LE PROGRAMME DE SOCIETÉ DU M.U.D.C EN 30 POINTS
LA VISION DU M.U.D.C pour le CONGO
M.U.D.C
Notre vision pour le Congo
Programme de société (en 30 points non détaillé et non chiffré) du Mouvement pour l’Unité et le Développement du Congo - M.U.D.C.
Voici déjà 50 ans que le Congo a acquis son indépendance, et 50 ans c’est bien le temps d’une génération. Et en cinquante ans d’indépendance, un seul constat se dégage : bien que doté de ressources naturelles, parmi lesquelles de significatives réserves pétrolières et d’abondantes ressources forestières, le Congo n’a pas réussi à convertir ses avantages potentiels en avancements mesurables en termes de développement humain. En effet, depuis l’indépendance, les gouvernements successifs du Congo n’ont pas réussi à traduire le riche potentiel économique du pays en une amélioration sensible des conditions de vie de la majorité des congolais.
Le bilan de ce premier demi-siècle d’indépendance est donc incontestablement un constat d’échec sans appel. Mais de tous les maux dont souffre le Congo depuis 50 ans, il en est un qui traduit le coté sombre de la politique congolaise : l’ethnocentrisme. Depuis de nombreuses années en effet, l’appartenance ethnique est au cœur des débats politiques et les principaux conflits qu’a connus le Congo ont tous une importante dimension ethnique. Il faut dire que ce phénomène s’est davantage accru à l’issue de la conférence nationale souveraine de 1991 qui n’avait pas su prévenir le danger de la création de partis politiques reposant sur des bases purement régionalistes et ethniques. C’est ainsi que, dès les élections de 1992, la vie politique congolaise s'est organisée essentiellement autour des trois pôles constitués de l'UPADS (union panafricaine pour la démocratie sociale) de Pascal Lissouba, dont les membres sont presque exclusivement des ressortissants des régions dites du Nibolek dans le sud du pays, le PCT (parti congolais du travail) de Denis Sassou-Nguesso, qui regroupe essentiellement les originaires du Nord, et le MCDDI (mouvement congolais pour la démocratie et le développement intégral) de Bernard Kolelas, considéré comme le parti de l'ethnie Lari du Pool dans le sud-est du pays et à Brazzaville.
Aujourd’hui encore cette division ethnique du paysage politique congolais est une donnée qu'il serait vain de nier. Résultat : les institutions démocratiques ont été dévoyées par ce phénomène d’ethnicisation de la politique et la privatisation de l'Etat qui en découle. Autrement dit, au Congo la politique reste un enjeu de rapport de forces entre ethnies et d'enrichissement personnel. A tel point que certains n’hésitent pas à attiser les haines. Par exemple, certains originaires du Sud sont persuadés que ceux du Nord exploitent leurs richesses et vivent donc beaucoup mieux qu’eux, dans une sorte de paradis. Ce qui est absolument idiot. Car s’il est vrai que l’entourage du chef de l’Etat est essentiellement mbochi de son ethnie d’Oyo dans la Cuvette au nord du pays, cette ethnicisation du pouvoir ne profite pas à tous les originaires du Nord du pays. Chacun sait qu’à Owando, Impfondo, Ouesso ou Ewo, où il n’y a ni eau ni électricité pour la majorité des habitants, les conditions de vie sont tout aussi déplorables qu’à Pointe-Noire ou Dolisie. Pourtant, il est vrai que le Nord soutient Denis Sassou-Nguesso, sans doute parce qu’il est perçu, à tort ou à raison, comme le seul rempart à la folie vengeresse du Sud. Et au Sud, les exclus du système se résignent et considèrent qu’ils sont de l’autre coté du pouvoir ou plus exactement de l’autre coté du Congo.
