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24 juin 2013 1 24 /06 /juin /2013 08:44

  

  

 

 

KANI KA BWÉ

L' ESPRIT DE RÉSISTANCE CHEZ LES KONGO

 



 

 

Kani Ka Bwé

L’esprit de résistance chez les Kongo

 

           Par Olivier BIDOUNGA

 

À la mémoire d'Ange Diawara et de ses compagnons,

À l'occasion du quarantième anniversaire de leur sacrifice

 

Aujourd'hui à cheval sur le Congo-Brazzaville, le Congo-Kinshasa et l'Angola, les Kongo formaient autrefois un royaume organisé qui força l'admiration des premiers voyageurs européens. Deux ou trois siècles plus tard, ils se retrouvaient asservis, administrés et déculturés dans le système colonial mis en place par les Européens, essentiellement Français, Belges et Portugais. Originaire du Congo Brazzaville, je fais partie, comme tant d'autres, de ces Africains à qui leurs instituteurs apprirent que leurs ancêtres étaient des gaulois que l'on décrivait avec une longue chevelure blonde et des yeux bleus, et bien d'autres fariboles... Ce qui très tôt m'invita à douter de l'histoire en tant que science exacte, et à réaliser, en pastichant La Fontaine, «que l'histoire du plus fort est toujours la meilleure !». Nous l'avons appris à nos dépens au Congo, durant toute la période coloniale, mais aussi dans une période plus récente, voire contemporaine.

Pour ce qui est de la période coloniale, il advint heureusement, vers 1920-1930, au Congo et dans toute l'Afrique, un souffle nouveau pour les populations, celui de la réaction, de la revendication, de la prise de conscience identitaire qui  déboucha sur le combat des Indépendances.

Dans la langue lari, il est une expression qui signifie clairement le refus et la résistance : «Kani ka bwé!» qu'on pourrait traduire en français par «c'est hors de question!»...

 

 

André Grenard Matsoua (1899-1942), archives Bouta Makanga.

 

Dans cet esprit, au Congo Brazzaville, le mouvement de résistance le plus célèbre fut celui créé par André Grenard Matsoua (dit aussi « Matsua’ndélé »), né en 1899 à Manzakala et mort en janvier 1942 à Mayama. Son père Ngoma, ressortissant de Mpangala, étant décédé avant sa naissance, sa mère, Ma Nkoussou, une larie originaire de Manzakala, s’occupa seule de son éducation. Après avoir fait ses classes à l’école de la mission catholique de Brazzaville, Matsoua fut employé des douanes. Son matricule professionnel étant le “22” qui deviendra plus tard le symbole des Matsouanistes porté sous la forme d'un insigne épinglé à leur chemise ou veste.

 

Quelques années plus tard, Matsoua se rendit en France et s’engagea en 1922 dans le corps des Tirailleurs sénégalais et c'est ainsi qu'il servit pendant la Guerre du Rif au Maroc et qu'il la termina comme sous-officier.

De retour en France, il trouva un emploi de comptable à l’hôpital Laennec à Paris. Assoiffé de connaissances, il n'hésita pas à 'inscrire à  des cours du soir. En juillet 1926, il fonda à Paris “l’Amicale des originaires de l’Afrique Équatoriale Française”, une association destinée à «secourir les Noirs libérés du service militaire en France». La société d’entraide mit peu à peu en avant des objectifs éducatifs qui se défendaient de toute prise de position politique.

Mais, Matsoua se politisa au contact de syndicalistes français et des discours du Parti communiste auxquels il prêtait une oreille de plus en plus attentive.

“L’Amicale” ouvrit ainsi des bureaux à Brazzaville et à Pointe-Noire. Le succès de l'association fut tel qu'il dépassa le seul cadre de l’AEF, essaimant à Léopoldville (Congo Belge) et s'implantant plus en profondeur en Afrique de l’Ouest. Débute alors sa période de dénonciation des abus coloniaux.

Par deux lettres adressées en 1928  au Président français Raymond Poincaré,  il proteste et dénonce  le code de l’indigénat et le travail forcé sur le chantier du chemin de fer Congo-Océan. Ces courriers lui valent son arrestation en 1929 et son transfert avec cinq de ses compagnons à Brazzaville où son procès se tint en avril 1930. Le tribunal qui siégeait dans la mairie de la capitale, le condamnera à trois ans de prison et dix ans de déportation au Tchad. Au Congo comme à peu près partout sur le continent où “l'Amicale” a une représentation, des milliers de fidèles qui suivaient le procès manifesteront leur désapprobation à ce verdict jugé injuste, en vain.

