsieur Jean Dominique OKEMBA, Conseiller spécial du Chef de l’Etat, de leur entretien.
Le Général NDENGUE a ensuite ajouté que le Président SASSOU était au courant de cette situation d'arrestation de monsieur MANGALA Sabin avant de lui annoncer son départ pour Pointe-Noire pour ne revenir que dans quelques jours, et ce en entendant, il sera mis dans un endroit sûr ;
Qu'ainsi, monsieur MANGALA Sabin a été logé dans la rue Louingui dans une maison à étages, gardée par une trentaine de militaires de diverses nationalités ;
Le 3 août, le Colonel OBOURABASSI; Directeur de cabinet de monsieur le DGPN et deux sergents l'ont conduit à la gendarmerie où il a été remis entre les mains du Capitaine ESSOULI;
Là-bas, MANGALA Sabin a été soumis à un très long interrogatoire qui a duré de 14h00 à 3h30 du matin (mais il est marqué sur le PV de 14h00 à 18h00) par le Colonel NGAMPIKA, Directeur Départemental de la Police Judiciaire;
A la fin de cet interrogatoire, le Colonel NGAMPIKA intimait l'ordre à MANGALA Sabin de dire le contraire de ce qu'il avait déclaré, à savoir que la marche serait organisée par DZON et Ange Edouard POUNGUI;
Et, paradoxalement, le Colonel NGAMPIKA a mis en garde monsieur MANGALA Sabin de ne pas inclure le nom du général NGOUELONDELE dans cette affaire, au motif qu'il est de la famille présidentielle;
En outre, le Colonel NGAMPIKA a déclaré: « nous voulons arrêter DZON et Ange Edouard POUNGUI » ;
A la fin de cet interrogatoire, MANGALA Sabin a été conduit au camp du 15 août où il a reçu la visite d'un médecin en compagnie de quelques militaires;
Qu'à noter que lors de son interrogatoire par le Colonel NGAMPIKA, celui-ci lui a présenté 4 personnes pour soutenir que MANGALA Sabin ne serait pas blessé à la marche,
Et le 12 août, MANGALA Sabin a été transféré à la DST et placé dans les souterrains sans lumière;
Là-bas, chaque jour, il a été soumis à un nouvel interrogatoire, et le 8 septembre avant de quitter la DST pour la gendarmerie sur instructions du général NDENGUE et du Colonel OBARA, un lieutenant et deux sergents lui ont fait avaler sous la menace un verre d'eau de javel, après quoi, il a été conduit à la gendarmerie et ramené à son domicile sur instructions du général MOKOKI.
Que depuis lors, monsieur MANGALA Sabin vomit régulièrement du sang et du pus ; sa santé se dégradant au jour le jour.
Quelques jours après, monsieur NDENGUE en compagnie d'autres policiers sont revenus à la charge et se sont rendus au domicile de monsieur MANGALA Sabin où ils n'ont trouvé malheureusement que ses parents auxquels ils ont proposé la somme de 15 millions de FCFA, en les priant d'amener leur fils à accepter leur version des faits.
Attendu que ces faits graves constituent des crimes de séquestration, de tentatives d'assassinat et de corruption punis et réprimés par les articles 341, 303 et 177 du code pénal et autres dispositions pénales;
Que dès lors, la responsabilité pénale des personnes suscitées est indubitablement établie.
C'EST POURQUOI MONSIEUR MANGALA SABIN SOLLICITE QU'IL VOUS PLAISE MONSIEUR LE DOYEN DES JUGES D'INSTRUCTION DE
Diligenter des poursuites contre les personnes suscitées pour les faits mis à leur charge;
Que monsieur MANGALA Sabin verse à l'appui de sa plainte un certificat médical initial établi par le docteur Olivier NGAKOSSO le 15 juillet 2009, ainsi que 3 photos;
Qu'il se réserve le droit de se constituer partie civile ultérieurement et fixer le montant des sommes à lui allouer à titre de réparation du préjudice subi au moment de la production du certificat médical définitif.
Sous toute réserve
1723, Avenue de 1'O.U.A à côté de 1'Eglise de KISITÔ
B.P : 195 .: 524 17 82 Brazzaville -Congo
cabinetmalonga@cwahoo.fr
La corruption qui a caractérisé l’élection présidentielle du 12 juillet 2009 fait ainsi une transition de la nouvelle espérance au chemin d’avenir c’est la continuité du système.
Brazzaville, STEVE OBORABASSI pour la Voix du Peuple
Pour une République Juste et Démocratique. Vous trompez le peuple, nous dénonçons.