On voit donc que le Congo a besoin d’opérer une profonde mutation pour aller de l’avant. Mais malgré cela, il y a encore des gens stupides qui s'imaginent que l'on puisse continuer à gouverner ce pays avec les ruses de la vieille politique caractérisées par le mensonge, le déni de la transparence, les assassinats politiques et les crimes économiques non élucidés à cause du silence coupable d’une classe politique surannée qui ressemble fort à une « secte diabolique » et qui s’accroche désespérément aux privilèges auxquels elle s’est habituée depuis 50 ans.
Eh bien, au M.U.D.C. nous disons « ça suffit ». Aujourd'hui, il faut reconstruire une société congolaise déstructurée par des guerres civiles à répétition qui ont conduit à son éclatement, et plus divisée que jamais par les rancœurs et les clivages ethniques, et ce à l'intérieur même des villes. L'honnêteté et la transparence sont nos idéaux. Exit l’improvisation et l’amateurisme politique. Place à la compétence, et l’homme qu’il faut, à la place qu’il faut. C’est la seule force que nous pouvons utiliser pour mettre en place notre projet du développement du Congo. N’en déplaise à nos détracteurs, le M.U.D.C a déjà sifflé la fin de la recréation qui n’a que trop duré dans notre pays. L’heure est à la compétence, au renouvellement qualitatif de l’élite politique congolaise, au dépassement des clivages régionalistes et ethniques. Bref, il est venu le moment de dire aux ennemis de l’Unité nationale que le discours tribaliste et ethnique qu’ils veulent nous faire manger à toutes les sauces ne sera jamais bien accueilli par les Congolaises et les Congolais épris de paix et qui ne demandent que des choses concrètes pouvant améliorer leur quotidien.
Aussi, le M.U.D.C. vous propose son programme de réformes conformément à son crédo, à savoir l’Unité, le développement harmonieux et la modernisation du Congo. Ce programme baptisé « notre vision pour le Congo » contient une grande ambition pour notre cher et beau pays. Il se résume à un engagement clair d’affranchir les Congolais de l’endoctrinement aveugle qui vise à perpétuer l’existence « post-mortem » des vieux démons des adeptes des divisions ethniques. Le M.U.D.C est un mouvement politique moderne et volontariste qui marque sans complexe sa singularité au sein du microcosme politique congolais et s’oppose très clairement et très fermement à toutes les pratiques politiques rétrogrades qui nivellent notre pays vers le bas depuis 50 ans. Son objectif est de sortir les Congolais de la misère et se veut unificateur et résolument tourné vers l’avenir.
Pour éviter de bricoler comme l’ont fait d’autres par le passé, la mise en œuvre de « notre vision pour le Congo », commence par l’organisation d’un grand « forum national sur l’état du pays ». Et les « discussions de famille » nées de cette rencontre créeront un élan de rassemblement national qui effacera les rancunes nées des frustrations et des différents conflits qui ont déchiré notre pays depuis son accession à l’indépendance. L’objectif est de faire un diagnostic complet de l’état de la nation après un demi-siècle d’indépendance et de réconcilier définitivement les Congolais avec leur pays. Nous sommes convaincus qu’en se parlant, sans tabou, et en considérant la synergie de l’ensemble des facteurs politiques, économiques et socioculturels de 1958 à ce jour, nous pourrons ainsi faire émerger un Congo nouveau et permettre l’envol économique de notre pays.