En 1935, il quitte secrètement le Tchad avant le terme de son bannissement et regagne la France sous un faux nom, via le Nigeria, le Sénégal et le Maroc, profitant de son réseau panafricain bâti grâce à l’Amicale. À Paris, où il s'installe au 38 rue d'Aubervilliers dans le XVIIIème arrondissement, il relance dans la clandestinité les activités de l’Amicale. En 1939, lorsque la France entre en guerre, Matsoua sort de la clandestinité et s’engage dans les troupes françaises.

Blessé au front puis admis à l’hôpital Beaujon, il est dénoncé par l’un de ses proches auprès des autorités de Vichy. Appréhendé par la police il est renvoyé à Brazzaville pour y être une nouvelle fois jugé, accusé de faire miroiter un avenir impossible à ses compatriotes. S’y ajouteront des accusations invraisemblables d’extorsion de fonds, d'escroquerie, d'abus de confiance. En février 1941, il est condamné à la prison à perpétuité. Incarcéré à la prison de Mayama, il y survit à peine une année et meurt en janvier 1942. Craignant les émeutes que n'aurait pas manqué de provoquer l'annonce de son décès, l’administration coloniale le fait enterrer à la sauvette, en pleine nuit. Pas de corps, pas de mort, le mystère. C'est par le bouche à oreille que l’annonce de sa mort va filtrer. Une grande partie de ses militants n'y croiront pas faute de corps et de confirmation officielle. La population elle, est atterrée.

 

Coquillage nanga, collection de l'auteur.

 

 

 

Dès lors, la résistance prendra un tour ouvertement politique, mais aussi religieux. En effet, certains compagnons de Matsoua, n'ayant pas pris toute la mesure de son combat politique ou tout simplement intéressés, en feront une lecture religieuse,  Matsoua étant érigé en prophète d'une nouvelle Eglise dont ils seront bien entendu les grands prêtres. C'est ainsi que deux militants de la première heure, Ta Tsiakaka et Ta Dzoungou, en viendront à fonder l'église du Matsouanisme au cœur du quartier Bakongo à Brazzaville sur le modèle du mouvement prophétique Bula Ma Nanga. « Nanga » désignant un coquillage marin que les nganga utilisaient dans leur rituel pour confectionner des fétiches protecteurs (nkissi) de l'esprit des ancêtres (mbuula). « Bula ma nanga » veut donc dire : «casser le coquillage» pour signifier qu'on rompt avec cette pratique et qu'on honore désormais le dieu unique Nzambi-Mpungu ou Dieu «tout puissant».

 

Dans les années 1949-1950, les deux hommes devenus rivaux vont rompre leurs liens. Au delà des rituels, ils ne se distingueront plus que par le port d'un uniforme paramilitaire (short et  chemise à épaulettes de couleur kaki) pour les uns, uniforme de couleur sombre (bleu foncé, d'où l'appellation péjorative de  «corbeaux») pour les autres.

Dans le même temps, la résistance se poursuivra à travers les sections de l'Amicale divisées en cellules actives, non seulement à Brazzaville, mais dans l'ensemble des territoires de l'A.E.F.

Matsoua disparu, son action politique  inspirera les paroles de bien des airs populaires dont les plus connues sont celles du compositeur Ta Koumbisseno :

Ndombi ku ndombi yi sariri nkanda nkumbu andi nani Matsoua André

«Un noir a écrit une lettre,  son nom est Matsoua André !» (En référence aux lettres adressées par André Matsoua au Président de la République française)

Wa lu wiri ko kwa kena kambo ta Matsoua ba mu wondélé

«Vous l'avez entendu, Matsoua,  est toujours vivant, alors qu'on le dit mort !»

Wa lembo kanda, kota kwaku mu Lamicale

« Si tu n'as pas de famille, intègre  l'Amicale ou L’amicale est là!»

Les Kongos furent bercés de ces chansons à la fois d'espoir et de foi en l'avenir tracé par Matsoua.

Si la résistance battait son plein, la répression coloniale n'était pas en reste.

Toutefois, le mouvement s'enracina si profondément en pays kongo  que bien des années plus tard, au moment de l'indépendance, l'abbé Fulbert Youlou, au cours de la campagne législative visant à créer l'assemblée territoriale, désireux de récupérer les voix des Matsouanistes, promit de ramener l'homme s'il était élu. Ce pieux mensonge dressera la communauté matsouaniste contre le nouvel élu. La répression qui pèsera  sera terrible. Certains trouveront la mort, d'autres seront exilés jusque y compris hors du territoire ou dans la partie nord, loin de l'espace Kongo stricto-sensu.

Si aujourd’hui le mouvement est sur le déclin, il a marqué d’une empreinte forte la sociologie du Congo et en particulier dans la région du Pool, qui compte toujours au moins un matsouaniste, religieux ou non, dans chaque famille.

En définitive, la pensée de Matsoua s'inspirait en partie des thèses développées avant lui par des pionniers du combat anticolonialiste, également Kongos, comme Mabiala Ma Nganga, Bouéta MBongo, Moundongo, Kongo, Biza ou encore Mvouaka (grand-père d'Ange Diawara dont nous parlerons ci-après). En réalité, André Matsoua n'était pas anticolonialiste. Sa lutte visait principalement la discrimination entre colons et colonisés à laquelle il entendait mettre fin.

_________________

Comme dit le proverbe kongo (iingana) : « Maba ma nséké ma fua ma sassa »  littéralement, "les palmiers en plaine meurent et repoussent toujours". Un autre personnage allait, par son sens de la résistance, marquer l'histoire contemporaine du Congo : Ange Diawara. Les deux personnages sont symboliquement liés par la lettre «M»; le “M” du matricule de Matsoua  «M 22» d'une part et le «M 22» du mouvement lancé par Diawara le 22 février 1972 d'autre part.

 

 

Le 22 février 1972, il y a 41 ans à Brazzaville, au Congo. dans Histoire ange-diawara_bidie-200x300

 

Ange Diawara (1943-1973), association des Amis d'Ange Diawara, Brazzaville.

 

 

 

Plus sérieusement, Ange Bidié Diawara naquit le 31 mai 1943 à Sibiti, de Modi Diawara (dont l'un des ascendants  était originaire du Mali), et de Bidié Elisabeth dont il portait le nom kongo. Il mourut en 1973 dans les circonstances que nous verrons plus loin.

 

J'ai fait la connaissance d'Ange Diawara dans les années soixante alors qu'il était élève au lycée Savorgnan de Brazza. Nous militions tous deux dans des organisations anti-impérialistes, lui à l’ASCO (association scolaire du Congo), moi à l’UJC  (Union de la jeunesse congolaise), d’obédience communiste. Nous fûmes témoins des manifestations des 13, 14 et 15 août 1963 qui mirent un terme au  régime de l'abbé Youlou Fulbert et le contraint à l'exil. Ces manifestations avaient été lancées par les syndicalistes auxquels se joignirent  d'autres forces populaires et la jeunesse congolaise. Youlou parti, les forces politiques qui l'avaient contraint au départ créèrent le Mouvement National de la Révolution (MNR) parti unique et portèrent Massamba Débat à la tête  du pays. À la demande du MNR, la jeunesse congolaise fut regroupée en une seule organisation appelée (Jeunesse du Mouvement National de la Révolution (JMNR),  dont le mot d’ordre était «vigilance» pour contrer les actions hostiles à la  révolution proclamée. Les pressions de Paris, inquiet de l'orientation du nouveau régime en cette période de guerre froide et soucieux de préserver les intérêts économiques et géostratégiques de la France se heurtèrent à l'intransigeance du nouveau régime, du moins, en ce qui concerne l'établissement de relations diplomatiques avec les pays du bloc de l'Est.

Lors du deuxième congrès de la jeunesse, un conflit se fit jour entre les chefs de cette organisation. André Hombessa, premier président de la JMNR, candidat officiellement désigné au renouvellement de son mandat par le bureau politique du MNR, dut faire face au deuxième vice-président, Martin Mbéri, qui en revendiquait parallèlement la présidence entrant ainsi en dissidence. C'est finalement Ange Diawara, le responsable des brigades de «vigilance», qui fut désigné président de la JMNR pour mettre fin au conflit. 

Les succès de la politique économique et volontariste du président Massamba Débat fut partagé par son premier ministre Pascal Lissouba (futur président de la République), un jeune ingénieur agronome. Inspiré par le modèle du bloc de l'Est, un décret du gouvernement pris en janvier 1966 allait mettre en place un corps armé appelé «Défense civile» pour contrebalancer l’influence de l’armée traditionnelle qualifiée d'appendice de l’armée française et donc incompatible avec les nouvelles orientations de la révolution. Ange Diawara en devient le chef.

Du succès grandissant de cette révolution commencèrent à naître, hélas, les premières dissensions alimentées par les révolutionnaires revenus de France au terme de leurs études, rivalisant non seulement entre-eux (conflits d'école et d'ego) mais prenant de haut les révolutionnaires autochtones alliés des uns ou des autres.