Notre vision pour le Congo s'articule autour de 30 axes :
- L’organisation d’un grand « forum national sur l’état du pays »,
- La restauration et l’amélioration de la Constitution de 1992,
- L’instauration d’une règle d’équilibre gouvernemental où chaque gouvernement de la République ne peut compter plus de 25 membres et chaque département du Congo doit y représenté par au minimum deux ministres,
- La consolidation de l’Unité nationale, notamment par le renforcement du pluralisme politique dans le strict respect de l’obligation de la diversité sociologique et ethnique au sein des différentes instances des partis politiques,
- La professionnalisation de l’armée et l’opérationnalité effective de toutes les composantes des forces de défense et de sécurité pour assurer la préservation de l’intégrité territoriale,
- L’acquisition des postes de responsabilité ne doit se faire que sur la base de la compétence qui sera désormais le critère de sélection par excellence afin de mettre un terme aux nominations arbitraires qui nuisent à la dynamique de bonne gouvernance,
- La séparation de la religion et de l'état doit être respectée de sorte que l’appartenance à une religion ou un groupe philosophique demeure avant tout une démarche strictement personnelle de chacun, et toutes pratiques qui consisteraient à choisir un homme pour un travail à cause d’un lien religieux ou philosophique et non pour ses aptitudes sont proscrites,
- L’instauration d’un quota de 25% de postes réservés aux femmes tant au niveau des organes dirigeants des partis politiques qu’au niveau du gouvernement et du parlement, pour permettre une bonne dose de mixité susceptible d’apaiser les tensions politiques dans le pays,
- La mise en place d’une Cour Suprême composée de 12 sages, originaires des 12 départements pays (12 département dont Brazzaville). Ils sont les garants de l’Unité et de la stabilité du pays et toutes leurs décisions seront prises à l’unanimité, en toute âme et conscience, guidées par l’intérêt supérieur de la nation et la sauvegarde de deux fondamentaux que sont la paix et l’unité nationale, sans quoi notre pays ne peut se développer,
- L’institutionnalisation du statut de l’opposition. Il s’agit là d’une question fondamentale dans notre pays. Il faut surtout doter l’opposition d’un statut qui lui garantisse les moyens politiques, juridiques et financiers de pouvoir se conduire comme un contrepouvoir réel face à la majorité au pouvoir. Ce statut devra comprendre notamment des droits d’information, des droits protocolaires, le droit de créer une commission d’enquête ; ce qui signifie la reconnaissance du statut de l’opposition comme un moyen de pression et d’encouragement du pouvoir en place. Le statut de l’opposition doit être reconnu et garanti car il constituera un grand progrès pour l’exemplarité de notre démocratie,
- La création d’une Commission « ressources stratégiques » au niveau du parlement et du Sénat. Distincte de la Commission des Finances, elle sera l’organe de contrôle en amont et en aval ayant pour mission d’analyser avec un œil d’expert et de valider tous les contrats portant sur les ressources stratégiques du pays. La Commission sera en quelque sorte notre « consensus républicain » et notre gage de bonne gouvernance permettant de mieux contrôler les ressources stratégiques du pays. La présidence de cette Commission « ressources stratégiques » reviendra à l’opposition et devra être prévu dans le statut de l’opposition, car c’est une garantie d’une démocratie irréprochable,
- L’obligation pour le gouvernement de publier chaque année l’ensemble des revenus tirés de nos ressources naturelles, dans le souci permanant de transparence et de bonne gouvernance,
- La consolidation de l’Etat de droit, notamment par le rééquilibrage constitutionnel entre les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire ou encore le soutien à la presse et à la société civile,
- La lutte contre l’impunité et l’obligation d’une justice impartiale qui mettra tous les citoyens congolais à la même enseigne, et mettre fin à toutes les décisions arbitraires et qui ne sont pas conformes à la loi afin que chacun se sente protégé et en sécurité dans notre pays,
- La réforme profonde de l’Administration publique, pour assurer avec efficacité la gouvernance des politiques publiques,
- L’adoption d’un grand plan national d’électrification et d’accès à l’eau potable sur l’ensemble du territoire national,
- L’adoption d’un grand plan national de construction de grands travaux routiers répondant aux normes internationales (par exemple la construction de l’auto route à six voies entre Brazzaville et Pointe-Noire, qui permettra de développer des sites touristiques notamment dans le Mayombe),
- L’audit pointu du système de santé et du système éducatif en prélude à leur refonte complète. La santé et l’éducation doivent bénéficier d’une attention particulière. L’instauration de l’apprentissage de l’anglais dès la première année du primaire et l’initiation à l’informatique et aux nouvelles technologies de l’information dès l’entrée en 6è constitueront des innovations majeures qui visent à mieux préparer nos enfants aux défis du monde moderne,
- La formation des jeunes qui sont les piliers de l’avenir de notre pays doit être au cœur de notre politique de développement. La revalorisation de la jeunesse congolaise qui a perdu tous ses repères alors qu’elle constitue le poumon de notre pays, doit devenir un impératif républicain. A noter que l’avenir d’un pays repose tout d’abord sur la formation de ses jeunes,
- L’adoption d’un grand plan national de construction de grands hôpitaux, des écoles et des grandes universités modernes. La création d’un l’Institut congolais de pétrole et d’un Institut universitaire spécialisé dans la formation des fonctionnaires et des professionnels forestiers au service de la forêt constituent un enjeu vital pour notre pays, qui doit préserver ses ressources naturelles et en assurer une gestion durable pour garantir un héritage intact aux générations futures. Il nous faut donc pallier notre déficit d’expertise nationale en formant des cadres compétents dans les domaines miniers et du bois afin d’éviter une pénurie de main-d'œuvre spécialisée.