Quels furent alors ces courants ? À l’intérieur du MNR, deux premiers courants émergeaient. Le courant Pascal Lissouba et Ambroise Noumazalaye lesquels prônaient le socialisme «scientifique»,  d'une part, et  le courant de Massamba Débat qui  prônait le socialisme «Bantou» jugé plus adapté aux réalités locales d'autre part. A l’extérieur du MNR, le courant Lazare Matsokota, un brillant étudiant qui fut le premier à assurer la représentation des étudiants congolais en France (AEC) affiliée à La Fédération des Etudiants d'Afrique Noire Francophone (FEANF) dont il présida également le temps d'un mandat, la destinée. Sans être fondamentalement contre le choix du socialisme «scientifique», Lazarre Matsokota, militant chevronné de la cause tiers mondiste et auréolé  de ses états de services hexagonaux, était très réservé quant aux qualités révolutionnaires et à la capacité intellectuelle des dirigeants du MNR jugés Marxistes de circonstance inexpérimentés. Ces divergences engendrèrent des luttes intestines qui se conclurent par  l'enlèvement et l'assassinat de Lazare Matsokota et deux de ses camarades (Joseph Pouabou et Anselme Masouémé). La révolution venait de dévorer ses enfants et inaugurait une liste discontinue de crimes politiques qui vont désormais se banaliser dans notre pays. Ces assassinats créèrent un véritable choc dans la population compte-tenu de la position des victimes (1) et des conditions de leur assassinat. 

Par opportunisme, le capitaine Marien Ngouabi (futur tombeur du président Massamba Débat), qui était membre du comité central du MNR, en profita pour s'opposer publiquement à Massamba Débat et à Ange Diawara, les deux figures montantes de la révolution.

Le 27 juin 1966, une première tentative de coup d'état organisée par le capitaine Marien Ngouabi fut éventée. Le jeune capitaine ne parvint pas à mobiliser au delà de ses co-ethniques (il est originaire du Nord du pays) qu'il jugeait sous représentés dans l'appareil d'Etat à ses yeux confisqué par les Kongos, lesquels occupent, grosso modo, l'espace géographique Sud.

Il fut muté à Pointe Noire pour éviter les crispations ethniques. Sa deuxième tentative fut la bonne.

Le 31 juillet 1968 il déposait Massamba Débat avec la complicité du premier secrétaire du parti, Ambroise Noumazalaye et une coalition regroupant des  hommes qui se qualifiaient de progressistes au sein du MNR. Ange Diawara hésita à rejoindre le mouvement mené par un militaire de la coloniale dont il craignait les dérives contre-révolutionnaires. Et de fait, nommé président du Conseil National de la Révolution (CNR), le capitaine Marien Ngouabi prit pour première décision, l’absorption complète de la Défense civile au sein de l’armée.

Nous, membres du corps de la Défense civile, digérâmes très mal cette intégration forcée dans une armée que nos chefs (Ange Diawara en tête) n'avaient cessé de présenter comme une armée néocoloniale à détruire (notre raison d'être).

Ange Diawara se retrouva affublé du grade de lieutenant. Marien Ngouabi qui avait justifié son action par les dérives autoritaires de l'ancien régime et promis de faire la lumière sur les assassinats crapuleux de Lazarre Matsocota, Joseph Pouabou et Anselme Massouémé en organisant un procès transparent radiodiffusé, optera, une fois son pouvoir consolidé, pour un procès à huis-clos, l'instruction ayant semble-t'il largement démontré la responsabilité de d'Ambroise Noumazalaye son allié et mentor.  Ange Diawara en fut fort soulagé car l'opération engagée par le capitaine Marien Ngouabi à qui il faisait de l'ombre, visait également à établir son implication dans ces crimes crapuleux et donc, à le discréditer. Parallèlement, il ressortit de cette séquence douloureuse complètement désillusionné sur les dirigeants du Parti dont les révélations avaient montré le cynisme, l'absence de camaraderie et l'hypocrisie.

Ange Diawara fut par la suite nommé ministre du développement chargé des Eaux et Forêts et vice-président du CNR tout en étant également affecté au bataillon des Parachutistes. Mais la lutte d’influence se fit de plus en plus âpre avec Marien Ngouabi à la fois  président du CNR et commandant en chef de l'armée. La probité et l'intégrité d'Ange Diawara, l'homme qui avait reçu le “Che” lors de son voyage dans les deux Congo en 1965 (rencontre qui l'avait profondément marqué), n'avaient pas d'équivalent, ses convictions de gauche avérées et cultivées. Tout le contraire d'un Marien Ngouabi contraint à la surenchère verbale, poursuivi par une réputation de briseur de révolution et pouvant difficilement cacher sa participation au sein de l'armée française à la répression des nationalistes de l'Union des Populations du Cameroun (UPC) au milieu des années 50.

Ange Diawara éclipsa progressivement Ambroise Noumazalaye, chef du groupe des révolutionnaires marxistes du parti. À la fondation du Parti Congolais du Travail (PCT) dont il fut co-fondateur, il fut nommé membre du bureau politique où il conserva les mêmes attributions qu’au CNR et fut en outre nommé commissaire politique auprès de l'armée.