- L’audit pointu des employées de l’État et des retraités,
- L’instauration de la journée continue, pour remettre les Congolais au travail, et revaloriser le pouvoir d’achat des ménages, sans quoi la vie de nos familles restera un vrai parcours du combattant et source de préoccupations stressantes,
- La diversification des sources de croissance de notre économie et de développement durable, par le développement des métiers de services liés à l’économie verte. Car l’économie congolaise ne doit plus reposer sur la simple exploitation des richesses de ses sols et sous sols,
- La création des pôles d’excellences économiques dans les différents départements du Congo en fonction de leurs atouts,
- L’impulsion d’une dynamique nouvelle de gestion durable de nos ressources naturelles, et mettre en terme aux exportations en grume des bois du Congo. Une première transformation des bois sur place sera désormais obligatoire pour mieux profiter de leur valeur ajoutée et tirer ainsi le meilleur rendement de nos exportations,
- Le développement des nouvelles technologies de l’information et de leur application dans certains domaines spécialisés, notamment l’enseignement supérieur et la santé,
- L’adoption d’un schéma moderne d’urbanisme afin d’optimiser le développement de nos villes (tout projet de lotissement devra dorénavant donner lieu à des études de faisabilité, à partir de données topographiques des sites identifiés, autrement dit, il faut recenser les sites et les viabiliser avant de recevoir les différents programmes de construction),
- La concrétisation de l'effectivité de la décentralisation des compétences de l’Etat, pour rendre performant les services publics à l'intérieur du pays. Une allocation budgétaire équitable sera verser à chaque département afin de lutter contre les inégalités, tout en favorisant la concurrence par une compétition saine entre les différents départements du pays. Cette redistribution équitable de notre richesse nationale est en effet le défi majeur que les gouvernements successifs n’ont jamais voulu concrétiser depuis de nombreuses années,
- La lutte contre les inégalités sociales, la pauvreté et l’exclusion, à travers notamment la mise en place d’un système des allocations et des aides sociales à nos compatriotes les plus vulnérables,
- La consolidation des rapports bilatéraux avec les pays voisins et amis, et promouvoir l’intégration régionale, notamment dans le cadre de la Communauté économique et monétaire d'Afrique centrale (CEMAC), qui doit progressivement devenir une vraie Union économique et monétaire, dotée d’un marché unique et de politiques sectorielles communes dans tous les domaines économiques,
- La promotion de l'entreprenariat, notamment par le renforcement des politiques d’appui aux entrepreneurs pour permettre à nos compatriotes de se prendre en main,
- La sécurisation de l’environnement des affaires de notre pays pour ne pas être en marge du processus irréversible de la mondialisation qui est déjà bien avancé. L’objectif est que notre pays devienne très rapidement une référence continentale sur le plan de l’entreprenariat.