Au sein de l'armée, il engagea un travail de formation politique des différentes unités de l'armée (un comité révolutionnaire fut créé dans chacune d'entre elles), mais aussi avec la multiplication des séminaires de formation à l’endurance demandée aux soldats (le slogan était «beaucoup de sueur à l’entrainement et moins de sang au combat !»). A ce rythme, Diawara devint de plus en plus populaire au sein de l'armée. Une popularité gênante pour Marien Ngouabi qui s'était entouré d'officiers dont le point commun sera la conservation du pouvoir par les Nordistes. L'actuel président Sassou Nguesso, le successeur immédiat de Marien Ngouabi, Yhombi Opango et tant d'autres officiers tel Ondziel Bangui seront du lot. Cette ligne qualifiée de “droitière et liquidationniste” (c'est à dire qui voulait «liquider» la Révolution) fut dénoncée par Atondi Lecas qui contrairement à d'autres, avait déserté le camp Ngouabi et s'était rapproché d'Ange Diawara.

Ce dernier résolut de se démarquer de l'entourage de Marien Ngouabi dont il fustigeait l'embourgeoisement, la corruption et les tendances au népotisme. Des rumeurs de soulèvement au sein de l’armée elle même partagée entre la ligne droitière et liquidationniste incarnée par Marien Ngouabi, et la ligne révolutionnaire et progressiste incarnée par Ange Diawara commencèrent à poindre. En décembre 1971, au cours d'une session extraordinaire et particulièrement houleuse du Comité Central du PCT convoqué à la suite des grèves estudiantines de novembre et face à une situation économique de plus en plus difficile, Ange Diawara et ses amis se démarquèrent clairement du camp de Marien Ngouabi. Plébiscité par les élèves et étudiants, il prit part au séminaire que ces derniers organisèrent à Ndzoumouna au sud de Brazzaville.

L'épilogue de cette situation interviendra le 22 février 1972. Ange Diawara prend alors la tête d'un putsch contre Marien Ngouabi. Mal engagé en raison de différences d'approches entre les conspirateurs et sans doute de trahisons, il échoue. Ange Diawara  souhaitait qu'on arrêta Marien Ngouabi et ses proches  et proposait que compte tenu de son jeune âge et de son inexpérience économique, de porter Pascal Lissouba à la tête du mouvement, considérant que ce dernier avait fait ses preuves en tant que premier ministre de Massamba Débat. Benoît Moundélé Ngolo, l'un des conspirateurs s'y opposait farouchement au motif que Pascal Lissouba n'était rien d'autre qu'un agent à la solde de l'étranger. Clé de voûte du putsch, il n'engagera pas ses hommes dans l'action faisant ainsi échouer l'opération. Marien Ngouabi reprendra rapidement le contrôle de la situation. Ange Diawara refusera à la fois de se soumettre et d'utiliser la force de son bataillon d'infanterie pourtant supérieur en capacité de combat pour respecter les consignes de non-violence qu'il avait données et prendra le maquis. Plusieurs officiers et civils seront arrêtés ou froidement assassinés (Prosper Matoumpa Mpollo, l'inoubliable Franklin Boukaka, Elie Itsou...).

Ange Diawara et quelques compagnons d'infortune gagnent alors le village de sa mère dans la contrée de Goma Tsé-tsé qu’il connait bien et y prend le pseudo de “Mvouaka” hérité du nom de son grand-père, l'un des pionniers de la lutte anticoloniale (Cf. page 3). Le mouvement prit dès lors le nom de “M 22”, pour signifier l'entrée historique dans le maquis à la date du 22 février (A Brazzaville on dit “Mouvement du 22 février” ou le “M22”).

L’expérience de cette guérilla dura une année environ, de février 1972 à mars 73. L'idée d'Ange Diawara était d'utiliser la région du Pool proche de Brazzaville pour diffuser les idées de la guérilla, et de n'engager des hostilités militaires dans un second temps que dans la zone non peuplée de la forêt du Mayombe où l'on pourrait entrainer l'armée. C'est ainsi qu'entre les maquisards et les troupes de Marien Ngouabi, il n'y aura pas de véritables engagements armés. Afin de briser la solidarité que les paysans marquaient à l'égard d'Ange Diawara et ses compagnons, les stratèges de l'armée entreprirent d'introduire des éléments armés dans la région de Goma Tsé-tsé pour créer une insécurité de manière à liguer les populations contre les maquisards. Ces éléments armés commirent de nombreux meurtres non sans que les populations ne soient dupes des commanditaires de ces actes. Elles parvinrent même à arrêter quelques tueurs mettant à nue la duplicité du régime (affaire dite des "Andzimbas" du nom donné par les populations aux tueurs capturés qui ne parlaient guère le lari)

Ange Diawara organisa son maquis selon les techniques révolutionnaires qu'il avait étudiées : mise en place d'une direction de la guérilla ou «directoire», division de la structure par secteurs répartis sur tout le Congo (le secteur urbain, le secteur des paysans à la tête duquel il se trouvait lui-même, le secteur des étudiants, le secteur des travailleurs et enfin le secteur de l’armée dans lequel il avait gardé des contacts). Il entreprit parallèlement de rédiger une "autocritique". Ainsi, apparu, pour caractériser la nature du régime en place, le néologisme «OBUMITRI» (Oligarchie bureaucratique militaro-tribaliste) qu'il popularisera à travers des tracts qu'il fit circuler. La mise en place de ce travail fut laborieuse, mais réalisée avec le même dynamisme révolutionnaire.

Les consignes édictées par Ange Diawara et qui furent strictement respectées, étaient d'aider les paysans dans leurs tâches quotidiennes et de veiller à la formation des jeunes campagnards en donnant des cours du soir.

De la même manière, il s'agissait de donner une instruction paramilitaire aux jeunes et de structurer une assistance sanitaire laquelle fut assurée par Jean-Baptiste Ikoko qui avait fait des études de médecine. Ces diverses activités scellèrent la confiance entre la population et les maquisards. Ange Diawara avait également le souci de conserver et de multiplier les contacts avec ses amis Cubains, Soviétiques et Chinois et c’est pour rencontrer une délégation chinoise qu'il projeta de se rendre à Kinshasa.

En tant que membre du Directoire responsable du secteur urbain, je reçus l’ordre d’assurer le passage d’Ange Diawara et de sa suite dans la zone dont j'étais responsable à Bakongo, en lui faisant traverser nuitamment le fleuve Congo à bord d'une pirogue. Le séjour à Kinshasa prévu pour ne durer que 48h devait se prolonger un mois. Ange Diawara ne revint à Brazzaville qu'au début du mois de mars.

Entretemps, l'organisation avait été infiltrée. Les hommes de Marien Ngouabi parvinrent à le localiser sur la route de Kinkala, à hauteur du village de Mayitoukou où lui et ses hommes s'étaient regroupés pour gagner l'immense forêt du Mayombe. S'en suivit un violent accrochage au cours duquel neuf jeunes qui voulaient se constituer prisonniers furent froidement abattus. Deux des proches d’Ange Diawara (Jean Baptiste Ikoko et Jean Claude Bakékolo) furent blessés mais réussirent à s'échapper. Un troisième, Olouka Mwendi, fut plus tard repéré le long du chemin de fer, à la hauteur du poste "PK".  Aussitôt arrêté, il fut conduit à l'Etat-major des armées. Une mise en scène morbide y fut organisée par Marien Ngouabi qui convoqua la presse pour qu'elle entende Olouka, le “kouyou”, renier publiquement le "kongo" Diawara. Homme d'honneur, Olouka refusa de s'abaisser à ce rituel déshonorant et fut immédiatement exécuté.

Ange Diawara dut se replier dans l'ancien Zaïre. Localisé et trahi,  il fut arrêté par les hommes de Mobutu qui, dans un deal avec le régime de Brazzaville dont les conditions restent encore à déterminer (2), le livra avec une dizaine de ses compagnons aux autorités de Brazzaville. La suite, on la connait : dans  la nuit du 23 au 24 avril 1973, dans l'enceinte de l'Etat-major des armées, ils étaient atrocement torturés avant d'être froidement exécutés. Les cadavres des suppliciés seront exhibés dans le plus grand stade de football du pays où élèves, lycéens, étudiants et travailleurs étaient priés d'aller assister à ce spectacle macabre d'une sauvagerie extrême. Un avertissement sanglant à ceux qui seraient tentés de suivre la voie des victimes.

Le “M22” marqua durablement les esprits du fait de l'intégrité de ses chefs, de la force de leurs convictions anti-impérialistes, de leur vision commune d'un pays solidaire, de leur liberté d'esprit, de leur dignité devant la mort, mais aussi et surtout, de leur anti-tribalisme militant.

C'est tout cela que les régimes qui se sont tour à tour succédés depuis 1973 ont toujours voulu tuer. Le contre exemple parfait. 40 ans après leur tragique assassinat, une chape de silence sans équivalent recouvre cette histoire peu commune. Le triomphe de l'OBUMITRI est aujourd'hui total. Elle a soumis le pays mis en coupe réglée. L'armée congolaise surarmée (3) n'est plus qu'une grande milice ethnico-tribale au service d'un homme et de son  régime (4). Le citoyen en construction a cédé la place au sujet. Asservis, les congolais n'ont plus que le droit de se taire, placés sous la menace permanente d'une “rupture de la paix chèrement acquise”, un rappel efficace et sibyllin aux guerres déclenchées par Sassou Nguesso et aux souffrances qui s'en sont suivies, ce, pour le cas où ils auraient le mauvais esprit de demander son départ.

Ce régime a mis à l'envers les valeurs morales qui favorisent le vivre ensemble et encouragent le développement économique. La prédation, le vol, la concussion, la corruption, la veulerie, la prostitution politique, l'irrespect du bien public et de la vie la humaine désacralisée au possible (Cf. exhibition publique des corps d'Ange Diawara et ses compagnons, les têtes décapitées de leurs victimes brandies par les miliciens cobras de Sassou en 1997 etc.), ont été érigés en modèles. Un véritable pandémonium pour les congolais dont plus de 50% vivent en dessous du seuil de pauvreté malgré un budget atteignant des sommets inégalés depuis que ce pays existe (4000 milliards de FCFA). Ecoles, collèges, lycées, hôpitaux sont en déshérence. L'eau courante est une denrée rare, l'électricité erratique et ne couvrant même pas 30% de la population. L'OBUMITRI a remplacé les anciens colons. Ange Diawara et ses compagnons l'avaient prédit.

Nous n'avons pas présenté des....anges....mais, des êtres humains. Ces jeunes gens avaient également leurs défauts, en particulier, une certaine naïveté. Toutefois, l'objet de ce texte n'est pas d'en faire la recension. Nous en laissons le soin aux historiens plus outillés. 

Il s'agit ici d'aider à redécouvrir des personnages qui par leurs actions ont montré que le Congo valait mieux que ce spectacle pitoyable que laisse à voir, je le répète, les régimes qui se sont succédés depuis 1973.

La guerre de 1993, la reconquête sanglante du pouvoir par Sassou Nguesso en 1997 via les massacres d'Owando, l'exécution sommaire par ses miliciens de  353 pauvres hères naïfs (5) de retour d'exil de la République démocratique du Congo (RDC) en mai 1999 (affaire dite des “disparus du Beach”), la mise à feu et à sang par ses hommes de la région du Pool en particulier et du Sud en général sur fond d'apparition d'un criminel illuminé, le Pasteur Ntoumi, co-auteur d'exactions sur les populations civiles, l'enrichissement scandaleux et presque pathologique de Sassou Nguesso, de sa famille, de son clan et des membres de l'OBUMITRI (Cf. Affaire dite “des biens mal acquis”), une élite démissionnaire et obsequieuse, des intellectuels ayant abdiqué toute pensée libre ou tout simplement toute idee de penser, on imagine mal que le pays eut pu prendre une telle orientation et connaitre  de telles dérives avec des hommes de cette qualité ! Et ils en ont payé le prix ! Et ils manquent cruellement aux congolais !

Nous avons dit “Kani ka bwé” ! L'esprit de résistance chez les Kongo ? Jean Baptiste Ikoko, Oluka Mwendi n'en étaient pas mais en est-t-on bien sûr ? En tout cas, ils avaient quelque chose de plus grand que la seule appartenance au groupe Kongo, le “Kimuntu”,  c'est à dire, du caractère et le sens des responsabilités. Et c'est déjà assez !

 

---oOo---

 

1-Lazarre Matsocota, procureur de la République ;

  Anselme Massouémé, Directeur de l'agence Congolaise d'Information

  Joseph Pouabou, président de la cour suprême

2-Les conditions de son arrestation demeurent à ce jour non élucidées. Il est certain qu'Ange Diawara et ses compagnons ont été trahis. Rappelons que 5 ans plus tôt, Pierre Mulélé, l'un des derniers compagnons de Lumumba, refugié au Congo Brazzaville, avait été livré le 29 septembre 1968 en compagnie de trois de ses compagnons dont son épouse par Marien Ngouabi à son ennemi juré Mobutu qui de retour d'un voyage en Chine les fit exécuter et disparaître à jamais. Les corps ne seront jamais retrouvés. Alors, échange de bons procédés ?

3. Au point que l'hyper-concentration d'armes et de munitions de guerre dans la capitale et en plein centre ville ait accidentellement produit le 4 mars 2012, une terrible explosion qui a pratiquement rayé de la carte des quartiers populaires causant des morts par centaines, les blessés étant encore plus nombreux.

4. Véritable armée mexicaine, elle compte près de 40 généraux dont une trentaine originaires d'une même et unique région, celle de Sassou Nguesso.

5. Après sa victoire militaire sur le président légal Pascal Lissouba en octobre 1997, sous prétexte d’une attaque des miliciens de ses adversaires vaincus (décembre 1998),  Sassou Nguesso va lancer ses miliciens dans une sanglante campagne de répression contre les habitants des quartiers Sud de Brazzaville et leur adossement régionnal (le pool) dont ils jugent les habitants et ressortissants hostiles à son pouvoir. Près de 400000 personnes fuient l'avancée des miliciens de Sassou Nguesso, certains se réfugient en RDC. Quelques mois plus tard, jugeant la situation sous contrôle, Sassou Nguesso signe un accord avec la RDC et le HCR pour le retour des milliers de réfugiés en séjour forcé en RDC. Ils emprunteront la voie fluviale à bord de navires loués par le HCR. Trois cent cinquante trois d'entre eux seront enlevés au port fluvial de Brazzaville (le Beach) entre le 3 et 14 mai 1999 par les hommes de Sassou Nguesso et ne réapparaitront plus.

Olivier BIDOUNGA

 «Un dictateur n'a pas de concurrent à sa taille tant que le peuple ne relève pas le défi » 

 

Pour une République Juste & Démocratique, Vous Trompez le Peuple Nous dénonçons

 

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La Voix Du Peuple

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POUR UN CONGO LIBRE ET DEMOCRATIQUE

 

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      VISITEURS                           
         VISITEURS                               

 

 fl8.jpg EDITORIAL                                               

 

 

Nous avons tous  été confrontés un jour ou l’autre à un fait  choquant qui nécessitait d’être révélé à la face du monde.

Mais  désavantagés par l’absence de moyens de nous exprimer, nous avons fini par abandonner. Or, pesant

soigneusement les mots et en cherchant à trouver la bonne formule, il est possible de régler la majeure partie des

problèmes qui nous rongent.

La voix du peuple est cet espace qui nous faisait défaut. Elle a pour ambition l’information du  grand nombre dans la

dénonciation sans appel de toute dérive de nos responsables politiques congolais, tout bord confondu,  qui poseraient

des actes qui opposent le « mal au bien » du peuple congolais à travers des actions telles :

           -des abus de tout genre ;

           -des injustices vis-à-vis des plus faibles ;

           -des scandales économiques, politiques, judiciaires…

La voix du peuple a aussi pour mission, l’assistance des « sans voix » dans la publication de leurs opinions.

La voix du peuple est pour nous tous donc une arme qui nous permet de nous soulager de nos douleurs longtemps

comprimées, et aussi de faire respecter les droits que nous défendons. Désormais, nous parviendrons,  grâce  à elle, à

atteindre dans leurs tanières, leurs châteaux, leurs bunkers, leurs tours…, les intouchables, les protégés, les

invulnérables.

Enfin, se voulant porteuse des valeurs de vérité, de justice, de paix, de la morale, de la vertu et de l’unité de tous les

enfants du Congo du nord au sud, de l’ouest à l’est, la voix du peuple s’insurge, dans l’impartialité, contre des

agissements s’apparentant à de la propagande, au dénigrement matérialisés par :

           -des propos indélicats ; 

           -du culte de la division ;

           -des accusations affamantes ;

           -des observations désobligeantes ;

           -des contre vérités…

Aussi, au regard de ce qui précède, un article des « sans voix » qui ne respecterait point les dites prescriptions, sera

purement et simplement écarté.

email2.gifNous contacter :

dpeuplelavoix@yahoo.fr  

 

 

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  Le symbole de la liberté

  

         Non à la dictature

    

   

   

 

      L' INCORRUPTIBLE       

     Légende d'Afrique

  

  

 

       La colombe de la paix et de l'esperance

        

 

 

 

         Non à l' omerta

   

 

 

BONGO - CHIRAC - SASSOU les principaux acteurs

du coup d' Etat sanglant du 5 Juin 1997 au Congo Brazzaville

   

   

 

 

 

  Pour une Jusitce transparente et équitable

  

 

     

 

   

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  undefinedAu pillage des richesses en Afrique

 

 

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     Kwame NKRUMAH

   

 

        Emery Patrice LUMUMBA

   

 

  Alphonse MASSAMBA - DEBAT

          

 

  

        Marien NGOUABI

       

 

        Cardinal Emile Biayenda

  

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       Martin Luther KING

  

 

    

   

 

       Mahatma GANDHI

   

 

         Nelson MANDELA

    

 

          John Fitzgerlald KENNEDY  

    

 

       

 

   Pour une alternance démocrtique au Congo

     

     à la santé des Biens mal acquis  

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           Un grand et un petit

   

 

 

         

                   Non à la chasse à l' homme

        

 

     

      

 

        

 

                

   

 

     

 

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               La métamorphose

      

 

           

            La tour de contrôle

      

 

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         billet 500 euros

           portefeuille dollard

        

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        Aux massacres

        

 

            

         Des jeunes patriotes Ivoiriens tombés sous les bales

        

 

   Bombardement  de la résidence de Laurent GBAGBO

                          

       Des hélicoptères ont bombardé la résidence de Laurent Gbagbo.

 

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     Le  chemin  d' avenir, le chemin sans issue

                  

            

 

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      L'eau une denrée rare à Brazzaville, pourtant vitale

      

 

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                          Le fleuve Congo

        

     Le bord du fleuve Congo à Brazzaville pourtant les habitants manquent cruellement l' eau potable

         

 

       

 

                    

 

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